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Ces licenciés devenus chefs d?entreprise
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Ces licenciés devenus chefs d?entreprise
C?est la fin du monde. C?est ce que se disent souvent les employés des usines textiles et d?autres grands groupes du pays quand on leur annonce leur licenciement. Certains d?entre eux retrouvent un jour ou l?autre le chemin du travail. D?autres s?enlisent dans le chômage de longue durée et prennent du temps pour s?en sortir. Mais une poignée passe à la vitesse supérieure. Las d?être des employés, ils forment? leurs propres entreprises.
Mario Imbert est l?un de ceux qui ont eu la main heureuse. En 1998, il est licencié de chez AEL General Engineering, une filiale du groupe Rogers. Après 27 ans de bons et loyaux services dans la boîte, la pilule est dure à avaler. Mais il dispose d?une solide connaissance technique dans l?installation d?antennes de télé, dans la bureautique et les systèmes de vidéo surveillance. Son réseau de contacts, développé lors de ses visites chez les clients dans l?île est également un atout. Il se met alors à son compte, puis rejoint un partenaire au sein d?une autre entreprise. Pourtant, rien ne marche vraiment. « Je n?ai jamais perdu espoir. Je voulais absolument créer une entreprise », explique-t-il.
<B>Ne pas se laisser abattre</B>
C?est fin 2003 qu?il se donne les moyens de ses ambitions. Il s?associe avec d?anciens collègues d?AEL Engi-neering et lance sa propre boîte : Vacs Ltd. Cette dernière a quelques atouts dans sa manche : elle dispose par exemple d?une franchise de Fracarro, marque reconnue, dans la réception terrestre et satellite, la vidéo surveillance et les systèmes d?alarme pour Maurice.
En mars 2004 Vacs est sur les rails et développe ses activités. Elle devient même installateur agrée de MC Vision. Plus fort encore, Mario Imbert est ses associés comptent parmi leurs clients une bonne partie des hôtels du littoral qui utilisent alors leurs services en matière de réception satellitaire et de sonorisation !
D?autres ne se laissent pas non plus abattre. Licenciée de Summit Textiles en 2002, Gilberte Aubeeluck, n?a pas passé les deux dernières années à chômer.
« J?ai pris des cours de pâtisserie, en me disant que les gâteaux se vendent toujours », confie-t-elle. Après une formation à l?Industrial and Vocational Training Board, Gilberte Aubeeluck, décide de se lancer dans les affaires.
Elle ne va pas le faire seule, mais en collaboration avec d?autres licenciées du textile. Elles mettent en place Chemin Sud Multipurpose Cooperative Society. C?est une coopérative qui entend bien se lancer dans la pâtisserie, la fabrication de maquettes de bateau, l?artisanat et l?agriculture hydroponique.
Après six mois d?existence, la société compte déjà 58 membres, mais elle en est encore à ses balbutiements, à cause d?un manque de moyens techniques et de financement.
« Les aides institutionnelles existent », affirme, quant à lui, Vassan Appanah, le directeur de la Small and Medium Industries Development Organisation (Smido). Cet organisme donne des conseils personnalisés à ceux qui veulent se lancer dans les affaires. « Nous leur proposons des business plans simplifiés qui leur permettent de déterminer quels revenus et profits ils peuvent espérer avoir avec leurs projets. »
L?Export Processing Zones Develop-ment Authority (Epzda) propose aussi des formes de soutien similaires. Passée l?étape de la planification et du choix du créneau, l?apport financier redevient le facteur le plus important.
<B>La volonté qui fait défaut</B>
« À mon age, il a été difficile de satisfaire les critères que ma banque me demandait », se désole une licenciée qui voulait lancer sa propre petite entreprise. Plus que jamais le financement pose problème. La Development Bank of Mauritius est l?une des seules de l?île à avoir développé un plan favorable à la création de petites entreprises. Ainsi, avec un apport de Rs 25 000 une personne peut espérer développer ses activités en obtenant un prêt de Rs 50 000 de la DBM. « Nous comptons prendre avantage de ce genre de plans pour accélérer le développement de la coopérative », estime Gilberte Aubeeluck. Vacs a ainsi obtenu une partie du million de son capital de la DBM.
Mais au-delà du financement, c?est souvent la volonté même des licenciés de créer leurs propres entreprises qui fait défaut. « Nous recevons beaucoup de personnes lors de séminaires et d?autres réunions sur la création d?entreprises. Seuls 5 % d?entre eux finissent par se lancer », se désole Vassan Appanah.
Mario Imbert pense également que la volonté fait défaut. Mais ses conseils sont précieux : posséder les bonnes connaissances et techniques, ne pas se lancer à la hâte, ne pas s?attendre à réaliser d?énormes profits rapidement. Et faire preuve de persévérance. Des conseils à suivre.
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