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Cent neuf députés présentent leur démission

1 février 2004, 20:00

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UNE CENTAINE de députés réformateurs iraniens ont présenté hier leur démission pour protester contre l?invalidation par le Conseil des gardiens des candidatures de nombre d?entre eux aux élections législatives du 20 février prochain.

Le député réformateur Mohsen Mirdamadi a critiqué, dans un discours au Parlement retransmis en direct à la télévision nationale, la décision du Conseil des gardiens d?invalider plus de 2 000 candidatures en vue du scrutin de février. Il disait s?exprimer au nom d?au moins 108 députés ayant présenté leur démission.

?Ils veulent revêtir le corps difforme de la dictature du voile élégant de la démocratie?, a-t-il déclaré.

?Maintenant, les tenants du totalitarisme ont décidé d?éliminer les républicains, puis l?islam, en vidant le Parlement de sa susbstance. Nous n?avons pas d?autre choix que de démissionner.?

La polémique entourant ces élections a provoqué la crise politique la plus grave qu?ait connue l?Iran depuis des années, et suscité des inquiétudes quant à l?avenir de ce pays célébrant ce mois-ci le 25e anniversaire de sa révolution islamique.

Khamenei aura le dernier mot

Le président du Parlement, Mehdi Karroubi, a déclaré pour sa part aux parlementaires avoir reçu les lettres de démission de 109 députés. Ces démissions seront présentées à la présidence du Parlement qui les examinera au cours de la semaine, a-t-on appris auprès de députés.

Les alliés réformateurs du président Mohammad Khatami, au pouvoir depuis 1997, ont accusé la faction conservatrice ? qui se sert de ses prérogatives étendues pour empêcher l?adoption de réformes ? de tenter ainsi de confisquer le pouvoir à son seul profit.

?Une faction (politique) n?est pas soutenue par la population. Elle veut donc l?obtenir par la force, en se servant du Conseil des gardiens?, a déclaré Karroubi.

Les réformateurs avaient remporté en 2000 une majorité confortable au Parlement, qui compte 290 sièges. Parmi les candidats recalés pour le scrutin du 20 février, on compte 80 députés réformateurs.

La démission d?une centaine de députés risque de paralyser le Parlement, en raison du quorum (deux tiers des membres) requis pour la tenue d?une session.

Le ministre de l?Intérieur, Abdolvahed Mousavi-Lari, a estimé samedi que le scrutin manquerait de légitimité s?il devait se tenir en l?absence de tous les candidats recalés.

Mousavi-Lari, dont le ministère est chargé de superviser l?organisation des élections, a appelé le Conseil des gardiens, qui réunit 12 membres du clergé chiite conservateur, à consentir à un report de cette échéance électorale. De nombreux responsables gouvernementaux, et notamment des vice-présidents, ont menacé de démissionner eux aussi.

Mais Khatami, qui jusqu?ici a soigneusement évité toute confrontation directe avec les conservateurs, a exprimé l?espoir de résoudre le conflit par la négociation. Il a par ailleurs promis d?assurer qu?un scrutin équitable aurait bien lieu à la date prévue. Karroubi a fait savoir samedi soir qu?il avait, avec Khatami, pris de ?nouvelles mesures? visant à sortir de la crise.

Gare aux critiques

Sans fournir plus de précisions, il a appelé le guide suprême, l?ayatollah Ali Khamenei, à ?intervenir pour résoudre ce problème?.

Selon des analystes, Khamenei, soucieux d?éviter que les élections ne soient frappées du sceau de l?illégitimité et que la communauté internationale n?accentue ses critiques à l?encontre du régime iranien, pourrait user de son autorité auprès du Conseil des gardiens pour obtenir la réintégration de la plupart des candidatures rejetées.

Parinoosh Arami

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