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Chine d?hier, d?aujourd?hui et de toujours

5 octobre 2003, 20:00

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?Chinese Landscapes, tel est l?intitulé de l?exposition réunissant une cinquantaine de photographies en quadrichromie de très grand format, que l?ambassade de la République populaire de Chine, en partenariat avec le ministère des Arts et de la Culture, a tenue au Musée de l?Institut de Maurice à Port-Louis, jusqu?à vendredi dernier. Ouverte au public depuis le 24 septembre 2003, cette exposition mérite d?être prolongée.

Si l?on aborde les cimaises par Beijing, Shanghai, Shenzhen, ou Hongkong, l?on est happé par le modernisme ambiant. Ces villes nouvelles offrent des gratte-ciel où l?on reconnaîtrait bien des villes américaines. Notre Mauritius Telecom portlouisien s?y retrouverait tout autant. Toutefois, la présence signifiante d?un contour, vient parfois apposer sa signature distinctive. La capture habile de points de vue fort subtils des espaces proposés, révèle à son tour une manière d?être particulière. Qui, malgré l?empreinte de l?ère du verre et du béton, captive le regardeur. La senteur miellée du chromatisme l?enrobe de poésie, l?enveloppe d?un charme à la séduction bien chinoise.

Ronde réjouissante

Le pont Guomao de Béijing, tout en attestant d?un savoir-faire incontestable, découpe les espaces, au long de ses enjambées; aménage des vides où l??il capte, d?une vue plongeante, des plans superposés. La rétine se repose alors face à la rivière qui coule, paisible, au long des aires riveraines verdoyantes. Pont qui n?abdique en rien à sa fonction d?autoroute aux tentacules multipliées.

Dans ce registre, celui de Shanghai, Le grand pont de Nanpu, est simplement spectaculaire. Le tablier est en lui-même une sculpture à part entière. Le vide de la base ramène en mémoire ceux du Golden Gate Bridge de San Francisco; et les câbles métalliques assurant sa solidité, ceux du Brooklyn Bridge, à New York. Quant à la structure même des échangeurs, elle semble vouloir rivaliser avec ceux du Spaghetti Pool de Chicago, vu du Sears Tower. Qu?elle se rassure, sa constitution aux cercles récurrents, mobilise l??il. Et l?astuce de la vitesse choisie par le photographe entraîne le regardeur, comme en carrousel, dans une ronde réjouissante.

Lumière de fin d?après-midi

La course chinoise à la contemporanéité se manifeste tout autant par ce Salon international de l?Auto, à Beijing. Savamment, l?artiste privilégie une ouverture qui rend vaporeux les nombreux spectateurs, pour focaliser sur la seule voiture centrale.

Cette exposition, toute de contrastes, restitue à la fois, une certaine face cachée de la Chine traditionnelle. Ces aires d?hier, où un temple s?agrippe à la falaise, comme défiant, narquois, les lois de la physique. Des Bouddhas millénaires accueillent le visiteur à l?entrée d?une grotte.

D?un temps plus rapproché, des jeunes filles, en tenues régionales, entonnent les chants du Festival. Encore d?un temps différent, Les ruines de l?église St.-Paul à Macao, surréalistes à souhait, avec les ogives et les pans rescapés; les arches où furète le ciel à loisir; les arbres qui poussent du péristyle, tâchent de rappeler les rébus poétiques de Magritte. Et, pourquoi pas, de séduire le cinéaste italien, Federico Fellini.

Aux côtés de la Chine d?hier et d?aujourd?hui, se laisse appréhender la Chine de toujours, dans ses paysages naturels. Ainsi pour ce lac de montagne à Changbai, le Tianchi, que seule la poésie orientale sait nommer, Le Lac Céleste. L?artiste le capture entre chien et loup. Les monts, d?un bleu profond, proche de celui de la nuit, se devinent. Ils sont prenants, à la lueur d?une dernière touche dorée d?un soleil qui se retire. Les pierres blanches du premier plan créent un contraste aussi inattendu que signifiant. Le dévoilement d?une âme longuement recluse. Qui s?ouvre, en toute sérénité. Elle glisse au-dessus des eaux. Quand elle ne les habite pas.

Mais la photographie par excellence, qui manifeste un caractère immuable, est bien Le Désert de la partie Ouest du Gansu. Une caravane, ? autant d?hommes que de chameaux, ? traverse le désert. D?où vient-elle? Où va-t-elle? La lente avancée prend visage de pèlerinage. De parcours initiatique. Dans la douceur ruissellante d?une lumière de fin d?après-midi, ce paysage de sable et de vent, aux vallonnements d?ombre et de lumière éthérée, ce paysage est hors du temps. L?homme, désaliéné, raccordé à son environnement.

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