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Ces diplômes que recherchent les patrons

2 février 2008, 20:00

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Ce n?est pas un simple morceau de papier, mais peut-être un véritable tremplin pour l?emploi. Dans un monde du travail en pleine ébullition, et qui doit répondre aux défis économiques, le diplôme est d?importance capitale. Aujourd?hui, le SC ou le HSC ne suffit plus pour faire carrière. La filière supérieure est impérative et les patrons sont, quant à eux, plus exigeants. « La formation professionnelle technique est une révolution dans le monde et à Maurice. Qui dit formation approfondie, dit meilleure productivité et performance accrue », indique Roland Dubois, le directeur de l?IVTB.

Pour Thierry Goder, manager chez DCDM Recruit-ment Services, les employeurs recherchent des diplômes pouvant apporter une valeur ajoutée à l?emploi, et qui se conjuguent avec le développement. Et là, les filières sont légion : « Il y a une affluence pour les professionnels maîtrisant bien une troisième langue. Idem pour les secteurs comme l?offshore, la banque, le tourisme et l?automatisation. Nous allons vers une économie technologiquement plus forte et il faut donc répondre à ces besoins. Si nous n?y arrivons pas, les entreprises étrangères, qui veulent de la main-d??uvre et qui font appel à nous pour le recrutement, iront voir ailleurs. D?où l?importance de la formation », affirme notre interlocuteur

Au-delà de la formation supérieure de base, la spécialisation est aussi un atout aux yeux des patrons. « Il nous faut davantage de formations de haut niveau, et ce, dans tous les secteurs », soutient, quant à lui, Hubert Gaspard, qui est psychologue du travail.

En médecine, en informatique, dans l?industrie, des spécialisations sont sollicitées. Par exemple, les ressources humaines présentent aujourd?hui de nouvelles opportunités dans le Talent Management, le Reward Specialist ; ce qui va bien au-delà de la simple gestion des relations de travail. « Les formations en Human Resource Management sont prisées par les employeurs et elles s?adaptent aux personnes qui sont déjà dans le monde du travail et qui progressent au fur et à mesure », affirme Abendra Patten, Training Manager à la Mauritius Employers? Federation.

Toutefois, le diplôme doit s?accompagner de connaissances, et non se résumer des qualifications sur le papier. « La formation universitaire est une bonne chose, mais elle doit aussi être mise en pratique. Ce qui fait la qualité d?un bon employé, c?est son expérience, sa faculté d?adaptation. La conjugaison des deux aide à mieux développer connaissances et compétences », déclare Couldip Basanta Lallah, directeur de l?International Financial Services (IFS). La formation sur le tas est donc toujours d?actualité. D?ailleurs, davantage de firmes encouragent leur personnel à reprendre leurs études et certaines les soutiennent financièrement pour que ces employés puissent mettre leurs aptitudes à jour et relever les nouveaux défis du travail.

CES CRENEAUX D?AVENIR

Finances

Banques et offshore, les piliers du secteur financier se diversifient. Dans le premier cas de figure, des professions comme IT Bank Specialist, analyste financier ou de crédit sont prisées. « Les Risk Managers et spécialistes du marketing et en stratégie sont également au goût du jour. En outre, on voit émerger d?autres postes dans le Wealth Management, qui consiste à conseiller pour les gros investissements », soutient Priya Ramluggun-Essoo, Training Manager à la Mauritius Commercial Bank (MCB). La diversification de ce domaine présente de nombreuses opportunités d?emploi et nécessite des formations de base, en continu, qui bénéficient du soutien de la banque. Pour ce qui est de l?offshore, les spécialisations sont aussi recherchées. « Au-delà de l?ACCA, des compétences spécifiques en fiscalité, en Corporate Finance sont sollicitées », affirme Couldip Basanta-Lallah, directeur de l?IFS.

Les formations : Dans le secteur bancaire, on peut entamer un diplôme en management dans les universités. Les spécialisations en IT, finance, marketing, Risk Management, Credit Analysis peuvent être effectuées en interne, ainsi qu?avec l?expertise étrangère. Pour l?offshore, les qualifications en ACCA sont un avantage. Toutefois, aucune institution exclusive ne dispense ces cours. Cela se fait à distance.

Il y a un projet d?instituer un organisme spécialisé. En mars, la Mauritius Employers? Federation (MEF) lancera des cours en ACCA. Et pour les spécialisations, elles doivent être suivies par correspondance.

COMMUNICATION ET GESTION

Faire de la relation publique et conseiller sur la gestion des entreprises : voilà les objectifs des agences de communication. Ce créneau connaît un boom depuis quelque temps. « Je vois plus de politiciens faisant campagne, d?artistes lançant un album, sans approcher les agences de communications pour être leur porte-parole. La gestion de l?image est prépondérante », soutient Aisha Mosaheb, directrice de Blast Communications. Mais dans l?exercice de cette profession, des spécialisations sont requises, telles que celles en films publicitaires et en audiovisuel, en Corporate Social Responsibility, Reputation Management, ou encore Crisis Management pour répondre aux différentes perspectives de la communication. Souvent, cette filière va de pair avec la gestion ou le management. Voilà un domaine qui ne se démode jamais, mais redore au contraire son blason. « Le management se scinde en plusieurs catégories. Nous effectuons davantage aujourd?hui la comptabilité d?expertise, l?International Taxation et la Global Business Administration. Nous allons vers la génération de l?administration des fonds et la gestion des investissements », précise Kamal Hawabhay, Managing Director de Global Wealth Management Solutions.

Les formations : Un BSc en Communication Studies est délivré à l?université de Maurice et au Charles Telfair Institute, alors que les spécialisations sont possibles en Europe et en Australie. Pour le management, des formations en ACCA ou Chartered Accounting sont recommandées.

Les entreprises offrent des coachings pour la spécialisation. Un BSc en Marketing, Accounting, ou Business Studies peut être entrepris à la MEF Management School.

SCIENCE ET MEDECINE

Faire carrière dans la médecine, c?est le rêve de beaucoup. Mais d?ici peu le marché sera saturé. Toutefois, il existe un besoin pour des médecins spécialistes en neurologie, en cardiopédiatrique, ou en anesthésie. « Des orthophonistes et physiothérapeutes, des spécialistes en ophtalmologie, des sages-femmes, des techniciens de laboratoire et des ingénieurs en biomédecine, sont des postes à combler », estime Isshack Jowahir, président de la Private Medical Practitioners? Association.

Et devenir vétérinaire, pourquoi pas ? « Sur 40 praticiens à Maurice, une douzaine va à la retraite dans quatre ans. De plus, le vétérinaire est demandé car les gens prennent plus soin de leurs animaux. Et puis le Mauritius Turf Club, les producteurs de poulet, de bétail, etc. auront toujours besoin des services des vétérinaires, sans compter qu?on se spécialise dans le seafood hub. Il y a définitivement des débouchés dans ce domaine », explique le vétérinaire Sam Naraina-Poullé. Pour cela, il faut juste compter cinq ans d?études dans une université à l?étranger. Autre domaine : la psychologie. « Les psychologues du travail, de l?environnement et de la criminologie sont nécessaires. Avec l?industrialisation, il est important de pouvoir compter sur ces professionnels qui peuvent utiliser leurs connaissances à bon escient », indique Jean-Bernard Sadien, président de l?Association des psychologues. Il y a aussi une demande de psychologues dans le milieu scolaire.

Les formations : La première étape est un diplôme en médecine (de sept à huit ans). Pour se spécialiser, on peut aller à l?université de Bordeaux. Des formations sont aussi dispensées par le Mauritius Institute of Health. La formation en psychologie dure environ cinq ans, avec l?obtention d?un Master. À la quatrième année, on débute sa spécialisation clinicienne. On peut suivre des études spécialisées dans plusieurs pays comme l?Angleterre, la France, l?Australie, l?Afrique du Sud, l?Inde ou les États-Unis.

DROIT

C?est également une filière qui attire. Mais aujourd?hui, les hommes (et femmes) de loi ne se limitent plus qu?à plaider en cour. Le droit se spécialise. « Par exemple, on peut s?atteler au droit spécialisé dans l?offshore, la banque, ou encore les assurances dans des entreprises privées. On sort du carcan traditionnel et on va plus vers le consultancy, ou le corporate », explique Me Gavin Glover. Selon lui, pour ceux qui entament leur LLB et qui ne peuvent le compléter, rien n?est perdu. Une nouvelle orientation va se dessiner : le Paralegal. « Ces jeunes qui ont une notion du droit pourront assister les avocats, comme les clercs d?avoués autrefois. Cela va se développer à Maurice », soutient-il.

Les formations : L?obtention d?un LLB est possible dans les instituts locaux et étrangers, et à distance. Pour les spécialisations, il faut des formations à l?étranger.

TECHNOLOGIE ET INFORMATIQUE

Les nouvelles opportunités dans ce secteur sont en pleine expansion. « Les professions émergentes sont les ingénieurs de réseaux, les intégrateurs de solutions. Des postes dans la banque, ou les assurances sont aussi à pourvoir », déclare Neemalen Gopal, Executive Director de Leal Informatics. Pour Marc Israël, responsable-partenaires de Microsoft océan Indien, « Les formations universitaires sont déconnectées du marché. Microsoft propose des programmes permettant d?inscrire des curriculum Microsoft au sein de programmes d?études, en ligne avec les besoins du marché. » L?automatisation prend aussi son envol. « Dans l?automobile, nous allons vers l?émergence de voitures automatiques. Et pour leur maintenance, il faut avoir des experts. Dans l?aviation ou le textile, nous sommes aussi en pleine automatisation », explique Roland Dubois.

Les formations : Vous pouvez commencer, par exemple, un BSc in Computer Science à l?université de Maurice, à l?université de Technologie, et au Charles Telfair Institute. Les spécialisations de Cisco et Microsoft peuvent ensuite être entamées. Pour l?automatisation, des formations sont dispensées dans les centres de l?IVTB.

TOURISME

Plus de deux millions de visiteurs attendus en 2015? un défi pour le tourisme. Face à ces enjeux, de nouvelles carrières se dessinent. « Parmi les métiers d?avenir on trouve les maîtres d?hôtel, majordomes, Villas Masters et managers, car avec le concept d?Integrated Resorts Schemes (IRS), ces professionnels doivent gérer les villas », confie Harmon Chellen, Training Center Manager de l?École hôtelière.

Le Golfing et le Spa Management sont aussi prometteurs : « Ces deux filières présentent des opportunités dans le leisure and entertainment ainsi que le wellness avec des Caddy Masters en Golfing, des Spa Mana-gers, des Thalasso Therapists. » Selon lui, le tourisme médical sera un autre créneau à exploiter : « Avec, entre autres, la venue de l?hôpital Apollo, cela permettra aux touristes de connaître l?île en se faisant soigner ».

Les formations : Après le HSC, on peut suivre, à l?École hôtelière et au Charles Telfair Institute des cours en Hotel Management ou Tourism Management. Il n?y a pas encore de spécialisation dans ces domaines à l?École hôtelière. L?institution prévoit la mise en place de formations en Resort Management et Spa Management prochainement. À l?université de Technologie, des formations en IRS peuvent être suivies.

SE RETROUVER PARMI TOUTES CES FORMATIONS

■ NTC/HND : Outre les détenteurs de la Form III. Les HSC holders peuvent aussi suivre ces formations de NTC III qui inculquent les notions pour les métiers liés à la supervision, maître d?hôtel par exemple, ainsi que d?autres plus avancées avec des diplômes ou un Higher National Diploma (HND) dans le Middle Management pour former des Restaurant Managers.

■ BA/BSc (Hons) : Le Bachelor of Arts dure trois ans ou plus.

On peut suivre un BA en musique ou en langues. Le Bachelor of Science (Bsc) équivaut, lui, à un BAC + 3 ou une licence professionnelle. Il existe plusieurs types de BSc, notamment ceux spécialisés en agriculture, économie, ou management. Cette formation, entamée après le HSC, dure de trois à quatre ans. Pour un diplôme en droit, on parle d?un LLB.

■ MSc : Le Master of Science, Master?s Degree in Science ou tout simplement Master?s, est l?équivalent d?un DESS ou d?un BAC + 5. Pour un Master spécialisé, le cursus s?étendra à une année supplémentaire. Ainsi, pour la gestion générale, on peut entamer un Master of Business Administration (MBA).

■ PHd : Le Philosophiæ doctor, est un diplôme universitaire équivalant à un BAC + 8 ou un doctorat, et conduit aux carrières dans la recherche.

QUESTION A HUBERT GASPARD, PSYCHOLOGUE DU TRAVAIL

« C?est l?homme qui fait le diplôme, et non l?inverse »

Que pensez-vous de la formation actuelle dans le monde du travail ?

De nos jours, la main-d??uvre devient de plus en plus qualifiée car la plupart des jeunes vont au-delà du collège. Ils passent souvent par une formation professionnelle « diplômante ». La tendance encourage les jeunes professionnels à penser que plus ils sont qualifiés, plus ils commenceront en haut dans l?échelle hiérarchique, voire salariale. En contrepartie, le diplômé avec un bon bagage académique n?est pas synonyme d?efficacité sur le terrain. Il aura peut-être la connaissance, mais pas forcément le savoir-faire et ni le savoir-être.

Le succès de nos futurs leaders et managers dépend beaucoup de ces deux derniers éléments. Davantage de formation est d?ailleurs plébiscitée pour développer le savoir-être des employés pour améliorer l?efficacité au travail. Mais il existe également des métiers qui nécessitent de la formation OJT (On the Job Trai-ning), avec ou sans grand bagage académique. Et c?est là tout le drame actuel de Maurice, car les jeunes préfèrent faire de grandes études et dévalorisent ce type de formation. Résultat : on fait venir de la main-d??uvre étrangère.

Y a-t-il des domaines professionnels émergents, nécessitant plus de formation de nos jours ?

Je pense là au domaine technologique. Une formation universitaire dans cette filière est nécessaire. La formation est importante pour standardiser les niveaux de services, ainsi que dans le milieu hôtelier où la qualité de la formation est primordiale pour maintenir un standard.

Et même si tous ces critères sont réunis, il y va de la qualité de l?apprenant.

Par exemple, le développeur ou le consultant est quelqu?un qui devra constamment se tenir au fait des nouveaux langages de programmation et des logiciels d?application. Les indicateurs de qualité sont la rapidité de la mise en opération de la connaissance acquise en milieu professionnel, la maturité de réflexion de l?apprenant dans son domaine d?expertise, l?exposition aux nouvelles pratiques et des best practices.

Quel encadrement donner à un nouvel employé qui débarque de l?université, et comment combler les lacunes ?

Tout employé qui se forme ne doit pas se contenter d?avoir un diplôme et réclamer ses droits à la compétence et à l?efficience. Comme l?affirme le dicton, c?est l?homme qui fait le diplôme et non l?inverse.

Donc, l?apprenant doit se servir de sa formation pour développer sa méthodologie de travail et de recher-che ; à rendre un travail dans un temps prescrit, à développer des aptitudes à travailler en groupe et à faire des présentations devant une audien-ce. En réalisant tout cela, un employé peut alors transcender le mythe de la connaissance et aller vers le développement du savoir-faire et du savoir-être.

Comment combler les lacunes ? En identifiant les training gaps des emplo-yés, diverses actions peuvent être entreprises. Cela va de la formation en interne, du peer-to-peer coaching, voire à une remise à niveau académique.

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