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Chelsea walks alone

3 octobre 2005, 20:00

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On voulait savoir, on a su. Chelsea n’a pas d’adversaires en Angleterre. Et ce n’est pas Liverpool, balayé sans concession à Anfield, dimanche, 4-1, qui viendra prétendre le contraire.

“Huit matches, huit victoires, seize buts marqués. Je pense qu’il est temps qu’on respecte Chelsea”, a réclamé Jose Mourinho, fier patron des Blues, après la démonstration physique et collective de son équipe, qui n’a pas perdu ses 37 derniers matches de championnat.

Alors que la saison n’a pas encore entamé son deuxième quart, le fossé qui sépare Chelsea du reste de la meute est franchement hallucinant. C’est ainsi que Manchester United est à 10 points, Arsenal à 11 et Liverpool à 17. Les dès sont presque jetés, même si Mourinho, beau joueur, prétend le contraire : “L’écart est appréciable, je l’admets. On peut aujourd’hui se permettre une erreur, mais on n’a pas le droit pour autant de relâcher nos efforts, de dormir sur nos lauriers. Nous sommes devant, mais il y a de bonnes équipes dans ce championnat et elles vont courir après nous”, s’est empressé de rappeler le technicien portugais, étonnamment prudents sur ce coup-là.

Toujours est-il que Chelsea baigne en pleine euphorie. Ce qui est l’occasion de quelques réglements de compte. C’est ainsi que Frank Lampard, qui a eu le privilège d’ouvrir le score sur penalty, ne s’est pas fait prier pour répondre aux détracteurs qui, semaine après semaine, ne manquent pas de rappeler que ce Chelsea-là est lassant à voir évoluer, parce que trop tactique.

“A Liverpool, nous avions quelque chose à prouver. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur nous ces dernières semaines, ce qui ne nous a pas fait plaisir. Je crois qu’on a répondu à nos détracteurs de la plus brillante façon qui soit”, se félicite Lampard. “Parfois, les gens disent n’importe quoi. J’ai même crû lire quelque part que nous avions peur d’aller jouer à Anfield, ce qui est ridicule. Aucun match ne nous fait peur. Je crois que tout le monde a compris le message maintenant”.

Benitez perd son latin</B>

Après le match, Lampard a pu compter sur un allié de taille en la personne d’Alan Hansen. Dans sa chronique sur BBC Sport, l’ancienne légende de Liverpool s’est dit impressionné par la qualité du jeu de Chelsea et a souligné que seuls des “fous ou des jaloux” pouvaient encore montrer du doigt les Blues.

Les milliards de Roman Abramovich n’expliquent pas l’insolente réussite de Chelsea, assurent-ils. “L’argent ne garantit pas le succès. Encore faut-il l’utiliser intelligemment et pouvoir compter dans son équipe des joueurs déterminés, affamés. C’est le cas de Chelsea”.

Si Chelsea est seul au monde, Liverpool navigue, pour sa part, en eaux troubles. Cela faisait 36 ans que les Reds n’avaient plus encaissé quatre buts à Anfield en championnat. La descente aux enfers du champion d’Europe, qui n’occupe qu’une bien pâle treizième place, est en tout cas indigne de son statut, de son histoire.

A force de confondre football et échec, Rafael Benitez a cette fois été maté à la régulière par un Mourinho visiblement mieux inspiré, plus fin, plus rusé. L’Espagnol est passé d’un extrême à l’autre pendant le match, ce qui a surpris les observateurs. Il a, en effet, commencé le match sans attaquant et l’a terminé sans défenseur… Comprenne qui pourra !

Pendant l’essentiel du match, Peter Crouch s’est en effet vu confier l’impossible mission d’ébranler à lui seul la forteresse défensive de Chelsea. L’ancien buteur de Southampton n’avait, évidemment, pas les moyens de traîner son imposante carcasse trop près de la surface de Petr Cech. Et quand Liverpool s’est retrouvé au pied du mur, Benitez a fait sortir Djimi Traoré et Sami Hyypia pour faire rentrer Djibril Cissé et Florent Sinama-Pongolle, ce qui a, évidemment, affaibli davantage la défense agonisante des Reds.

Mais ne croyez pas, pour autant, que le bonhomme venu de Valence a retenu la leçon. Son commentaire d’après-match est presqu’indécent. “Nous n’avons perdu qu’un match. Si votre équipe joue mal, vous avez des raisons d’être inquiet. Mais Liverpool a réellement bien joué contre Chelsea…”

C’est vrai que, du banc de touche, on ne voit pas la même chose qu’à la télévision…

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