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Cessons de tourner en rond

28 septembre 2006, 00:00

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Nous rechignons à payer de nouvelles taxes mais nous souhaitons toujours que l?Etat assure davantage de services. Nous ne nous soucions jamais de savoir comment le gouvernement fera pour équilibrer dépenses et recettes publiques. Ainsi, même quand il s?agit d?entreprendre des travaux d?infrastructures d?envergure, les dirigeants hésitent à demander un effort supplémentaire au contribuable.

Un exemple typique de ce dysfonctionnement est l?incapacité des gouvernements successifs à résoudre le problème de congestion routière dans la capitale. Il a manqué la volonté politique de réclamer un droit de péage pour entrer dans la capitale.

L?échec des pouvoirs publics à régler le problème de la congestion routière provoque un manque à gagner que les experts évaluent à Rs 1 milliard par an en raison de la perte de productivité et du carburant gaspillé. Les tergiversations sur un mode alternatif de transport ont duré des années.

Le gouvernement actuel vient de faire un choix clair et net en faveur d?une voie réservée aux autobus entre Curepipe et Port-Louis mais on peut craindre qu?un comportement irrationnel du contribuable fera éventuellement capoter le projet. Les décideurs sont convaincus que le ?Bus Way? est, pour des raisons économiques et sociales, le meilleur mode alternatif de transport. L?autre option aurait été le métro léger. Il est plus efficace et moderne mais un tel projet n?est ni réaliste ni réalisable. Le gouvernement a eu raison de ne pas nous engager dans une aventure prestigieuse mais ruineuse.

Le ?Bus Way? coûtera Rs 4 milliards, soit bien moins que le métro léger. De plus, le coût d?entretien de ce système est moins élevé que celui du métro léger. Sur le plan social, il a l?avantage d?accommoder les compagnies d?autobus existantes. Tous ces opérateurs historiques qui ont contribué au développement du transport en commun auraient été laissés sur la touche si l?option du métro léger avait été retenue. Ceux-ci vont devoir rehausser le niveau de leur flotte bien entendu mais ils seront partie prenante du nouveau projet, de même que leurs employés.

Le facteur imprévisible demeure l?attitude des automobilistes par rapport au péage. Or, le ?Bus Way? et le ?congestion pricing? sont complémentaires. L?un ne peut se faire sans l?autre. Cela ne servira à rien d?investir des milliards dans un mode alternatif de transport si les usagers préfèrent encore utiliser leur voiture particulière. Il faudra donc les en dissuader. Il n?y a qu?un moyen pour le faire : percevoir un droit de péage à l?entrée de la capitale. Comme l?expérience a démontré que les nouvelles taxes provoquent des réactions assez démesurées, ce n?est pas certain que le gouvernement arrivera à faire accepter l?inévitabilité d?un droit de péage.

Il est vrai qu?une étape cruciale a déjà été franchie. Un consensus a été obtenu parmi les techniciens, les décideurs publics, les bailleurs de fonds et les opérateurs privés locaux sur le ?Bus Way?. La clé du problème sera maintenant de faire sortir l?automobiliste de sa voiture pour utiliser le transport collectif et rendre viable le ?Bus Way?. Du reste, le montant du péage doit être assez lourd pour inciter à un changement de comportement.

?Bus Way?, péage et nouvelles infrastructures, dont une route circulaire pour désengorger la capitale : ce sont là les trois aspects d?un projet qui doit être exécuté comme un ensemble. Sinon, on tournera en rond.

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