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Cehl Meeah blâme le PM pour avoir donné ?carte blanche? à Raddhoa
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Cehl Meeah blâme le PM pour avoir donné ?carte blanche? à Raddhoa
?Au lieu que le Premier ministre vinne céder devant l?influence sectaire pou donne M. Raddhoa carte blanche pou interroge moi, li encore capave rétracté.? Ces mots viennent d?une lettre de trois pages rédigée par Cehl Meeah, en créole, dans laquelle il rejette la proposition du gouvernement de rentrer au pays avec la promesse que ses droits seront respectés.
Les garanties que son interrogatoire sera fait dans une salle équipée de caméra vidéo n?y changent rien : le leader du Hizbullah refuse purement et simplement d?être interrogé par le surintendant de police (SP), Prem Raddhoa, et ses hommes.
Dans la lettre qu?il a fait parvenir à son avocat, Me Raouf Gulbul, et qui a aussi été remise au ministre de la Justice, Me Rama Valayden, Cehl Meeah (qui vit en exil avec sa famille chez un prince en Arabie saoudite) demande que le Premier ministre, qui a promis d?apporter un véritable changement dans le pays, ?donne le ton en commençant par la MCIT et son dossier de brutalités successives.?
Il raconte ainsi comment il aurait été ?torturé par l?équipe de la MCIT? dans l?affaire rue Gorah-Issac. ?I was savagely beaten from 11.00 a.m to 6 p.m avec préméditation, rage et vengeance, ce qui a occasionné trois côtes brisées.? Il a aussi cité le cas de Bernard Maigrot, suspect dans l?affaire Vanessa Lagesse qui aurait été brutalisé, de même, dit-il, que ses avocats par l?équipe de la MCIT, et la mort de Rajesh Ramlogun dans le cadre de l?enquête de la MCIT sur le meurtre de deux femmes à Lallmatie il y a quelques mois. Il est aussi revenu sur les confessions du dénommé Boolaky qui, sous serment, a allégué qu?il a été contraint à l?incriminer.
Tout cela pour dire sa certitude que quand la MCIT n?obtiendra pas satisfaction, elle va tout faire pour lui tirer les vers du nez et utiliser à nouveau l?artillerie lourde comme elle l?aurait fait dans le cadre de l?enquête sur l?affaire rue Gorah-Issac. ?Then missié la pas satisfait et li vinne enlève moi et mo la famille et zotte injecté moi avec ène piqûre mortelle (sida). Et après zotte pou dire qui li finne suicide li.?
Cehl Meeah déclare également que si le gouvernement est de bonne volonté, il doit instituer une enquête sur les ?brutalités? qu?il aurait subies et suspendre Prem Raddhoa pendant la durée de l?enquête.
?J?ai d?autres chats à fouetter?
Selon Me Gulbul, la balle est dans le camp du gouvernement. Il s?agit de résoudre un problème qui ne fait pas honneur à l?image de Maurice en ce qui concerne les droits de l?homme.
Il a, du reste, souligné qu?il est possible qu?une rencontre avec la presse soit organisée à son bureau à Port-Louis par vidéoconférence. Cehl Meeah pourra intervenir en direct et des questions pourront lui être posées.
Le principal concerné par ces attaques, le SP Prem Raddhoa, s?est, lui, refusé à tout commentaire hier soir. Mais il aurait laissé entendre à ses plus proches collaborateurs ?Cehl Meeah ne m?intéresse plus maintenant car j?ai d?autres chats à fouetter. Il y a des gens qui veulent tirer un capital politique dans cette affaire. Moi pas.?
RÉACTION
Cassam Uteem suggère de considérer la lettre de Meeah
■ Dans une lettre adressée lundi au Premier Ministre, Navin Ramgoolam, l?ancien président de la République, Cassam Uteem, suggère que le gouvernement considère comme urgente la requête de Cehl Meeah afin qu?il soit interrogé par un officier autre que Prem Raddhoa concernant le braquage de Bijoulux. Selon Cassam Uteem, cette condition est essentielle pour que Cehl Meeah retourne au pays. Cassam Uteem rappelle que durant l?interrogatoire de Cehl Meeah, il y a quelques années dans le sillage de l?enquête sur l?escadron de la mort, il avait subi des blessures et avait dû être admis pendant plusieurs jours à l?hôpital. Il avait accusé Prem Raddhoa de l?avoir brutalisé. Ce qu?avait nié ce dernier. Le SP Raddhoa ayant fait l?objet de plusieurs plaintes similaires ces dernières années, Cassam Uteem estime que la requête de Cehl Meeah est raisonnable. Il suggère donc que le commissaire de police la prenne en considération et délègue un officier de son choix pour interroger le leader du Front de solidarité national. Cela éviterait une mauvaise publicité pour Maurice au niveau international, ce qui serait le cas si l?homme obtenait l?asile politique.
L?ancien président de la République met aussi en garde contre les répercussions possibles au niveau local. Il parle de colère parmi les nombreux sympathisants de Cehl Meeah à Maurice et de la part d?autres partis politiques au sein du gouvernement.
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