Publicité
Cehl Meeah, un retour agité
Au terme du premier round de l?interrogatoire de Cehl Meeah par la Major Crime Investigation Team (MCIT) de Curepipe, hier, un procès recevable (prima facie case) aurait été établi contre le prévenu. ?Sinon, le magistrat n?aurait pas fixé une caution aussi élevée pour sa remise en liberté conditionnelle?, a commenté pour l?express le surintendant de police Prem Raddhoa, chef de la MCIT.
Le magistrat Sami Jahamjeer, du tribunal de Port-Louis, a en effet fixé la caution à Rs 100 000. Cehl Meeah a également signé un engagement de Rs 150 000 et a ainsi pu retrouver la liberté conditionnelle, la police n?ayant pas formulé d?objection. Cette nouvelle a réjoui les proches de Cehl Meeah et ses sympathisants présents à la New Court House dans l?après-midi d?hier.
Au cours de son interrogatoire, Cehl Meeah a affirmé qu?il n?avait rien à voir avec le braquage de la bijouterie Bijoulux. Il a aussi affirmé qu?il n?a jamais été en possession d?objets volés au préjudice de la bijouterie. Aujourd?hui, il sera confronté aux différentes accusations portées contre lui par des suspects qui auraient participé à ce vol par effraction.
Cehl Meah a eu hier une très longue journée. Déjà, à sa sortie de l?aérogare, les choses ne se sont pas déroulées comme le prévoyaient certains. Il aurait été convenu, entre ses hommes de loi et la MCIT, que Cehl Meeah ne serait pas inquiété par la police à sa descente d?avion. Des sources indiquent qu?il allait pouvoir rentrer chez lui, récupérer de son voyage et se mettre, mais seulement le lendemain, à la disposition des enquêteurs.
?Respect des droits constitutionnels?
La police a toutefois décidé d?agir autrement. Elle a immédiatement interpellé le suspect à l?aéroport, l?a conduit directement au quartier général de la MCIT à Port-Louis et l?a interrogé dans la foulée sur le braquage de la bijouterie Bijoulux en août 2005.
En ce qui concerne le déroulement de cet interrogatoire, les avocats de Cehl Meeah, l?Anglais Nicolas Cook, Q.C. et son collègue du barreau mauricien, Raouf Gulbul, ont tous deux affirmé que les choses se sont passées ?de manière civilisée?. Attitude qui diffère de celle alléguée par le suspect lui-même au cours de l?enquête dans l?affaire de la rue Gorah Issac. Il assurait alors qu?il avait été brutalisé par le surintendant Raddhoa.
Nicolas Cook, en quittant la MCIT en compagnie de son collègue, a déclaré aux journalistes: ?Those who care for the welfare of Cehl Meeah must know that he has been well treated.? Ces propos ont été confirmés par Raouf Gulbul qui, lui, a évoqué ?le respect des droits constitutionnels? par la police. A propos de Prem Raddhoa, l?avocat Raouf Gulbul a déclaré : ?On doit reconnaître qu?il a été courtois et que mon client a eu une fair enquiry?. Le surintendant Raddhoa a lui aussi émis ses commentaires : ?La preuve est aujourd?hui donnée que Cehl Meeah n?avait aucune justification de s?exiler. Pa inn fini la ??
Aux Casernes centrales hier, les habitudes ont été quelque peu bousculées. Des ordres ?venus d?en haut? ont interdit aux visiteurs la porte d?accès donnant sur la rue Barracks. Les journalistes retardataires ne font pas exception, mais l?intervention du Police Press Office est efficace : ils peuvent entrer.
Dans la foule aux Casernes, on remarque la présence de Bilkis, l?épouse de Cehl Meeah. ?Ce n?est pas la première fois que je passe par une telle épreuve. Je suis heureuse qu?il ait mis fin à son exil pour venir prouver son innocence dans l?affaire dont on l?accuse?, dit-elle. La jeune femme a été autorisée à saluer son mari. Mais le contact a été bref. ?On n?a pu rien se dire, car il y avait des policiers présents. Juste dire comment ça va. La dernière fois que je l?ai vu remonte à dix mois, lorsque je me suis rendue en Arabie Saoudite.?
Pour Cehl Meah, c?est le temps des retrouvailles avec sa famille et ses partisans. Il les a rencontrés hier soir, au centre de conférences à Plaine-Verte.
Publicité
Publicité
Les plus récents