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Ces livres que l?on asphyxie

18 juillet 2007, 00:00

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Un noble geste. Mais comment cela va-t-il finir ? Cinq cents ouvrages. Ils font partie de la collection du Dr Alfred Orian. Ces livres ? à la fois des publications signées par le donateur et des ouvrages de référence sur la botanique, l?entomologie (l?étude des insectes) et la zoologie ? sont désormais la propriété de la Bibliothèque nationale (BN). La cérémonie de donation a eu lieu lundi.

Cinq cents ouvrages classés par sections sur une grande table couverte d?une nappe grenat. Cela, c?était la partie officielle. Mais une fois les invités partis, cette collection ira renforcer la section Mauriciana.

Et, du même coup, remettre sur le tapis la question de stockage et de préservation de documents à la BN. Yves Chan Kam Lon, directeur de la BN, l?a déjà dit. Ses locaux écartelés sur deux étages du Fon Sing Building (10 000 pieds carrés), à la rue Edith Cavell, sont largement insuffisants pour contenir une collection qui n?arrête pas de grandir. Au point où des étagères ont dû être installées dans les couloirs.

<B>Terrain à Ebène</B>

Le directeur reste tout de même résolument optimiste et affirme que la situation ?est sous contrôle?. L?une des solutions pour pallier le manque d?espace physique est le microfilmage. Travail de forçat qui consiste à photographier chaque document feuille par feuille. Le hic : ce procédé n?est utilisé que pour les journaux.

?C?est notre priorité parce qu?ils se dégradent très vite.? Avec l?équipe et les équipements réduits mis à la disposition de l?institution, ce procédé prendra plusieurs années, voire des décennies avant d?être complété. ?Il n?y a pas d?autre système?, insiste Yves Chan Kam Lon. Par ailleurs, le catalogue de la section Mauriciana, que va intégrer la collection Orian, est en ligne depuis août 2004.

L?espoir est ailleurs. Dans cette ?maison de la culture? inscrite au programme de l?actuel gouvernement. En 2005, le discours parlait du regroupement des Archives nationales, de la BN et de la National Art Gallery sous un seul toit. Hier, Mahendra Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture, a, lui, parlé du rassemblement de deux institutions : la Bibliothèque nationale et les Archives. Il précise: ?Nous avons déjà eu un terrain de trois arpents dans le triangle d?Ebène. Il reste maintenant à trouver les financements. Ce projet va coûter plus de Rs 300 millions. Nous avons entamé le lobby, notamment lors de ma récente visite en Chine.?

Yves Chan Kam Lon, lui, s?y voit déjà. Un bâtiment de sept étages, 13 000 mètres carrés pour abriter un lieu culturel, ?pas juste une bibliothèque mais aussi une cafétéria et un cinéma?. Tout cela fait partie des plans qu?il a soumis à son ministère de tutelle.

<B>Donations de personnalités</B>

En attendant, celui qui qualifie son budget d?acquisition d??insignifiant?, affirme préférer compter sur ?les relations humaines? pour enrichir les étagères de la BN. Lui, qui se vante d?avoir accueilli 50 000 utilisateurs depuis l?ouverture de la BN en décembre 1999, a reçu des donations importantes de personnalités telles que sir Satcam Boolell, sir Harold Walter, l?écrivain Abhimanyu Unnuth ou encore de la Society of Financial Analysts of Mauritius. ?L?année dernière, nous avons reçu une donation importante d?une valeur de Rs 1 million mais la personne a tenu à garder l?anonymat.?

La famille Orian, elle, (l?épouse Monique a fait le déplacement d?Australie et ses filles Véronique et Claudie venues de France), n?a pas raté l?occasion de saluer le Dr Alfred Orian qui, souffrant, n?a pu faire le déplacement. Claudie Orian a tenu à rappeler la contribution de cet entomologiste qui a identifié 119 espèces de cigales mauriciennes à une époque où seules 24 avaient été répertoriées. Diplômé en zoologie de l?université écossaise de St.-Andrews, docteur de philosophie de l?université de Londres, Alfred Orian a eu une brillante carrière d?agronome durant les 20 premières années de Maurice indépendante.

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