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Ces terres si précieuses
«Nou sel pei kot donne bann pa zeometrik inestimab koum-sa a la lezer. Pou bizin mett ene lord ladan. » C?est le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui avait lancé cette boutade l?année dernière, peu après son arrivée au pouvoir. C?était lors d?une réunion regroupant ministres, hauts fonctionnaires et officiels du Board of Investment. Le raisonnement était simple : il va désormais falloir allouer les Pas géométriques avec parcimonie et moyennant les meilleurs termes financiers pour l?Etat.
C?est donc dans le contexte de la réorganisation de la gestion du patrimoine foncier du pays qu?une Land Management Scrutiny Mission a été menée à Maurice, de juillet à août 2005, par des experts australiens du Department of Land Information. Le rapport soumis en septembre a alors montré du doigt de nombreuses failles.
« Corruption, the undue influence of powerful people and improper political interference » figurent au nombre des défis majeurs à surmonter avant que notre système ne devienne efficace.
Plus loin, le rapport déplore le fait que ce soit le ministre des Terres qui décide le plus souvent d?allouer les Pas géométriques à bail, plutôt que de faire des appels d?offres publics. Les auteurs du rapport insistent : « The guidelines covering the allocation of land by this means are unclear, which creates opportunities for inappropriate allocation of valuable state land without public scrutiny. »
C?est dans une ambiance de remise en question de la politique d?allocation des Pas géométriques que le projet de Bel-Air refait surface fin 2005.
C?est « un projet intéressant » affirme-t-on au ministère des Finances. Mais certains détails font tiquer. « Allouer 104 arpents de pas géométriques à un promoteur n?est pas nécessairement souhaitable ou facile à faire, surtout quand on sait que cela pourrait ne rapporter que Rs 45 000 de location par an et par arpent ! », indique une source proche du BOI.
Alors qu?au Prime Minister?s Office, d?autres font remarquer que quand « Raffles et Oberoi » s?intéressent aux projets d?envergure à Maurice, il faut quand même essayer de voir comment on peut favoriser ces implantations.
Toutefois, ceux qui suivent le dossier Bel-Air s?accordent sur une chose : rien n?a été décidé. Si bien que les plus cyniques n?hésitent pas à dire que, malgré la tempête autour du projet, un prochain fast track committee pourrait éventuellement décider que le projet, dans sa forme actuelle, n?aura pas l?approbation officielle !
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