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Campements : des zones d’ombre inquiètent

12 juin 2006, 00:00

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Son campement pieds dans l’eau à Pointe-aux-Canonniers faisait sa fierté. Jusqu’à vendredi. Après le nouveau régime de taxation sur le bail des campements se trouvant sur les terres de l’Etat, Robert reste perplexe. Il en est de même pour de nombreux propriétaires de campements.

Robert n’est pas contre la philosophie de “payer” pour ce pri-vilège. Mais il “ne comprend pas comment l’on peut payer Rs 2,5 millions comme upfront premium, dépendant des zones, et quelque Rs 125 000 à Rs 250 000 annuellement alors que l’accord reste assujetti saux conditions d’un bail. C’est absurde. A moins que le paiement initial soit remboursé à un moment”.

D’autant que, selon lui, un terrain loué sous leasehold limite la marge de manœuvre. Dans les milieux proches du gouvernement, l’on affirme que les modalités restent à être finalisées, mais que dans un premier temps, il n’est pas question de faire de ceux qui choisissent de conserver leur bail des propriétaires du terrain. Mais ils ont la garantie que le bail sera renouvelé sur les trois termes de 20 ans. La période du bail est normalement de 60 ans.

Rama Sithanen a annoncé vendredi que les détenteurs de bail pour les campements (au nombre de plus de 1 500) ont désormais deux choix : laisser leur bail expirer avec le risque que l’Etat reprenne le terrain et puisse le vendre aux enchères ou alors adhérer au nouveau régime de taxation.

Si Robert reconnaît que le prix du bail est aujourd’hui dérisoire, il trouve “aberrante” la décision du gouvernement de ne pas renouveler le bail de ceux qui choisissent la première option. “Il a quand même investi beaucoup d’argent dans le bâtiment. Ce n’est pas normal que, quand le bail expire, le gouvernement fait ce qu’il veut avec le terrain. Quelle compensation est prévue ?”

<B>Résidences secondaires</B>

Dans les milieux du ministère du Logement, l’on soutient que le locataire construit à ses risques et périls. Le risque de tout raser pour offrir aux promoteurs désireux de faire un développement sur ces prime lands n’est pas exclu.

Mais comme il faut encore peaufiner la proposition, il serait prématuré de se prononcer sur les détails de ces modalités, avance-t-on. D’autres estiment que du fait qu’ils payent une somme dérisoire annuellement, ils ne peuvent s’attendre à des fleurs de la part de l’Etat à l’expiration du bail.

“Que feront les retraités qui ont eu de l’argent dans le passé et pour qui cette maison n’est pas une résidence ? Comme ils n’ont pas les Rs 2,5 millions, ils doivent accepter de continuer sur les mêmes modalités au risque de se faire jeter à la rue. A moins de réévaluer la maison et de négocier à partir de là”, lance le voisin de Robert.

Ils sont ainsi nombreux à utiliser ces campements ou leurs maisons comme résidences secondaires. De plus, il faut savoir que la plupart des baux existants expirent en 2020, certains en 2017 et d’autres encore en 2014. Ceux concernés ont six mois pour se décider.

Et ce sont les acheteurs qui doivent désormais faire preuve de prudence. La valeur des campements va prendre l’ascenseur mais ils doivent prendre en considération le fait qu’ils encourent le même risque que le détenteur du bail actuel. “S’ils achètent un campement en 2010 et que le bail expire en 2014, en achetant, il ne peut négocier de nouvelles conditions avec le Logement”, explique-t-on du côté du mi-nistère. Et l’upfront premium n’est pas non plus pour encourager ces acheteurs.

En attendant que les modalités soient définies, les autorités ont aussi en ligne de mire le prix des baux des terrains de chasse…

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