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CHICAGO : Gangsters sur scène

9 octobre 2004, 20:00

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Succès populaire et critique de l?année 2002, Chicago de Rob Marshall a raflé six statuettes aux Oscars. La comédie musicale propose une douzaine de chorégraphies savamment orchestrées et une belle mécanique sur les mirages de la gloire, l?hypocrisie des médias ainsi que celle de la justice. Et même si Chicago n?a pas l?audace d?un Moulin Rouge ! ou d?un Dancer in the dark, le film vaut le détour. A voir sur Canal+, ce soir à partir de 20h05.

Le décor est planté dans le Chicago des années 20. L?alcool y coule à flots, le quotidien des habitants de la ville est bercé par le jazz. Des meurtres crapuleux relatés en long et en large dans des journaux à scandales alimentent la vie des gens. C?est dans cette ville que vont se jouer les destins de Roxie Hart et de Velma Kelly, deux meurtrières qui attendent la gloire.

Adaptation cinématographique de la comédie musicale créée par Bob Fosse, Chicago transpose à l?écran la magie de Broadway tout en emboîtant le pas au flamboyant Moulin Rouge ! de Baz Lurhmann. Le film de Rob Marshall bénéficie d?une direction artistique sans faille, avec pour atout principal, le divertissement. Le savoir-faire américain en matière scénique et cinématographique y atteint son apogée. Le réalisateur, qui en est à son premier essai derrière la caméra, fait montre d?un perfectionnisme salué par la critique. Il s?entoure ainsi d?un casting exceptionnel : Renée Zellweger, Catherine Zeta-Jones, Queen Latifah et Richard Gere. Ces derniers exécutent eux-mêmes les numéros de chant et de danse.

Catherine Zeta-Jones, la première engagée pour l?aventure, est un véritable envoûtement. L?actrice galloise, formée à l?école de la comédie musicale de Londres, est comme un poisson dans l?eau. Quand elle est à l?écran, elle ne laisse pas aucune chance aux autres acteurs de se démarquer. Elle a d?ailleurs décroché, à juste titre, l?Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle. Elle chante et danse sur le standard All that jazz. Quant à Renée Zellweger, ingénue « célibattante » dans Bridget Jones, elle est éclatante sur des airs de swing, un registre dans lequel on ne l?attendait pas. Pour elle, chanter et danser a nécessité un réel apprentissage. Son mérite n?est donc que plus grand, même si pour certains, son jeu est bien trop similaire à ce qu?elle est dans Bridget Jones. La brune et la blonde, portées par les mêmes motivations dans le film, se complètent parfaitement.

Quant à Queen Latifah, reine du rap reconvertie en une étonnante « mama » manipulatrice et sans vergogne, est tout aussi impressionnante. Face à ses trois immenses actrices il fallait trouver un acteur digne de leur donner la réplique. C?est Richard Gere, que Rob Marshall a choisi. L?acteur qui a fait ses débuts sur scène dans Grease, interprète avec maestria Billy Flynn, cet avocat rusé, véreux et manipulateur. On y découvre ses talents cachés de chanteur et de danseur. Son numéro de claquettes ainsi que son one-man show à la barre, comptent parmi les moments fort de Chicago.

Par contre, là où Chicago pèche, c?est dans son manque d?audace. Si Moulin Rouge ! ou encore Dancer in the dark, sont absolument décalés, Chicago se contente d?être une comédie musicale à paillettes. A trop vouloir respecter l??uvre initiale de Bob Fosse, Rob Marshall manque d?ambition. Le cinéaste s?appuie trop sur un montage en parallèle, dans lequel la partie chantée fait figure d?explications fantasmées sur ce que rêvent les personnages.

Mais Chicago restera une fête pour les nostalgiques de la comédie musicale « made in Hollywood ». Ces derniers y trouveront largement leur compte car Chicago est d?abord et avant tout, une comédie musicale swingante et entraînante.

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