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Carnet de route pour devenir le pilier
L?hôtellerie mauricienne se porte bien. Malgré les pires appréhensions, le secteur s?affirme de plus en plus comme un important pilier de l?économie du pays. L?objectif du ministre du tourisme et des opérateurs est même d?en faire le principal pilier. Toutefois, afin que le secteur se développe davantage, un ensemble de conditions doivent être réunies. Il y a d?abord un certain consensus à reconnaître que l?hôtellerie constitue l?épine dorsale de cette industrie. La distinction entre le tourisme et l?hôtellerie favorise l?élaboration d?un plan intégré du tourisme. C?est ce qui permet en fait de développer le label touristique mauricien en prenant avantage de ses différents atouts : plages, soleil, hospitalité mais aussi culture, modes de vie, nightlife?
Avec l?agrandissement et les développements planifiés du secteur, le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, craint un certain effritement dans la qualité. C?est la raison pour laquelle, afin de contrebalancer l?arrivée de nouveaux transporteurs, le ministre estime qu?il faut mettre l?accent sur la construction de nouveaux hôtels quatre et cinq-étoiles. Soit une manière de garantir le standard et le label.
C?est une vision des choses. Et cette politique semble emporter l?adhésion des opérateurs du secteur de l?hôtellerie. Le syndicaliste Amba Lutchoomanen, négociateur de Hotels and Restaurants Employees Union, confirme que c?est un secteur florissant. Malgré la menace terroriste et le tsunami, Maurice est demeurée une destination sûre. ?Maurice continue à être perçue comme faisant partie d?une zone refuge?, précise, en ce sens, Jean-Michel Pitot, président de l?Association des hôteliers et restaurants Ile Maurice (Ahrim). La confiance règne. Nicolas de Chalain, directeur de La Pirogue du groupe One & Only Resorts, constate que la majorité des hôtels sont remplis. ?Cela ne s?est pas produit depuis deux ans. L?avenir est prometteur?, enchaîne-t-il.
L?avenir est prometteur. Mais encore faut-il assurer la visibilité de la destination, le fonctionnement de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), la crédibilité d?Air Mauritius, l?image du pays et la qualité de la main-d??uvre.
Les opérateurs se montrent plutôt satisfaits de la visibilité de l?île à l?étranger. ?On n?est jamais satisfaits de la visibilité de Maurice. Il faut toujours être plus visible pour surclasser la compétition. La MTPA a fait des efforts financiers sur certains marchés, dont le marché français. Nous devons, pour notre part, dire à la MTPA qu?elle a bien fait mais qu?elle doit encore mieux faire. Cela veut dire passer à un budget plus important. Il ne faut pas lâcher le morceau, maintenir la pression?, explique, à cet effet, Jean-Michel Pitot.
Maintenir la pression sur d?autres fronts également. Avec l?objectif du gouvernement de nous ramener deux millions de touristes en 2010, cela implique la construction de quelque 1 500 à 2 000 nouvelles chambres d?ici trois ans. ?Cela implique aussi une amélioration infrastructurelle, dont le réseau routier, la sécurité, la protection de l?environnement??, précise Nicolas de Chalain.
Ce dernier met aussi l?accent sur le développement d?autres services de qualité. ?Que ce soit un hôtel deux ou cinq-étoiles, Maurice est arrivée à un niveau de qualité certain. Elle est reconnue comme une destination de qualité. Le défi consiste à la rendre attractive sur d?autres plans, dont le tourisme vert, et en termes d?animation culturelle et événementielle?, souligne Nicolas de Chalain. En un mot, il s?agit de faire en sorte que le touriste ne vient pas à Maurice seulement pour ses hôtels. ?Il vient prioritairement pour nos plages et le service hôtelier. Si on veut qu?il revienne, il faudra mettre l?accent sur nos gens, l?hospitalité, la sécurité et continuer à améliorer la beauté du site?, fait ressortir Nicolas de Chalain.
Abordant la question du seuil de tolérance, Nicolas de Chalain constate que tout en étant la moitié de Maurice en dimension, Singapour fait pourtant six fois plus de touristes. L?important est de faire en sorte que la population locale ne se sente pas lésée par le développement touristique. Jean-Michel Pitot, de son côté, plaide pour un développement qui prend pour modèles d?autres destinations qui ont réussi. ?Il nous faut nous inspirer de plusieurs pays. Par exemple aux Maldives, les groupes hôteliers peuvent prendre avantage de certaines infrastructures physiques de l?île.?
Emplois et formation
Autre difficulté à surmonter : celle de l?emploi et de la formation. 2 500 emplois directs et quelque 2 000 emplois indirects pour les quelque 10 000 chambres existantes. Il y a un vif intérêt des Mauriciens pour le secteur. Mais il est aussi vrai qu?il y a une grande mobilité et une surenchère au niveau des cadres. ?Il s?avère qu?en chaque début d?année, des employés tentent l?aventure ailleurs. Et le problème de la formation est entier?, confirme Jean-Michel Pitot qui s?empresse toutefois d?ajouter que ?les Mauriciens sont bosseurs, on a donné des leçons en ce sens?.
Même avis d?Arnaud Martin, directeur commercial à Sun Resorts : ?Le vivier est bon du fait que nous sommes bilingues et que nous bénéficions d?un taux d?alphabétisation relativement élevé. A présent, il importe de mettre en place davantage de structures pour la formation.?
Amba Lutchoomanen tempère quelque peu cet enthousiasme . ?Les conditions de travail n?ont pas évolué. C?est un secteur où les employés travaillent à des heures indues. Comme c?est un secteur porteur, il ne faut pas hypothéquer son avenir à cause de ce système de travail. Dans un certain nombre de groupes, les salaires sont restés les mêmes depuis quatre ans.?
Le potentiel est bien là. Désormais, il s?agit de transformer les rêves en réalité.
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