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Ces pétards qui échappent au contrôle

6 janvier 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

PAS FACILE pour un importateur de pétards d?obtenir le feu vert des autorités. Il lui faut soumettre son produit à une série de tests. Comment alors expliquer l?accident survenu à une habitante de Cap Malheureux qui a failli se voir arracher le pied en allumant la mèche d?un pétard ? Cela tient sans doute à la nature même de l?explosif. Malgré les contrôles, il reste un produit hautement dangereux.

C?est le Mauritius Standards Bureau (MSB) qui procède aux analyses d?échantillon avant toute importation. Tout importateur est tenu de faire parvenir au ministère du Commerce un échantillon du pétard ou du feu d?artifice qu?il compte importer. Cet échantillon est remis au MSB.

Les normes spécifient de quelle longueur la mèche doit être, établissent les produits autorisés pour la fabrication de ces explosifs et réglementent le temps qui doit s?écouler entre l?allumage et l?explosion. A ces tests sont présents un officier de la Special Mobile Force (SMF) et des représentants des sapeurs-pompiers, des commerçants et de l?association pour la protection des consommateurs.

Après avoir reçu le feu vert de ces autorités, le MSB complète le dossier et le réfère au ministère du Commerce qui prend la décision finale. Au moment où le conteneur arrive, le même procédé est déployé. Tout ce petit monde se concerte de nouveau pour déterminer si le produit importé est bien celui dont il avait approuvé l?échantillon. Mais là est le hic?

Selon le responsable du MSB, plusieurs échantillons des produits explosifs sont pris au hasard du conteneur par les techniciens du MSB, du ministère du Commerce, sous la supervision de la SMF pour être analysés. Le nombre d?échantillons dépend du tonnage de la cargaison. Ces produits seront mis en vente s?ils passent ce second test. Mais comme les pétards ne sont pas vérifiés un à un, il peut arriver qu?il y ait quelques surprises?

Asraf Caunhye se montre sceptique face à l?idée qu?un renforcement du contrôle puisse assurer une plus grande sécurité. ?Aucun pays au monde ne peut contrôler à 100 % la marchandise?, soutient-il. L?accident reste un risque car le produit lui-même est hautement dangereux.

ENQUÊTE

Les inspecteurs sur la brèche

  • Les inspecteurs du ministère du Commerce poursuivent leurs recherches visant à expliquer les causes de l?accident survenu à l?habitante de Cap Malheureux et la provenance du produit. Ils se sont rendus à la clinique du Nord où était hospitalisée jusqu?à lundi la victime pour interroger ses proches. Celle-ci a quitté dans l?après-midi de lundi le pays pour effectuer une greffe à l?île de la Réunion.

Du côté des deux principales firmes à commercialiser des explosifs, on garantit la qualité du produit. Alain Fok Chak, responsable de marketing de la firme Wing Tai Cheong, explique que depuis plus d?un siècle que son entreprise importe des pétards et feux d?artifice de Chine, elle n?a jamais enregistré de plaintes. Elle s?approvisionne auprès d?usines sûres. Ce n?est pas le cas de toutes, dit-il.

Alain Vallet, directeur de la firme Grays, distribue des produits qu?il fait venir également de Chine par le biais d?une firme française. Ils sont certifiés aux normes européennes, précise-t-il.

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