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Cercle vicieux
par Raj Meetarbhan
Cesserons-nous bientôt de tourner en rond pour passer aux actes en ce qui concerne la réforme électorale? En tout cas, l?espoir s?envole après la déclaration faite par le Premier ministre hier au Parlement. Ses propos laissent comprendre que le statu quo sera maintenu pendant son mandat. Ainsi, malgré les discours incantatoires des uns et des autres sur la nécessaire refonte d?un système électoral conçu il y a 40 ans, le changement n?aura pas lieu.
Parlant de l?application des recommandations de la commission Sachs, le Premier ministre réitère, hier, que ?the best way to proceed would be to reach as broad a consensus as possible among all stakeholders, including of course the Opposition??. On l?aura compris : la réforme est renvoyée aux calendes grecques. Si au bout de presque deux ans de son mandat le Premier ministre n?est pas en mesure de formuler ses propres propositions et de l?assumer, il y a, en effet, peu de chance qu?il se montre plus audacieux durant la deuxième moitié de son mandat.
Pourtant, la prise de décision par consensus ne sied pas au tempérament de Navin Ramgoolam. Son style, c?est la fermeté. Il l?a démontré encore récemment lors des débats sur le ?Sexual Offences Bill? quand il souhaitait à l?opposition MMM d?aller brûler en enfer. Il disait aussi que ?ce n?est pas au leader de suivre le troupeau mais au troupeau de suivre le leader?. S?il était fidèle à ses principes, il n?aurait pas dû invoquer l?excuse du consensus pour remettre à plus tard une réforme à laquelle il se dit favorable.
C?est cette même volonté de rechercher à tout prix le consensus qui était affichée par l?ancien Premier ministre, Paul Bérenger. Ce souci du consensus a fait capoter le projet de réforme annoncé sous le précédent gouvernement.
La position exprimée hier par Navin Ramgoolam constitue un recul par rapport à ce qu?il avait déclaré au Parlement peu après sa victoire aux législatives. Le mardi 15 novembre 2005, il se disait en faveur d?un "High-Powered Committee" qu?il devait lui-même présider. Ce comité allait étudier les moyens d?appliquer les recommandations du rapport Sachs. Hier, le Premier ministre n?a même pas fait mention de ce comité de haute instance, qui était perçu comme une approche concrète à la question.
Il y a une conjonction de facteurs favorables à la réforme qu?il ne faut pas rater. Non seulement, les grandes formations politiques sont en faveur de la représentation proportionnelle mais le parti au pouvoir compte en son sein un spécialiste de la question, Rama Sithanen. Le PTr, qui est de nature un parti méfiant, peut s?estimer à l?abri de toute surprise avec un tel politicien pour le conseiller.
Les dirigeants ont une grande responsabilité devant l?histoire. S?ils persistent à vouloir organiser des tables rondes pour rechercher le consensus, ils poursuivront un cercle vicieux.
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