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Chikungunya : une baisse de vigilance notée
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Chikungunya : une baisse de vigilance notée
Il semblerait que la baisse de température ait entraîné une baisse de vigilance par rapport au chikungunya. Se croyant à l?abri du fait que les moustiques sont moins actifs en hiver, les familles ont relâché leurs efforts. Et des collectivités locales leur ont emboîté le pas. Le nombre de cas de la maladie enregistrés dernièrement a, en effet, connu une baisse: trois pour la semaine dernière et une vingtaine pendant le mois de juin.
Mais selon un épidémiologiste, l?hiver est justement le moment de combattre le moustique. Le but est qu?il y ait moins de victimes une fois l?été revenu. ?Nous avons constaté que la maladie se transmet à cinq générations de moustiques. Certains en sont porteurs actuellement et il faut les éradiquer. La priorité est aussi de faire disparaître les larves. Il faut savoir que ce type de moustique devient plus résistant en hiver. On ne peut pas baisser les bras en ce moment.? A la Santé, on essaie donc laborieusement de maintenir la vigilance sur le terrain. Et dans un souci de prévenir la maladie l?été prochain, explique-t-on, les avis de plusieurs experts étrangers ont été sollicités.
Chez les maires et autres conseillers de village du pays, il y a divergences au niveau des réactions et des mesures prises. Ainsi, le maire de Curepipe, Christian Hurranghee, affirme qu??il n?y a pas le feu?, tout en précisant qu?il continue à être ?intraitable? avec les propriétaires de terrains en friche. ?Nous continuons un travail de routine tant au niveau du nettoyage que celui des terrains en friche. Mais pour l?hiver, nous n?avons pas un programme spécial. Si les autorités nous alertent, nous allons entreprendre des actions plus dynamiques.?
Risque d?amplifier le problème
Le maire de Vacoas-Phoenix, Hiren Jankee, ne lâche pas prise. Les terrains en friche restent sa priorité et les séances d?application de larvicide, de nettoyage des cours d?eau, des rivières et des drains demeurent sa préoccupation. Il continue à encourager les habitants à nettoyer leur région : ?Comme il y a des initiatives de leur part, nous leur proposons des facilités de la mairie.?
Le maire de la Ville des fleurs, Suren Appadu, a un programme similaire. La municipalité a commencé, la semaine dernière, à nettoyer des drains à Belle-Rose. Elle continue aussi à s?attaquer aux terrains en friche qui deviennent des dépotoirs, véritables foyers pour les moustiques.
Un conseiller de l?Est, Ved Golam, avance, lui, que ?nous n?avons pas l?impression qu?il y a grand-chose qui se fasse pour prévenir la maladie. La vigilance a bien baissé. Nous assurons nos services réguliers et sans plus.? Il avait, dit-il, attiré l?attention des autorités sur l?abandon du Château de Val Ory, à Moka, puisque les arbres qui sont autour attirent les moustiques, mais rien n?a encore été fait.
À la décharge de ces collectivités locales, la Santé leur a demandé de ne plus faire de fogging en ajoutant que ses officiers s?en chargeront. La mairie de Beau-Bassin-Rose-Hill, qui a huit appareils, ne les utilise donc pas. Même scénario pour Curepipe et pour le conseil de l?Est, entre autres. Pour le ministère, comme cela se faisait à tort à travers, il y avait un risque d?amplifier le problème. Et d?affirmer que le personnel n?était pas formé pour le faire.
Le maire de Beau-Bassin-Rose-Hill, Varen Andee, lui, déplore cette décision. ?Avec les appareils qu?on a et le personnel, nous aurions apporté notre contribution pour le fogging là où c?est nécessaire.? Et d?ajouter qu??avec la taxe qui frappe les sacs en plastique, les gens tendent à déverser les déchets directement dans leur poubelle. Ce qui va encore attirer des moustiques. D?où ma demande de 600 poubelles à la National Development Unit et à l?Environnement pour contourner le problème.?
Pour la Santé, ?Seul, le fogging n?est pas efficace et comme cela coûte très cher, l?on intervient seulement que dans certaines régions à risque. Le fogging tue le moustique adulte alors que le larvicide tue la larve. Cela se fait régulièrement et apporte davantage de résultats.? Le pays a été divisé en 13 régions et il incombe à chaque bureau sanitaire de faire le suivi régulièrement sur le terrain.
PRESSE ETRANGÈRE
Le chik fait de nouveau la une
■ United Press Intrernational évoque, dans une dépêche le 15 juillet, le chikungunya dans les îles de l?océan Indien. Elle met l?accent sur Maurice et explique que le virus a ?tué au moins 77 personnes à Maurice et dans d?autres îles de l?océan Indien?. La dépêche cite ?The Lancet?, une revue spécialisée qui, dans son édition du 15 juillet, décortique le cas d?une touriste de 28 ans qui a contracté le virus en février, après un voyage à Maurice. ?The Lancet? parle aussi de ?77 certificats de décès émis dans la région, entre le 1er janvier et le 2 mars 2006? avec le chikungunya comme cause du décès. Mais l?article précise que ?dans la plupart des cas, il y a eu underlying comorbidity?. Il donne aussi l?âge moyen des victimes : 78 ans.
TOURISME
Hôteliers encore mobilisés
■ Les hôteliers mauriciens restent prudents face au risque d?une résurgence du chikungunya. L?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM) appelle à une mobilisation dès août. D?ailleurs, selon l?association, certains hôteliers sont toujours actifs sur le terrain. S?il n?y a pas de fumigation, il y a aspersion de produits anti-larves. L?association attend aussi les recommandations d?experts singapouriens actuellement à Maurice. Même si les moustiques sont moins actifs en hiver, la prudence est de mise. La destination reste très frileuse, notamment sur le marché français. Pour certains, le nombre d?arrivées françaises sera négatif cette année et les campagnes de promotion n?y pourront rien. Mais pour l?AHRIM, l?image de la destination reste intacte. ?Ce qu?il faut, c?est rétablir la confiance.? Un exercice qui passe, pour certains, plus par des opérations intensives de démoustication que par une promotion agressive de la destination?
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