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Chelsea fait la fête quand même
La terrible désillusion européenne de mardi est oubliée. Chelsea a fait la fête hier à Stamford Bridge. Après tout, il fallait bien se rattacher à l?essentiel. Au centenaire du club, pour commencer, et puis, surtout, à cette inoubliable conquête nationale, la deuxième de l?histoire des Blues, la première de l?ère Abramovich.
Et quand le capitaine John Terry, dans un moment de délire collectif, a soulevé le prestigieux trophée qui récompense le champion d?Angleterre, le coeur de Stamford Bridge s?est arrêté de battre, Liverpool n?était plus qu?un vieux souvenir. Fumée bleue, ovation debout. Instant magique, éternel, immortel, dans la vie d?un supporter de Chelsea. Cinquante ans que les Londoniens attendaient ça, vous vous rendez compte ?
Bien sûr, il y avait des choses à redire. L?impression, déjà, que les protégés de Jose Mourinho ont terminé la saison à genou. Après l?épisode manqué d?Anfield, le modeste voisin de Charlton Athletic est passé à deux doigts de gâcher la fête. Et n?était-ce un penalty transformé en deux temps par Claude Makelele à l?aube du temps additionnel, le premier but du milieu de terrain français sous le maillot des Blues, Chelsea se serait peut-être contenté, hier, d?un 0-0 peu à l?avantage d?un club sur qui pèse la fortune de Roman Abramovich.
Mais qu?importe cette fin de saison asphyxiante, éreintante, personne n?oubliera que les Royal Blues ont, sur l?ensemble, écrasé la concurrence. Au point d?ailleurs de compter, à une journée du terme, 14 points d?avance sur Arsenal, champion sortant, qui, il est vrai, a un match en main, match qu?il jouera ce soir, à Highbury, face à une équipe de Liverpool euphorique.
Chelsea, cette saison, c?est quand même 28 victoires et une seule défaite en 36 matches, c?est aussi 13 buts encaissés seulement sur l?ensemble de la saison. Impressionnant !
Pour célébrer dignement son titre de champion d?Angleterre, Chelsea a pensé au passé. Ainsi, treize membres de l?escouade de 1955 ont été retracés et invités à fouler la pelouse de Stamford Bridge.
Parce qu?il fallait à tout prix, semble-t-il, rendre un semblant de dignité à ces pionniers, lesquels, à l?époque de leur gloire, n?avaient même pas eu droit à un bain de foule. C?est ainsi qu?on a appris hier que ces joueurs d?un autre temps avaient été jadis privés d?une cérémonie de remise de trophée, se contentant de rentrer chez eux avec, en poche, un bonus de vingt livres sterling et de nouveaux survêtements. Toute une histoire.
La première de Bolton
C?est John Terry et Frank Lampard, les deux vedettes de la présente cuvée, qui ont eu l?insigne honneur de remettre au vieux Roy Bently, capitaine de la première ère, le trophée qui lui était longtemps dû.
On a également beaucoup fait la fête du côté de Goodison Park où Everton a sans doute fait un pas décisif vers la Ligue des Champions en battant Newcastle 2-0.
Que les Magpies ont terminé la partie à dix suite à l?expulsion de Shola Ameobi n?enlève en rien au mérite des Toffees, accrocheurs à mort hier, et qui ont raflé la mise grâce à des buts d?Alexander Weir et de Tim Cahill, le onzième de l?Australien depuis son transfert de Millwall l?été dernier.
Everton a six points d?avance sur son voisin de Liverpool et les deux équipes ont deux matches à jouer. Si les Reds, qui baignent encore dans l?euphorie de leur épopée européenne, ne s?imposaient pas ce soir à Highbury, c?en sera fini de la fameuse bataille pour la quatrième place qui a divisé toute la ville cette saison. Le plus dramatique ou le plus cocasse, dépendant de quel côté on se trouve, est que Liverpool est aujourd?hui à un match de devenir champion d?Europe, mais aussi à un match de ne pas participer à la prochaine Ligue des Champions. Absurde.
Désormais éliminé de la course à la Ligue des Champions, Bolton a néanmoins écrit la plus belle page de son histoire hier en s?assurant pour la première fois d?une place en Coupe de l?UEFA pour le plus grand bonheur de Sam Allardyce, son charismatique entraîneur.
Les Wanderers ont été tenus en échec 1-1 sur la pelouse de Portsmouth après avoir pourtant ouvert le score dès la 11e minute par l?entremise de l?intenable El-Hadji Diouf. L?égalisation est venue à un quart d?heure de la fin. C?est Aiyegbeni Yakubu, pour son 17e but de la saison, qui a remis les deux équipes à égalité à un peu plus d?un quart d?heure de la fin.
La bataille fait rage en bas de tableau. Hier, aucune des quatre équipes concernées par la relégation, n?a lâché du leste. C?est néanmoins Norwich qui a réussi la meilleure affaire.
En battant Birmingham City 1-0, les Canaris se sont en effet temporairement éloignés de la zone rouge, laissant la dernière place à West Brom, auteur pourtant d?un courageux match nul 1-1 sur la pelouse de Manchester United. Crystal Palace, pour sa part, a laissé passer sa chance en concédant en fin de match un douloureux nul face à son concurrent direct Southampton, 2-2.
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