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Campagne pour l?abolition de la peine capitale

1 janvier 2006, 00:00

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Le vieux débat réclamant l?abolition de la peine de mort à Maurice est de nouveau relancé. Navin Ramgoolam et Paul Bérenger sont en présence d?une pétition lancée à l?initiative de la section mauricienne d?Amnesty International qui veut l?abolition totale de la peine de mort à Maurice.

« Maurice a suspendu la peine de mort depuis 1995. Cependant elle est toujours inscrite dans la Loi suprême du pays. Il nous faut abroger cette disposition de la Constitution » : Mirella Couronne, porte-parole d?Amnesty International Maurice, est on ne peut plus clair.

La suspension de la peine capitale à Maurice date de juillet 1995, quand le Premier ministre d?alors, sir Anerood Jugnauth, fit une alliance avec le Parti mauricien social démocrate (PMSD). Une des principales conditions posées par Xavier-Luc Duval (XLD) pour son entrée au gouvernement était l?abolition de la peine capitale. Homme convaincu de l?effet dissuasif de la peine capitale, SAJ devait trouver la parade pour satisfaire XLD : The Abolition of the Death Penalty Act de 1995 qui ne fait que commuer toute peine capitale en prison à vie.

<B>Un projet de loi pour enlever cette disposition</B>

L?alinéa 4 (a) de la Constitution, que les militants d?Amnesty International et divers ONG et artistes veulent voir abrogée, permet le recours à la peine de mort « in the execution of a sentence of Court in respect of a criminal offense of which he has been convicted ». Les signataires de cette pétition réclament que les autorités proposent un projet de loi pour enlever cette disposition de notre Constitution.

Abolitionniste convaincu, Navin Ramgoolam, avait, en 1995, comme leader de l?opposition, soutenu la motion de SAJ, tout en souhaitant, comme James Burty David et XLD, que la peine capitale ne soit pas que suspendue. Paul Bérenger, alors dans l?opposition, après la rupture de son alliance avec le MSM, avait surpris tout le monde en déclarant que « le MMM en tant que parti n?avait jamais été contre la peine de mort ».

Ce qui devait lui attirer de nombreuses critiques de plusieurs milieux quant à sa position « rétrograde ».

Les débats parlementaires furent néanmoins passionnés, la grosse surprise étant le nombre de députés défendant la peine capitale. Rajesh Bhagwan à leur tête.

Presque dix ans après, quelle sera la position qu?adopteront aujourd?hui nos élus ? Sauf SAJ, les principaux protagonistes de 1995 sont toujours au Parlement. De plus, la position des nombreux jeunes parlementaires ? Neeta Deerpalsingh, Natin Varma, Sekar Naidu? ? sur cette question sera également intéressante à suivre.

Ces dernières années, seul Étienne Sinatambou, ministre des Technologies informatiques, a plusieurs fois publiquement réclamé l?abrogation de l?alinéa 4 (a) de la Constitution. Une chose est sûre : cette question risque de diviser et la majorité et l?opposition au Parlement, les « faucons » surfant sur l?insécurité étant équitablement partagés dans les deux camps.

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