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Casse-tête chinois

16 décembre 2007, 00:00

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Pourquoi le cabinet ministériel, quasiment pétri de la même farine anti-monopole, se retrouve divisé par rapport à l?offre des autorités chinoises ? Et en quoi des membres d?une organisation religieuse sont-ils qualifiés pour enquêter sur la qualité alimentaire de la farine chinoise ? Pour tenter des réponses, il faut risquer un voyage sur les eaux tumultueuses de la mondialisation à bord du radeau social mauricien?

Si le conseil des ministres nous donne cette impression d?être mal à l?aise avec la farine chinoise, surtout en l?absence du Premier ministre, c?est sans doute en raison des implications, très délicates, qui relèvent tant du socioreligieux domestique que de la diplomatie économique. En mots crus, entre une farine halal ou non et un « deal » intéressant sur le plan du prix, c?est un véritable casse-tête chinois pour Rashid Beebeejaun et consorts.

En fait nous ne disposons pas de compétences scientifiques pour déterminer de la qualité de cette farine et nous subissons les cris de putois des uns et des autres. Du coup le dossier de la farine prend des dimensions autres qu?économiques. Ce qui complique une situation déjà très tendue sur le cours mondial du blé.

Et le Mauricien, qui n?a en fait aucune prise sur la fluctuation du marché céréalier, s?affronte en deux camps pétris de doutes. L?irrationnel a déjà pris le dessus. Les préjugés cultivés, avec des engrais bien de chez nous, auront-ils le dessus sur le blé cultivé en Chine ? Les résultats à venir nous le démontreront.

Que peut faire le gouvernement mauricien ? Il n?y a pas 10 000 recettes pour la farine chinoise. Il y en a trois à notre avis indépendamment des résultats.

Soit, pour calmer des pressions internes et à la lumière des résultats obtenus, le gouvernement annule l?accord Jeetah, se met à la recherche d?une farine ethniquement correcte et partant, prend le risque de froisser les Chinois. Ce cas de figure risque de nous coûter cher en termes d?aides financière, technologique, infrastructurelle ou autre. L?irritation des Chinois sera terrible car ils mettent actuellement les bouchées doubles, en marge des Jeux Olympiques de 2008, pour accélérer leur mise aux normes sur les produits agricoles et dans le traitement des produits alimentaires, après des critiques de la communauté internationale.

Deuxième cas de figure, le gouvernement conclut l?accord en dépit des craintes exprimées, et là c?est une partie influente de la population qui risque de boycotter cette farine et ses produits dérivés. À charge pour le gouvernement d?importer alors une autre cargaison de farine halal de la Turquie ou ailleurs. Qui sera vendue dans un emballage différent que celle « Made in China ».

Dernière option, celle qui serait le véritable « face saving device », le gouvernement honore sa commande avec les Chinois mais demande aussi à LMLC de broyer une partie du blé qu?elle a déjà en stock. Tout le peuple arc-en-ciel s?y retrouvera ; les boulangers et les marchands de « dal puri » ne descendront pas dans la rue. Sur le plan économique, cela permettra à LMLC de minimiser ses pertes ou de supprimer des emplois. Le gouvernement pourrait ainsi mieux négocier l?utilisation des facilités de stockage de LMLC pour sa farine chinoise.

Malgré toute sa bonne volonté, Rajesh Jeetah se souviendra de 2007. Échaudé par le lait, il s?est jeté de tout son poids sur les barres de fer, avant de se rouler dans la farine. Ce n?est pas fini pour lui, le riz ration l?attend au tournant de la boutique STC.

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