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Claude Houssemand directeur de formation en médiation (Luxembourg)

24 juillet 2003, 20:00

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Vous avez été invité par l?université à proposer un programme de formation en médiation, inspirée de celui dispensé par l?université de Luxembourg. Est-ce fait ?

A partir d?août 2004, nous avons l?intention de bouger vers une convention pour l?octroi d?un Certificat en médiation qui s?adressera aux travailleurs sociaux. Ils auront la possibilité d?acquérir un outil d?intervention complémentaire. Ensuite, un an plus tard, nous passerons au Diplôme universitaire en médiation réservé à des personnes intéressées à exercer des fonctions de médiation. Le programme sera adapté aux spécificités locales.

Qu?est-ce que, d?abord, la médiation ?

La médiation est une action qui permet la prévention d?un différend ou sa résolution, soit l?établissement ou le rétablissement d?une relation sociale. Elle permet de gérer et de résoudre les conflits, de sortir d?une situation de crise en évitant la violence et en créant ou recréant le lien social entre les personnes. Elle ne doit cependant pas être confondue avec d?autres modes de résolution des conflits, tels que la négociation, l?arbitrage, le jugement ou la conciliation.

Où trouve-t-on les médiateurs en France ?

Il y a une diversité d?instances qui les emploient : mairies, transports en commun, associations, etc. Pour régler des problèmes de quartiers, d?une bagarre entre groupe de jeunes, par exemple, l?administration locale peut faire appel à un médiateur. Il y a encore la médiation pénale, familiale, sociale ou scolaire. Il arrive qu?un juge ou un procureur décide que la meilleure solution pour régler un différend est de demander qu?un médiateur soit nommé, par exemple, pour régler un cas de divorce ou un problème d?héritage. Il y a la médiationscolaire, où c?est les enseignants qui gèrent un conflit dans un établissement.

La médiation, en somme, peut être d?initiative ? c?est-à-dire que le médiateur va au contact des individus ? ou par saisine, quand un particulier ou une institution saisissent un médiateur pour régler un litige ou faciliter une relation.

En France et au Luxembourg, il y a aussi des centres de médiation, et les médiateurs ont un statut particulier et reconnu légalement.

Peut-on dire que la médiation est en quelque sorte une justice parallèle ?

Absolument pas. La médiation ne remplace pas la justice conventionnelle. C?est une alternative différente. Il n?y a pas de médiation en cas de meurtre, ou de viol. La médiation, c?est pour des affaires plus simples. Elle ne remplace pas les avocats. Les personnes qui ont eu recours à un médiateur agissent quand même sur les conseils de leur avocat. La médiation n?est pas non plus une panacée.

Vous avez dit tout à l?heure qu?en France et qu?au Luxembourg, les médiateurs ont un statut reconnu par la loi. Est-ce aussi possible de l?envisager pour Maurice ?

Pourquoi pas ? Il est vrai que cela a pris des années pour être mis en place dans ces deux pays et dans d?autres pays européens mais avec de petites nuances?.

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