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Chômage : le PTr conteste les arguments de Bérenger

31 mars 2004, 20:00

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LE PTr donne la réplique au Premier ministre sur la situation de l?emploi dans le pays. Lors d?une conférence de presse tenue hier à Port-Louis, la commission économie et finances du principal parti de l?opposition a accusé le Premier ministre d?escamoter les chiffres afin de donner une fausse impression sur l?étendue du chômage à Maurice.

Le Premier ministre se félicitait, la semaine dernière, de la capacité de de son gouvernement à créer des emplois. Rama Sithanen, porte-parole du dossier économique du Labour s?est attelé à démolir ses arguments. Il a aussi critiqué les tentatives de Paul Bérenger pour mettre en doute la manière dont le nombre d?emplois créés et celui des chômeurs sont calculés. Une telle démarche équivaut, selon Rama Sithanen, à s?attaquer à la crédibilité des institutions comme le Bureau central des statistiques (BCS).

?Il n?y a pas mille façons de calculer le taux du chômage. Toutes les institutions économiques internationales et locales utilisent la même méthodologie?, argue Rama Sithanen. Il ajoute que le Premier ministre s?arrange pour présenter seulement les chiffres qui lui sont favorables.

La commission économique du PTr trouve surprenant que le chef du gouvernement mette l?accent uniquement sur le nombre d?emplois créés et refuse de parler du rapport entre le nombre de licenciements et celui des nouveaux entrants sur le marché du travail.

?Près de 60 000 chômeurs?

Pour les travaillistes, le chômage reste un problème épineux pour le pays. Ils appuient leur ?vérité des chiffres? en se référant aux récents constats de la Banque mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI) et de l?Economist intelligence unit (EIU).

Aux dires du porte-parole des travaillistes, le nombre de chômeurs avoisinerait 60 000 (soit un taux de 11 %). Rama Sithanen dit prendre en considération les récentes fermetures d?usine de même que l?arrêt des activités des entreprises qui fabriquaient des vêtements portant la griffe Ralph Lauren. D?autre part, il tient compte des nouveaux venus sur le marché du travail après la publication des résultats du School Certificate et du Higher School Certificate. Il estime à 32 000 le nombre de licenciés et 28 000 les nouveaux postulants.

La gestion de la dette publique a aussi été prise pour cible. La décision de la rééchelonner envoie, souligne Rama Sithanen, un très mauvais signal à la communauté internationale, en particulier aux investisseurs. Pour ces derniers, cette éventualité serait la conséquence d?une mauvaise planification des dépenses. ?Le gouvernement savait pertinemment bien qu?il n?allait pas pouvoir régler le déficit budgétaire cette année. Pourtant, il a continué à privilégier les emprunts à des maturités courtes. Il fallait avoir un portefeuille beaucoup plus balancé?, insiste Rama Sithanen.

La part des obligations à court terme (tels les bons du Trésor), dans le montant global de la dette de l?Etat, est de 77,6 %, une proportion jugée trop élevée par le Labour. Un réaménagement de la dette impliquerait une conversion des instruments à courte maturité à des obligations à moyen et à long terme, dont les coûts sont plus élevés.

Le responsable du dossier économique du PTr a fustigé ?le train de vie élevé? du gouvernement. Par ailleurs, il regrette que le gouvernement n?ait jamais pu exploiter les modes de financement type PPP (Private Public Partnership) qui auraient pu alléger les trésoreries de l?Etat. Il a aussi critiqué le fait que le gouvernement ne songe pas à combler le déficit budgétaire au moyen de la privatisation.

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