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Ces candidats au grand coeur et aux petits moyens

11 juin 2005, 00:00

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Dure réalité du terrain. «Vot independant gaspiye letan.» Le commentaire revient souvent, mais il n?a pas l?air d?atteindre les candidats. Carapace impénétrable, à l?image du coquillage de Robert Panglose. Ne cherchez plus. Oui, il est le cousin de Jacques Panglose, l?avocat qui se présente sous la bannière de l?Alliance sociale au n° 4, Port-Louis-Montagne Longue.

Robert Panglose lui, arpente les rues du n° 1, Grande-Rivière-Nord-Ouest et Port-Louis-Ouest. Surtout les parages de Baie-du Tombeau où il habite. Un optimisme à toute épreuve dans la voix, ce restaurateur de profession, «qui attend un permis depuis trois ans», a décidé de prendre les choses en main. De militer seul contre tous, pour une société améliorée. «Partout où je vais, les gens me demandent de l?emploi.» Pour lui, c?est là le c?ur du mal.

Alors, pour la deuxième fois, le citoyen Panglose a décidé de se présenter à une échéance électorale. «La première fois, c?était en l?an 2000, pour les municipales. J?étais candidat de l?Alliance Parti travailliste-Parti Mauricien Xavier Duval.» Il faut garder le sens des proportions. Surtout ne pas se mettre à comparer les moyens dont on a bénéficié la fois précédente, cela n?a rien à voir.

«Pas de difficulté sur le terrain»

Pas de meeting, pas de gros moyens. Juste sa voix, ses convictions, de la patience au quotidien. Technique privilégiée pour faire campagne : le porte-à-porte. Moyen de proximité qui alimente ses chances. «Les gens n?ont plus confiance dans les blocs.»

Rozy Khedoo aussi assure qu?elle a de «très grandes chances», au n° 5, Pamplemousses-Triolet. Candidate au sein du Parti de la Majorité, elle capitalise sur son passé de conseillère de village et de vice-présidente du conseil de district de Pamplemousses-Rivière-du-Rempart, son engagement régional entre 1992 et 1997.

Son combat : le sort des femmes, des «ti dimounn.» Oubliés les meetings. «Nous ne sommes pas là pour critiquer.» Juste pour constater que «la promesse des 30 % de représentation des femmes au Parlement n?a pas été tenue. à chaque journée de la femme, le discours est le même et il n?y a pas d?action. C?est à nous de faire avancer les choses.»

Pour changer le monde, Rozy va sur le terrain. Commence par son voisinage, étend sa tournée aux rues adjacentes avant de s?aventurer dans les villages avoisinants. La candidate qui «compte sur la majorité» use du porte-à porte depuis la mi-mai pour espérer arracher un siège. A l?écouter, Rozy n?est jamais découragée, jamais à court d?idée. «Les électeurs me connaissent déjà grâce à mon action de travailleuse sociale. Non, je n?ai pas rencontré de difficultés sur le terrain.»

Doux rêveurs ou souffrant de surdité aiguë, les candidats n?ont pas l?air de voir les sourires amusés, les moues moqueuses ou les dos simplement indifférents qui jonchent leur passage. Les indépendants présentent tous les symptômes de ces gens qui ont besoin de parler. De se raconter, de confronter la réalité et croire qu?on peut la changer.

«aret vot bloc, vot dimoun»

Parmi les engagés du scrutin du 3 juillet : Percy Yip Tong, indépendant en lice au n° 14, Savanne-Rivière-Noire. «Je suis un artiste allergique à la politique. Pou gagn pike ar moustik tou seki prend nou pou bann tikomik.» C?est avec de la slam ? poésie souvent spontanée récitée en rythme sur de la musique ? que le découvreur de talents entend toucher les électeurs de la circonscription où il habite.

Sa consigne : « aret vot blok, vot dimoun.» Tout en soignant sa côte fracturée dimanche lors d?un match de foot, Percy Yip Tong oublie instantanément la douleur pour s?insurger contre les candidatures de personnes qui ne sont pas de la circonscription. « Je trouve cela scandaleux, s?ils n?habitent pas le coin, ils n?ont pas l?amour de la région. Ils ne peuvent pas se battre pour elle. » Lui, n?oublie pas son score d?environ 1 500 voix, ce qui l?avait placé juste derrière les cadidats des deux blocs.

Fort de son expérience d?il y a cinq ans, où il avait fait « neuf meetings en onze jours», Percy Yip Tong a d?abord établi un programme en trois points : le mauricianisme, la défense de l?environnement, des attaques contre les ravages de la drogue et de l?alcool. «Mon ambition, c?est d?éliminer les poches de pauvreté. Je trouve cela aberrant qu?en 2005, des enfants n?aillent pas à l?école parce que les parents n?ont pas de quoi payer le transport.»

Pour apaiser cette sourde révolte, l?artiste en campagne s?est armé des textes de Kaya et d?Eric Triton. Sa devise : keep smiling. Un candidat qui ne manque ni d?humour, ni d?ironie. Au moment de déclarer son appartenance, Percy Yip Tong a opté pour la catégorie population générale. « Pour les clubs de foot, la loi interdit les appellations ethniques. Pourquoi pas en faire de même en politique ? »

Crier ses convictions en musique. L?artiste y a évidemment pensé. «Je rentre en studio ce week-end pour faire des CD. Cela va s?appeler : Radio Rivière Noire.» L?«indépendant réaliste» les diffusera lors de ses meetings, le dernier étant prévu ? s?il en obtient l?autorisation ? sur la plage de Tamarin. Pourquoi pas ? S?il s?agit de convaincre, autant mettre les gens à l?aise.

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