Publicité
Chikungunya : L?optimisme prudent des hôtels
Par
Partager cet article
Chikungunya : L?optimisme prudent des hôtels
Jamais auparavant on n?aura autant souhaité la venue de l?hiver. Au-delà d?un répit de la chaleur étouffante de l?été, le changement de saison cette année contient la promesse d?un temps de grâce par rapport au chikungunya. Le ministère de la Santé annonce déjà le début d?une sortie de crise. Et l?industrie du tourisme, l?une des plus touchées par l?épidémie, arbore un optimisme mesuré.
Le ministère a revu sa manière de compter les victimes du chikungunya. Désormais, il fait uniquement état des nouvelles victimes. Cela donne des statistiques moins alarmantes que le décompte cumulatif, remis à jour quotidiennement.
Ainsi, cette semaine a vu en moyenne 42 nouveaux cas par jour. Fin février, le nombre global de victimes s?élevait en moyenne à 500 par jour. Les autorités s?appuient sur ce nouveau tableau pour diagnostiquer le commencement de la fin de l?épidémie du chikungunya et fustigent les médias pour leur alarmisme. Mais à vrai dire, la comparaison par rapport au mois précédent ne tient pas vraiment la route.
Le ciel devrait s?éclaircir en avril et mai
L?Association des hôteliers et restaurateurs de Maurice (Ahrim) a tâté le pouls de ses membres pour savoir ce qu?il en était. Elle a sondé une trentaine d?établissements, dont ceux appartenant aux principaux groupes hôteliers du pays, en début de semaine. Et les conclusions qu?elle en tire lui permettent de respirer.
De fait, l?industrie a revu ses estimations d?arrivées touristiques pour la période allant de mars à mai. Ainsi, la performance risque d?être plus mauvaise que prévue en mars : moins 6,8 % par rapport à mars 2005, contre moins 5,7 % initialement. En revanche, le ciel devrait s?éclaircir en avril et en mai.
La régression devrait être inférieure à ce qui a été prévue au départ -1,9 % en avril contre 2,86 % et 4,7 % en mai contre 10.1 %.
Ces prévisions devraient être confirmées à la prochaine réunion du comité technique du service national des statistiques qui aura lieu le mois prochain. On décidera alors s?il faut maintenir la prévision initiale pour la croissance 2006.
Cette année a démarré sur les chapeaux de roue avec une progression de 18 % en janvier et 15 % en février.
On s?attendait à ce que d?ici décembre, les arrivées touristiques croissent de 8,4 %. Avec la contre-performance due au chikungunya, ce but ne pourra être atteint que si les arrivées augmentent de 10,8 % en moyenne chacun des mois restants de l?année. Pari difficile à tenir.
C?est essentiellement le marché européen qui a joué au trouble-fête. La France, qui est le premier marché émetteur pour Maurice, y a le plus contribué. Les arrivées européennes avaient augmenté de 21 % durant les deux premiers mois de l?année. Durant cette période, le nombre de Français visitant l?île a crû de 10,5 %, celui des Anglais de 11,6 %, celui des Italiens de 8,7 % et celui des Allemands de 25,3 %. Les Sud-Africains étaient plus nombreux avec 30 % et les Réunionnais représentaient 5 %.
L?amalgame entre la Réunion et Maurice
Depuis, Maurice a souffert au niveau de la perception de la sécurité sanitaire. Selon les observateurs, les Européens et en particulier les Français, ont fait l?amalgame entre la Réunion, département français ravagé par le chikungunya, et Maurice. Un reportage de la chaîne de télévision française TF1, diffusé durant la première semaine de mars, aurait été fatal à l?image de Maurice. Depuis, les marchés français, anglais et italiens sont en recul.
« Nous sommes confiants d?être désormais entrés en situation de fin de crise. Les arrivées pour les prochains mois devraient s?améliorer avec les achats de dernière minute », avance une porte-parole de l?Ahrim. Elle ajoute qu?en prévision de cette échéance, l?industrie et la Mauritius Tourism Promotion Authority ont joint leurs forces pour mettre au point un plan de relance ciblant en particulier les marchés français et italien. « La mise en ?uvre du plan et son succès éventuel dépendra évidemment du comportement du moustique et de l?action du ministère de la Santé à assainir la situation. »
Le plan de relance devrait être finalisé cette semaine. Il s?agira très probablement d?inviter des hauts responsables, des tour-opérateurs et agences de voyage européens à venir constater sur place à quel point Maurice est sûre du point de vue du risque de la gestion du chikungunya. La presse internationale sera également de la partie. Le résultat devrait être une semaine d?intense promotion de la destination.
Publicité
Publicité
Les plus récents