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Chaleur et liesse populaire en plein hiver

28 juin 2007, 00:00

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Une marée humaine dans toutes les rues d’Antananarivo. Les Malgaches ont célébré leur fête natioanle en grande pompe.

Aux alentours du lac Anosy, où les quelques tonnes de feux d’artifice ont été tirées, les bonnes places étaient prises d’assaut . Certaines familles étaient carrément venues en caravane avec de quoi pique-niquer dans la voiture. “On est là depuis 16 heures avec les enfants pour ne rien râter”, affirmait un père de famille accompagné de ses bambins.

Toutes les hauteurs des villes ont aussi été prises d’assaut alors que la circulation devenait de plus en plus difficile. Les axes menant vers Andohalo, Anosy étaient bouchés dès 17 heures. Lampions en mains, des enfants emmenés par leurs parents se promenaient dans les rues d’Antananarivo.

Ce qui comblait un déficit manifeste d’éclairage. C’était le rush vers le lac Anosy dans la soirée. Personne ne voulait manquer les fameux feux d’artifice, désormais de tradition depuis 1988 après avoir été abandonnés durant les années de révolution socialiste.

Trois quarts d’heure de bonheur artificiel dans lequel se se sont confondues toutes les couches sociales. Chaque éclatement, qui illuminait le ciel, était accompagné d’un viva, comme si c’était la lumière éternelle.

Le spectacle terminé, tout le monde a quitté Anosy. Il a fallu faire preuve de patience pour pouvoir s’extirper d’un écheveau à la fois humain et mécanique.

D’Anosy, toute cette multitude de foule s’est ruée vers Analakely, où aucun spectacle n’était au programme. Mais tel un aimant, le poumon de la ville attirait les gens. Impossible decirculer en voitures. Par grappes de jeunes, les fêtards nantis de pétards, ont obstrué tout le passage. Tout le monde semblait se diriger vers la gare Soarano où s’est déroulé l’Indépendance show. Une représentation qui n’était pourtant pas gratuite.

Le long de l’avenue de l’Indépendance, en dépit des mesures prises par la Commune urbaine d’Antananarivo, c’était l’open bar et “faites vos jeux” avec tourniquets, baby-foot et billards.

Les friands de pizza ne rechignaient pas à faire la mêlée pour avoir une boîte chez le fournisseur indiqué des Arcades. La fête a duré toute la nuit pour les jeunes en mal de sortie. Les parents et les enfants sont ensuite rentrés.

Le défilé militaire, plus sobre, a rassemblé 25 000 personnes au stade de Mahamasina, bien que depuis trente ans, le rituel ne change pas. Il y a les Mig en moins et Ravalomanana en plus.

L’après-midi, c’était la détente avec Fou Hehy et d’autres artistes. La dérision a enflammé le public. La fête était accomplie. Elle aura fait huit morts de diverses raisons. En général, tout s’est déroulé sans incident majeur et dans la bonne humeur, en dépit des difficultés sociales criantes.

Iloniaina ALAIN</B> <I>© L’Express de Madagascar</I>

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