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Ce n?est pas le n° 19

15 décembre 2004, 00:00

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La candidature de Jayen Cuttaree au poste de directeur général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) semble mal partie. Même si on en est qu?au début de la campagne, les obstacles s?accumulent pour le candidat mauricien.

Pascal Lamy est venu jouer les trouble-fête. Jusqu?ici tout le monde pensait que les pays développés du Nord s?abstiendraient de présenter un candidat laissant le champ libre à un représentant des pays en développement. Avant l?annonce de la candidature de l?ancien commissaire européen au Commerce, il n?y avait que des postulants du Sud, notamment Maurice, le Brésil et l?Uruguay.

La démarche de l?Union européenne surprend. Est-ce une manière de défier les Etats-Unis qui n?a pas annoncé ni candidature ni préférence ? La Chine a, elle, confirmé son soutien au candidat brésilien, ce qui est normal entre membre du G 20.

Pour les initiés de la diplomatie internationale et proches de Pascal Lamy, la candidature de ce dernier est essentiellement attribuable à ses ambitions personnelles. Il se préparait à de très hautes responsabilités en France qui ne se sont pas concrétisées.

Sa candidature à l?OMC n?est pourtant pas la fin des haricots pour Jayen Cuttaree. La désignation du directeur général de l?OMC se décide par consensus. Le candidat recueillant le soutien d?une majorité des 146 membres de l?organisation l?emporte.

Ce soutien ne se décline pas individuellement pays par pays mais par bloc. Dans la conjoncture, Jayen Cuttaree est pratiquement déjà assuré du support du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) qui se décide d?ailleurs aujourd?hui.

Au-delà de la sympathie que le candidat Cuttaree peut générer parmi les pays amis, il faut aussi se demander s?il dispose des moyens logistiques et financiers pour mener sa campagne. Si une élection partielle peut coûter quelques dizaines de millions, combien sera nécessaire pour une campagne d?envergure internationale ? Genève ce n?est pas Stanley-Rose-Hill. Le soutien des ?camarades militants" ne suffira pas.

Aux dernières nouvelles, Jayen Cuttaree a payé de sa poche les photos pour illustrer son Website créé par des bénévoles. Le gouvernement mauricien peut-il se contenter d?accorder son soutien politique uniquement au candidat Jayen Cuttaree.

Dans cette joute, de quels moyens disposeront l?Union européenne ou des grands pays développés tels que la Chine ? Outre les moyens financiers proprement dit, il est évident que l?Union européenne, par exemple, disposera d?arguments commerciaux et économiques pour soutenir son candidat.

Le Bangladesh, pour ne prendre qu?un exemple, se souviendra que c?est grâce à ce qu?on appelle ?l?initiative Lamy? qu?il peut dorénavant exporter son textile en hors taxes sur le marché européen.

Face à ce ?marchandage? géopolitique, il y a ceux qui rétorquent que le directeur général de l?OMC n?a aucun pouvoir. A l?OMC, aucune décision n?est prise sans le consensus de tous les pays membres.

Cela dit, le directeur de l?OMC n?est pas un eunuque. Il faut se souvenir que l?actuel titulaire Supachai Panitchpakdi, a réussi à con-vaincre le Fonds monétaire international de la nécessité d?une assistance budgétaire pour les ?net food importing countries?.

S?il ne peut intervenir directement dans les négociations commerciales, le directeur de l?OMC demeure un interlocuteur écouté des instances multinationales. Mais il ne faut pas croire que Jayen Cuttaree à Genève pourra remettre en question l?abolition des quotas sur le textile.

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