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Ces salles des fêtes qui jouent avec le feu

20 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un groupe de 250 personnes prises de panique, coincées dans une salle envahie par la fumée et les flammes, sans issue de secours? L?incident de dimanche soir à la salle Thow Hing, rue Etienne Pellereau à Port-Louis, aurait pu être lourd de conséquences.

Avec seulement quelques blessés, le pire a été évité? lorsque les invités n?ont pu s?enfuir qu?en brisant les vitres des fenêtres pour sauter sur le toit d?un garage. Car l?étage loué pour une soirée de collecte de fonds de l?Action familiale du Nord ne répondait pas au respect des normes exigées par les autorités.

Les recoupements indiquent que le sinistre a débuté par un court-circuit du compteur installé au rez-de-chaussée. Ce compteur était-il vétuste et y avait-il le moindre extincteur ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Des questions sans réponses complètes puisque le propriétaire, gérant du restaurant Chez Madeleine à Port-Louis, était injoignable hier.

Restent les réponses de la loi, de l?expertise et du bon sens. « Pour toute installation électrique, le critère prioritaire est moins la sécurité des bâtiments que celle de ses occupants», nous déclare un spécialiste de la protection contre les incendies.

«Vous savez aussi bien que moi que les règles en matière de câblage et autres dispositifs électriques existent mais sont très peu suivies», enchaîne l?expert, qui tient à l?anonymat, pour ne pas perdre ses contrats. Le problème de la sécurité est vaste.

«La réglementation, en accord avec l?Occupational Safety Health and Welfare Act, est insuffisante : dans une salle classique, pour les seuls extincteurs, vous aurez à vous équiper d?un modèle contenant 9,5 kilos de poudre ABC (NdlR : un agent extincteur) pour 200 mètres carrés.» Ce genre de normes est respecté par les importateurs « mais le matériel livré est souvent celui qui coûte le moins cher et est le moins performant». Des mots qui pèsent lourd si l?on tient compte que le temps de réaction pour circonscrire un sinistre de moindre envergure se mesure en fractions de secondes.

Les choses se corsent quand on a affaire à un immeuble qui n?est pas pourvu d?issue de secours. «En principe, le propriétaire de la salle Thow Hing n?aurait pas pu avoir le permis d?opérer car, depuis la loi de 1988, récemment révisée, aucun permis n?est accordé dans ces conditions», souligne une source des services d?incendie.

Stupeur? «Ce n?est pas la première fois que nous louons la salle. Cette fois, les fenêtres étaient verrouillées», nous indique une organisatrice de la collecte de dimanche. On peut d?ailleurs se demander comment une collecte a ainsi pu être organisée, puisqu?elle nécessite en principe l?aval de la municipalité.

Certificat hors-la-loi ?</B>

En l?absence du Town Clerk et du premier ingénieur de la ville, tous deux représentés par des suppléants, une version des autorités municipales était difficile à trouver hier, y compris celle du lord- maire. Mais une source de la mairie nous a précisé que les activités non organisées par la mairie elle-même devaient faire l?objet d?une demande officielle, auquel cas la mairie pouvait allouer un local de la municipalité ou un local reconnu par elle.

Précisons que pour opérer avec un permis en bonne et due forme, un propriétaire de salle doit s?acquitter d?un Fire Certificate délivré par les seuls Fire Services. Celui de la salle Thow Hing était-il donc hors-la-loi ? Chez les pompiers, notre source nous promet une enquête : «Je ne suis pas encore en mesure de vous confirmer si le bâtiment avait fait l?objet d?une recommandation des Fire Services, mais nous nous basons sur notre registre».

Le contrôle éventuel des inspecteurs se ferait aussi sur la base des renseignements qui leur sont communiqués?Conclusion : les membres de l?Action familiale de la région Nord auraient dû avoir exigé une vérification préalable. Question : avaient-ils seulement conscience du danger potentiel ?

Présentement, après le sinistre de dimanche, on dénombre deux personnes hospitalisées et huit autres intoxiquées. Une bien triste recette pour une collecte de fonds.

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