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Cent ans pour un fonds de secours d?enseignants

3 août 2007, 00:00

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Le Government Teachers? Benevolent Fund (GTBF) existe-t-il toujours ? Si oui, il mérite d?être à l?honneur car il a célébré ou aurait dû célébrer son 125e anniversaire depuis le 1er juillet dernier. Si non, une commission d?enquête s?impose pour situer les responsabilités directes ou indirectes, et même médiatiques, dans la disparition, pendant le quart de siècle écoulé, de ce fonds de secours créé, le 1er juillet 1882, avec une soixantaine de membres. Il serait regrettable, en effet, que le GTBF soit, au mouvement associatif, ce que le défunt Cernéen est, sur papier, à notre presse écrite et libre.

Le 1er juillet 1882, une soixantaine d?instituteurs se réunissent pour créer un fonds de secours. Combien sont-ils d?instituteurs en 1882 ? pouvons-nous nous demander. A défaut de chiffres précis pour cette année, nous pouvons nous référer à ceux de 1876. Laissons de côté le collège Royal, situé alors à Port Louis (emplacement occupé abusivement par notre hôpital civil) et dont la liste du personnel tient sur une page et demie du Mauritius Almanac pour cette année. Le département des Ecoles d?Etat (et donc non confessionnelles) dispose d?une staff list de deux pages et demie. La première moitié est occupée par le surintendant des écoles, J. Comber Browne, ses deux assistants, dont un certain Jean Georges Boucherat, poète de son état, deux Masters (école normale et école centrale) et par deux inspecteurs. Une quarantaine de Masters (maîtres d?école ?) occupent la page suivante. Des noms connus, aujourd?hui encore dans le professorat, figurent déjà sur cette liste. C?est notamment le cas pour I. Némorin, G.A. Avice, F. Lebon, A. Rohan, J.H. Nayna, E. Augustin, J.A. Noé, G. Madge, N. Decotter, J. L?Etang, B. Melotte, J. Blackburn, A. Lamalétie, F. Bigaignon. Ils touchent entre Rs 360 et Rs 2 000 par... an, selon qu?ils ont été nommés en 1876 ou en 1846. Des Indian Masters au nombre de 22, les 35 maîtresses et les 23 assistants instituteurs occupent la dernière page de la liste du personnel enseignant pour l?année 1876. Les Indian Masters touchent entre Rs 180 et Rs 600 par an. Les maîtresses commencent à Rs 180 et les plus anciennes reçoivent jusqu?à Rs 1 500. Les assistants instituteurs sont à Rs 240 par an sauf pour une demi-douzaine d?entre eux qui sont déjà à Rs 360. On suppose qu?ils doivent attendre impatiemment leur promotion comme maîtres d?école au salaire annuel : Rs 360 à monter. (Tu parles d?une promotion !) Chez les Indian Masters, l?on retrouve déjà un Murday, un Moheeth, mais aussi un Abraham, un Manuel, un Moutou. Chez les assistants, il y a un Sauzier, un Bonnemaison (autre famille d?écrivains), un Lefébure, un Ternel, un Bell.

Si nos comptes sont exacts, le département des Ecoles compte donc environ 120 maîtres d?écoles, d?Indian Masters, de maîtresses et d?assistant instituteurs. La moitié d?entre eux comptent donc comme fondateurs du Government Teachers Benevolent Fund, en juillet 1882. Il s?agit d?un pourcentage d?employés syndiqués ou presque pouvant faire rêver nos fédérations syndicales et même clouer le bec à un ministre du Travail anti-syndicats.

Un siècle plus tard, la GTBF compte, comme membres, 767 instituteurs mais aussi des enseignants des collèges d?Etat car cette institution associative ouvre désormais ses portes aux membres du corps professoral autres que les instituteurs. En 1882, le GTBF dispose d?un fonds de Rs 412, soit un peu plus que le salaire annuel d?un instituteur titularisé. Un siècle plus tard, ce fonds s?élève à Rs 892 000, somme investie dans des dépôts fixes.

Interrogé par l?express, en 1982, le président du GTBF, M. Phoebus Bazerque, révèle que le fondateur, en 1882, de l?organisme, qu?il préside, est M. Walter Henri Ashley qu?on retrouve, en 1876, comme Master de la Normal School, ayant droit à un salaire annuel de Rs 3 000 soit dix fois supérieur à celui d?un maître d?école agréé. Il atteint cet échelon hiérarchique dans le corps professoral, le 8 décembre 1860. Le 1er juin 1862, il est promu Master of the Normal School. De mai 1867 à mai 1868 et de janvier 1875 à avril 1876, il assure l?intérim comme surintendant des Ecoles.

M. Bazerque est tout heureux de pouvoir confier à l?express que le GTBF est le premier organisme associatif à bénéficier du check off du gouvernement mauricien. Il obtient sa charte d?incorporation du gouverneur de Maurice, en 1929.

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