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Ce que révèle l?ordinateur de MT
par Kursley THANAY
Un développement de taille est intervenu dans l?enquête de la commission anti-corruption sur les allégations de corruption portées contre le chief executive officer (CEO) de Mauritius Telecom (MT), Sarat Lallah. Une récente analyse du disque dur d?un ordinateur de MT saisi par les limiers de l?Independent Commission against Corruption (Icac) dans un des bureaux de la Telecom Tower a permis de récupérer un certain nombre de fichiers ayant trait à l?ébauche d?un contrat de service-traiteur faisant l?objet de cette enquête.
Toute cette affaire est partie d?une déposition du président de la Mauritius Telecom Employees Association (MTEA), Raj Rughoonauth, à l?Icac. Celui-ci allègue que le CEO de MT lui aurait proposé un contrat de service-traiteur de Rs 125 000 par mois pour son restaurant Bombay Masala, à Quatre-Bornes. Un contrat qui concernerait la fourniture de nourriture aux cantines de la Telecom Tower à Port-Louis et de la station de relais de Cassis.
Cette prétendue proposition aurait, selon Raj Rughoonauth, été faite par le CEO de MT dans son bureau en décembre dernier et enregistrée sur casette. Le président du syndicat aurait néanmoins décliné l?offre vu que, dit-il, les conditions étaient qu?en contrepartie, il devait quitter le poste de président du syndicat, se séparer de MT et cesser de «met baton dan la rou». Etant, dit-il, un homme de principe, il n?a pu accepter la proposition.
«Des preuves plus tangibles»
C?est grâce à une technologie de pointe en matière informatique que ces documents ont pu être récupérés. Ils avaient été effacés de la mémoire du disque dur de l?ordinateur. Les experts en informatique de l?Icac disposent en effet de logiciels pouvant restituer des fichiers effacés dans leur forme initiale. Les enquêteurs sont déjà en présence d?un rapport technique rédigé à la suite de l?examen de l?ordinateur de MT. Un exercice qui a eu lieu en présence de plusieurs officiers de la compagnie.
Les détails révélés au cours de l?analyse de l?ordinateur sont maintenant passés au crible car le logiciel permet également de livrer d?autres informations, dont la date et l?heure à laquelle les fichiers ont été effacés, modifiés, voire même imprimés. Ces fichiers constituent un volet majeur de l?enquête.
Les enquêteurs s?intéressent maintenant à la cassette sur laquelle aurait été enregistrée la conversation entre Sarat Lallah et Raj Raghoonauth, au cours de laquelle aurait justement été fait le «fameux deal».
Toutefois, nous apprenons que le président du syndicat n?a jusqu?ici pas produit la cassette à l?Icac. Interrogé hier, il a affirmé que cette cassette se veut être «son dernier recours» pour prouver ses dires. Il ajoute qu?il suit le «déroulement de l?enquête de l?Icac et qu?en temps et lieu il produira des preuves plus tangibles». Cette «pièce maîtresse» pourrait s?avérer déterminante quant à l?issue de l?enquête de la commission anti-corruption. Quoi qu?il en soit, le CEO de MT, mis en cause, n?a jusqu?ici pas été inquiété par les limiers de l?Icac. Interrogé par l?express à propos de l?allégation du président de la MTEA, Sarat Lallah a tout nié. «MT ne m?appartient pas et il y a des procédures avant d?accorder un contrat de catering. De quel droit puis-je octroyer un tel contrat à un assistant catering officer ?» Raj Rughoonauth, ajoute-t-il, aurait «une dent contre moi».
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