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Carlos Kleiber n?est plus

25 juillet 2004, 20:00

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Le chef d?orchestre autrichien Carlos Kleiber, dont on a appris la mort en Slovénie à l?âge de 74 ans, s?est montré tout au long d?une vie hors normes le digne fils de son père Erich Kleiber, grand chef d?orchestre autriche parti en exil en Argentine en 1937 par opposition au nazisme. L?intransigeance aura été le point commun entre le père et le fils. Directeur général de la musique de l?Opéra d?Etat de Berlin de 1923 à 1934, Erich Kleiber considéra de son devoir de s?opposer aux lois raciales des nazis. De retour en 1954, en Allemagne de l?est, il démissionna à nouveau de fonctions officielles, pour protester cette fois contre l?immixtion du pouvoir politique communiste dans le domaine artistique.

Carlos, né le 3 juillet 1930 à Berlin, avait hérité des certitudes de son père et surtout de son talent pour obtenir le meilleur d?un orchestre. On a écrit de lui qu?il avait ?l?inspiration dionysiaque? de l?Allemand Wilhelm Furtwaengler et le ?sens architectural? de l?Italien Arturo Toscanini, deux des chefs légendaires de la première moitié du XXème siècle. Le fils, cependant, à la différence du père qui se considérait comme un missionnaire du répertoire germanique, a refusé toute sa vie, au risque de vivre chichement, de se produire fréquemment. Ces dernières années, les activités à l?opéra et au concert de cet ?horloger des partitions?, de ce ?démiurge de la baguette?, s?étaient de plus en plus raréfiées. Vénéré par les musiciens, adoré par les mélomanes, il s?entourait de mystère, n?accordant aucune interview.

Sa légende commença alors à se bâtir. On racontait même que Carlos Kleiber attendait de constater le déficit de son compte en banque pour solliciter les organisateurs qui n?attendaient que cela. En deux concerts, ses finances étaient renflouées. Ses enregistrements chez Deutsche Grammophon, tant dans le domaine symphonique que dans le domaine lyrique (La Traviata de Verdi, le Freischutz de Weber), gardent témoignage de son élégance. C?est à Buenos Aires que Carlos Kleiber, pendant l?exil de son père, fait ses premières études musicales. Son père le rêve chimiste. Il persévère en musique et fait ses classes comme répétiteur et chef assistant à Dusseldorf, Stuttgart, Zurich, Munich. Cette dernière ville devait réussir à le retenir à l?Opéra d?Etat de Bavière, de même que l?Opéra et la Philharmonie de Vienne. Il fut moins présent à la Scala de Milan, au Covent Garden de Londres et au Festival de Bayreuth, où il dirigea cependant Tristan de Wagner de 1974 à 1976.

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