Publicité
Cet océan si convoité
Chirac flatte la COI. Le commissaire européen Louis Michel vient personnellement assister au sommet des chefs d?État. Les deux Européens ont crié leur « profond attachement » à la région.
Pourtant la Commission de l?océan Indien (COI) n?a pas un bilan flatteur. En effet, maintes études ont montré du doigt son fonctionnement. De cette masse d?analyses, trois scénarios d?avenir ont émergé. Un scénario extrême : disparition de la COI à cause de son échec sur le plan de la coopération économique et de l?incapacité de certains États membres d?honorer leurs cotisations (ce qui a paralysé la Commission). Un scénario ambitieux : consolidation de la COI grâce à un engagement politique réitéré.
Et, finalement, un scénario pragmatique : recentrage de la COI sur des domaines qui sont véritablement à sa portée.
À l?issue du sommet, on constate que la commission s?oriente dans une voie à mi-chemin entre le scénario ambitieux et le scénario pragmatique.
Mais qu?est-ce qui explique l?intérêt de la France et de l?Europe pour la COI. Le Vieux continent a déboursé près d?une centaine de millions d?euros pour la région depuis plus de vingt ans. Et il entend demeurer le principal bailleur de fonds, reléguant ainsi la Banque mondiale, le Pnud et? les États-Unis, qui investissement de plus en plus dans la région.
Ce que Jacques Chirac et Louis Michel n?ont pas dit, c?est que l?océan Indien est une zone géostratégique qu?il s?agit de ne pas laisser aux autres puissances. Pour l?Europe, c?est l?océan qui la réunit à l?Afrique, à l?Asie et à l?Australie. C?est aussi ? et surtout ? la route du pétrole, avec tout ce que cela implique.
Les États-Unis aussi ont flairé le filon. Déjà présents militairement à Diego-Garcia, les Américains (qui contrairement aux Européens, ne sont pas issus d?anciennes puissances coloniales dans la région) ont mis au point l?Agoa. Cette loi sur la croissance économique les lie désormais à l?Afrique et à l?océan Indien.
Dans cet espace géopolitique, il y a logiquement un rapport de forces entre les puissances. Elles peuvent s?allier parfois, suivant le domaine, mais pas toujours. Par exemple, la Chine fait peur aux autres. Via la mer de Chine, les produits Made in China envahissent les territoires india-océaniques, au détriment des produits traditionnellement importés d?Europe.
La mondialisation (dans le sens de l?intensification des échanges commerciaux) pousse chacun à développer ou, à l?instar de l?Europe, à renforcer sa présence. Ce terme, véritable leitmotiv qui a ponctué le sommet de la COI, peut à la fois être la source de tous les maux (pour les petites économies) ou de tous les bonheurs (pour les grandes puissances). Il est donc normal que chacun souhaite bénéficier de ces échanges intensifiés. LA question que l?on peut se poser : qui va en tirer le plus de profit, et comment ?
Publicité
Publicité
Les plus récents