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Chirac présente à l?Afrique un éventail de propositions

4 décembre 2005, 20:00

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Jacques Chirac s'est posé en ?avocat inlassable de l'Afrique? samedi en formulant des propositions, nouvelles et anciennes, sur le commerce et les armes propres à assurer la place du continent dans le monde.

?Depuis les indépendances, vous avez changé, et nous aussi !?, a lancé le chef de l'Etat français à ses pairs africains réunis à Bamako pour le XXIIIe sommet Afrique-France placé sous le thème de la jeunesse du continent.

Avec des accents parfois lyriques, Jacques Chirac a déclaré lors de la cérémonie d'ouverture : ?(...) je vous le dis : en ce siècle nouveau, l'Afrique impressionnera le monde par ses succès. La France entend contribuer à cette renaissance?.

Les deux propositions nouvelles concernent le soutien de Paris à ?l'objectif d'un traité international sur les armes? aux Nations unies et l'élargissement du nombre de bénéficiaires de visas à entrées multiples de longue durée en France pour les chercheurs, entrepreneurs, cadres, professeurs et artistes.

Subvention pour le Mali

Concernant l'Aide publique au développement (APD) que la France a déjà décidé de porter à 0,7% en son Revenu national brut (RNB) en 2012, il a annoncé s'être ?personnellement engagé pour convaincre l'Union européenne de faire de même d'ici 2015?.

Il a noté que les efforts budgétaires seraient insuffisants pour réaliser les Objectifs de développement du millénaire (ODM) arrêtés en 2000 par l'Onu. ?Pour les atteindre, il faudrait au moins doubler l'aide publique mondiale et la porter à 150 milliards de dollars par an?, a-t-il dit.

Jacques Chirac, qui s'exprimait à dix jours de la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong, a rappelé que Paris avait obtenu la mise en place par le Fond monétaire international d'une facilité spéciale aux pays du Sud victimes de la volatilité des cours des matières premières.

Au Mali, un pays dont la filière du coton pâtit des subventions aux producteurs des nations riches, le chef de l'Etat français a annoncé que la France verserait dans un premier temps un milliard de dollars.

?À quelques jours de la conférence de Hong Kong, il faut rappeler que l'Afrique doit prendre sa juste place dans le commerce international, notamment agricole. (...) les régimes de préférences (commerciales) doivent être consolidés et pérennisés?, a-t-il ajouté en appelant les pays riches à les aligner sur le régime le plus favorable, à savoir celui déjà pratiqué par les Vingt-Cinq de l'UE.

La décision d'élargir la délivrance de visas de longue durée aux chercheurs et entrepreneurs ? Jacques Chirac n'a cité aucun chiffre ? devrait être bien accueillie en Afrique sub-saharienne, où les candidats à l'émigration en France sont légion.

Le président français assiste à son dernier rendez-vous franco-africain du quinquennat. Ces sommets informels se tiennent tous les deux ans, alternativement en France et en Afrique. Il s'est adressé à un aréopage d'environ 35 chefs d'Etat ou de gouvernement représentant pour la première fois tous les 53 Etats du continent.

?La France sera toujours fidèle aux liens qui l'unissent à l'Afrique. (...) Notre relation ne sera jamais banale !?, a-t-il conclu. Son intervention au micro a été précédée d'une brève incantation d'une griotte chantant ses louanges.

Les couloirs du sommet ont brui de rumeurs persistantes sur la venue du président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le pays est coupé en deux depuis le coup d'Etat raté du 19 septembre 2002.

Les trois médiateurs sur ce dossier (le Nigérien Mamadou Tandja pour la Cedeao, le Sud-Africain Thabo Mbeki et le Nigérian Olusegun Obasanjo pour l'Union africaine) étaient attendus à Bamako.

Le dossier ivoirien, qui intéresse au premier chef la France, qui a envoyé dans son ancienne colonie-phare d'Afrique de l'Ouest environ 4 000 soldats d'élite sous un mandat de l'Onu, devrait être longuement évoqué dans les apartés auquel ce sommet donnera lieu.

Le président Omar Bongo Odimba, qui vient d'être réélu au Gabon, a finalement fait le déplacement, de même que la toute nouvelle présidente Ellen Johnson-Sirleaf, première Africaine élue chef d'Etat au Liberia, qui a été chaudement ovationnée.

En sa qualité de doyen des chefs d'Etat du continent avec 38 années au pouvoir, Omar Bongo a brièvement pris la parole pour célébrer la jeunesse africaine. Dans l'après-midi, les délibérations des chefs d'Etat se déroulaient à huis clos.

Jean-Loup FIEVET

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