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Chikungunya : Le virus a t-il quitté la région ?
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Chikungunya : Le virus a t-il quitté la région ?
Le danger semble écarté, pour le moment tout au moins dans les îles de l?Océan Indien. En effet, selon une annonce du ministère de la Santé, une reprise épidémique ?du chikungunya n?est plus à craindre dans l?immédiat? à la Réunion et à Mayotte.
Cependant, selon les ministères de l?Outre-mer?une part importante de la population n'est pas immunisée?, ce qui fait qu?une ?future résurgence? du virus du chikungunya ?dans ces îles reste donc possible?.
Après un premier épisode entre mars et juin 2005, l?épidémie de chikungunya avait repris sur l?île de la Réunion en octobre 2005, avant d?atteindre son pic au cours de la semaine du 6 au 12 février 2006. Au total et pour l?ensemble de la période épidémique, l? Institut de veille sanitaire (Invs) estime qu?environ 266 000 personnes ont présenté, à un moment ou à un autre, une forme clinique de la maladie.
Par ailleurs, un certain nombre de formes graves et atypiques de chikungunya a été enregistré au cours de l?épidémie : 246 personnes ont été hospitalisées en réanimation et une quarantaine de cas de transmissions materno-néonatales avec confirmation biologique ont été retrouvées.
Entre le mois de janvier 2006 et le mois de décembre 2006, 254 certificats de décès mentionnant le chikungunya ont été recensés, les trois quarts concernaient des personnes âgées de plus de 70 ans.
L?Invs a annoncé ce jour l?entrée en phase inter-épidémique de chikungunya à la Réunion et à Mayotte. La circulation du virus avait diminué notablement depuis juillet 2006. Elle est devenue très sporadique et l?arrivée de l?hiver austral réduit encore la densité des moustiques vecteurs de la maladie. L?institut estime ainsi qu?une reprise épidémique n?est plus à craindre dans l?immédiat. Les ministres appellent au maintien de la mobilisation de tous, État, collectivités territoriales, associations et particuliers, dans la lutte contre les moustiques.
?La mobilisation exemplaire de tous a contribué à l?évolution favorable constatée par l?Institut de veille sanitaire. Cependant une part importante de la population n?est pas immunisée. Une future résurgence du chikungunya dans ces îles reste donc possible.?
?Ces territoires, situés en zone tropicale, restent exposés au risque lié aux maladies transmises par des moustiques. En particulier, le paludisme est présent à Mayotte et en Guyane, la dengue dans les départements français d?Amérique? ajoutent les ministères concernés qui assurent que ?les Réunionnais et les Mahorais ont acquis des réflexes performants de lutte contre les moustiques pendant l?épidémie. Ces réflexes doivent être maintenus.?
Contre le virus du chikungunya, ?le respect de la salubrité et la poursuite de gestes simples, comme le renversement des coupelles des pots de fleurs ou le nettoyage des gouttières permettent de limiter la prolifération des moustiques en détruisant leurs gîtes larvaires. Les mesures de protection personnelles (port de vêtements appropriés, recours aux moustiquaires et aux répulsifs) réduisent les possibilités de piqûre et donc d?éventuelles contaminations.?
L?État précise avoir ?organisé un dispositif permanent et renforcé de lutte collective contre les maladies vectorielles et les moustiques. Dans cette période inter-épidémique, les autorités de l?État appliqueront les mesures prévues de surveillance, d?alerte et de réaction. La surveillance épidémiologique (cas humains) et entomologique (moustiques) sera poursuivie.?
?Les services de prophylaxie des directions des affaires sanitaires et sociales vont se consacrer particulièrement au traitement des gîtes larvaires. A la Réunion, l?objectif est de porter le service, actuellement de 150 personnes, à 220 personnes d?ici début 2008. A Mayotte, l?effectif du service de lutte anti-vectorielle de 83 personnes est mobilisé dans la lutte contre le moustique vecteur du chikungunya (aedes) mais également contre celui du paludisme (anophèle).?
Pour l?Invs, ?dans les îles de l?océan Indien, il semble que le virus du chikungunya ne circule plus actuellement que sur un mode sporadique. L?évolution de la situation aux Seychelles et à Maurice serait comparable à celle observée à la Réunion et à Mayotte. Fin janvier, un cas importé à la Réunion en provenance de Madagascar a été confirmé et une infection récente de chikungunya a été confirmée en mars chez un voyageur métropolitain à son retour d?un séjour dans la province de Sambava située au Nord de Madagascar.?
La prudence reste de mise car l?institut précise que pour les îles de l?océan Indien, ?une épidémie de fièvres s?est déclarée en janvier à la suite de pluies importantes, évoquant une maladie transmise par un moustique mais, à l?heure actuelle, l?agent infectieux à l?origine de cette épidémie (virus de la dengue ou du chikungunya) n?est pas documenté avec précision et l?évolution épidémiologique au cours des dernières semaines n?est pas connue.?
<B>Pierre MELQUIOT</B> © Actualités news environment</I>
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