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?C?est incroyable?
Il y a dix jours, Davide Rebellin était considéré comme un coureur de talent, mais condamné à rester dans l?ombre de ses illustres compatriotes italiens, Bettini, Bartoli, Petacchi et les autres. En trois classiques et autant de victoires, tout a changé. Le Véronais a écrit l?histoire. Retour sur la folle semaine de Rebellin.
Mal payé de son incontestable talent pendant sept ans, Davide Rebellin a été remboursé au-delà de ses espérances en l?espace de huit jours. Jamais, dans l?histoire du cyclisme, un coureur n?avait réussi ce tryptique Amstel-Flèche-Liège que l?on qualifiera d?ardennais, même si les puristes pourront chipoter sur l?appartenance du premier volet aux classiques dites ardennaises. Qu?importe. L?exploit est là. Il est colossal.
Certes, Rebellin ne peut être comparé à Eddy Merckx, vainqueur de quatre classiques printanières en 1973 et 1975. Ni même à Rick van Looy, auteur du triplé Paris-Roubaix, Tour des Flandres, Gand-Wevelgem en 1962. Mais en accrochant ses trois victoires en seulement une semaine, l?Italien a vraiment accompli une performance étonnante. ?Ce qui m?arrive est incroyable?, admet-il, incrédule.
Oubliées les frustrations, balayés les quolibets, il peut savourer son triple triomphe. Le héros ne se fait pas prier pour évoquer sa trilogie. ?Ces trois courses, j?y pense depuis des années. Comment classer ces victoires ? La première, c?est celle de la libération, depuis le temps que je passais de peu à côté. Je commençais à gamberger et cette victoire dans l?Amstel Gold Race a été très importante. La deuxième, la Flèche wallonne, c?est celle de la confirmation. La troisième, aujourd?hui, c?est celle de la réalisation, de l?accomplissement?, explique-t-il.
Plus encore que les deux précédentes, le leader de l?équipe Gerolsteiner tenait à accrocher la Doyenne. Outre sa forme, étincelante, il a été servi par les circonstances. ?Tout s?est passé de la façon que l?on pouvait espérer, confirme Rebellin. Au pied de la côte de Saint-Nicolas, nous étions encore très nombreux. Je n?ai pas gagné en faisant un numéro comme peuvent le faire des champions qui sortent aux 20-30 kilomètres. J?ai profité du travail des autres, mais j?étais sans doute le plus frais pour gagner au sprint.?
Après ce mois d?avril de rêve, le voilà solidement installé aux commandes de la Coupe du monde, à mi-parcours. ?Bien sûr que j?y pense. Mais la Coupe du monde, c?est fini pour un moment?, rappelle-t-il. D?ici la sixième manche, en août, le Véronais a d?autres chats à fouetter.
?Je vais me remettre au travail sans tarder pour le GP de Francfort, samedi prochain. Après, c?est le Giro. Je n?y vais pas pour faire de la figuration, même s?il est impossible pour moi de viser le classement général. J?aimerais gagner une étape et porter le maillot rose?, conclut celui que l?Italie accueillera peut-être, enfin, en héros. Un héros très discret...
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