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Charoux, entre impressionnisme et expressionnisme
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Charoux, entre impressionnisme et expressionnisme
L?on retrouve un Roger Charoux encore marqué par l?Impressionnisme. Cette école eut pour esprit dominant Claude Monet (1840-1926), concepteur de l?application au paysage des leçons du réalisme. Ce dernier alla jusqu?à peindre non pas ce qui est connu de la chose, mais l?impression qu?elle produisait sur son ?il. Il traduisait l?apparence des choses en de minuscules taches de couleur appliquées d?une manière lâche sur la toile. Ainsi saisissait-il la vibration de la lumière, le moindre tremblement de l?atmosphère.
Roger Charoux, qui a fait son apprentissage de la peinture à Londres, a derrière lui des décennies de pratique. Et l?on peut présumer qu?il aura exploré la démarche impressionniste dans ses nuances les plus reculées. Jusqu?à se sentir à l?étroit dans ce répertoire aujourd?hui limité. Nous ne parlons pas ici de goût personnel, car un artiste est libre de son choix. Mais d?une démarche qui a fait son temps par rapport au XXIe siècle. Edouard Manet (1832-1883) est là pour nous le rappeler avec Le Déjeuner sur l?herbe?1862, qui visait un but unique : ?que l?art appartienne à son propre temps.?
L?exposant du jour demeure fidèle au paysage, le thème même qui l?a nourri du credo de l?Impressionnisme, faisant de lui son prisonnier. Car, l?on pourrait augurer qu?il en sera ainsi tant qu?il traitera de cette thématique. Mais, Roger Charoux est de ces artistes qui n?ont pas d?orgueil mal placé. Il ne cherche guère à occulter une certaine impuissance, dans l?élaboration de son image, à se libérer de cette écriture devenue chez lui seconde nature. Et, c?est le traitement de ses personnages, on le verra, qui occupent un autre volet de l?exposition, qui peu à peu, semble vouloir délier ces liens qui lui collent au pinceau.
Cependant, à décrypter de plus près ses paysages, l?on décèle des touches plus larges, et par là même, moins nombreuses que chez les Impressionnistes. Sans doute se sentirait-il quelque part coupable d?une infidélité, si, comme Gauguin, il tournait drastiquement le dos à une maîtresse si longuement adulée. Tout en chérissant le désir de pouvoir tourner la page. Etaient-elles plus larges que ses touches s?orienteraient plus sûrement vers un certain tachisme.
L?on peut aussi noter chez ce peintre, au long d?une opposition ombre-lumière qu?il affectionne, une tendance vers une sorte de hasard dans l?application de la matière. Il s?attache à déposer la couleur en un premier jet, sans jamais y revenir. Cela, pour ne pas alourdir l?expression. Les lavandières à Batimarais en est un parfait exemple.
Rouge vermillonM
Ce tableau appelle d?autres réflexions. L?artiste esquisse à l?économie sa composition. Les arbres, et en partie le sol, sont construits, pour ce qui est des racines et du tronc, à partir d?un remplissage de masses colorées à la terre de Sienne brûlée. D?autres touches se superposent. Le premier remplissage crée alors la profondeur. ?C?est ce qu?on appelle travailler en palimpseste?, précise l?artiste. Les étapes s?élaborent à partir des ombres, des demi-teintes, pour aboutir à la lumière, et aux rehauts. Une ruelle à la Plaine-Verte et Quartier chinois, avec ses marchands de boulettes et ?la demoiselle qui rode la vie?, selon Roger Charoux, répondent à cette démarche.
Par ailleurs, Cassis ? Le restaurant rouge, et Quartier chinois traduisent une tendance chez ce peintre au rouge vermillon. Penchant dévoilé dans La voiture rouge, exposée au Continental trois décennies de cela. Celle-là même qui laissait entrevoir des possibilités autres, plus modernes, chez ce peintre.
La présente exposition donne à voir un autre volet, moins étendu, celui-là, où le peintre délaisse le paysage pour des personnages. Si intérieurs de marché, vendeurs et acheteurs se partagent l?espace pictural, Les femmes sur la plage à Wolmar 2003, occupent la quasi-totalité de la toile. Cette ?uvre illustre nettement le désir, sinon le besoin, et la capacité de l?artiste de sortir des rets de l?Impressionnisme.
Roger Charoux exprime ici sa recherche personnelle : ?J?essaie de trouver une solution au problème d?espace par rapport à la nature du tableau. La femme debout, entre dans le tableau par la voie de sortie vers la mer, la mer devenant spectatrice. Il y a donc double regard, celui du peintre et celui de la mer. Ce qui crée une dualité qui donne le mouvement.? La chevelure jaune de ce personnage y apporte une note expressionniste. Fut-elle davantage habitée par l?énergie de la couleur, cette toile échapperait à l?anecdotique. Voilà qui insuffle un esprit nouveau dans l?aire familière de Roger Charoux.
On note chez Charoux, au long d?une opposition ombre-lumière qu?il affectionne, une tendance vers une sorte de hasard dans l?application de la matière. Il s?attache à déposer la couleur en un premier jet, sans jamais y revenir. Cela, pour ne pas alourdir l?expression.?
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