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Calme exemplaire pour les élections

11 juin 2007, 00:00

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Les élections législatives du 11 juin 1982 se déroulent dans un calme extraordinaire, même si tout laisse croire qu?une majorité de votants ont choisi le... changement, une recette électorale qui continue à l?emporter sur la continuité (sauf en France). Le taux de participation est même meilleure que pour la présidentielle française 2007, opposant Sarkozy à Ségolène Royal, et qui émerveille tant de Mauriciens et non des moindres. Il avoisine, en effet, les 90% contre seulement 85% en France DOM-TOM.

Le temps n?était pourtant pas de la partie. Abominable à souhait. De quoi rafraîchir en place toute hausse anormale de température électorale. A-t-on idée aussi d?organiser des élections à la mi-juin ! Pourquoi pas début juillet pendant qu?on y est ! Ces élections hivernales donnent lieu toutefois à un folklore électoral des plus pittoresques. C?est à qui retirera des placards, non pas des squelettes, mais un assortiment de tricots, de pull-overs, de chandails, de sweaters les uns plus ringards que les autres, le tout accompagné de foulards à deux tours (non de vote mais du cou), de casquettes de gentlemen-farmers, avec ou sans protège-oreilles, permettant aux candidats, battant la campagne électorale, de ressembler à de vrais frigo boys. Ce mauvais temps, avec brouillard même par endroits (probablement travaillistes), rend encore plus réjouissant ce taux de participation de là-haut 90%.

A la fermeture des bureaux de vote, l?optimisme le plus complet prévaut dans le camp du MMM-PSM, tandis que celui du Parti travailliste et de ses satellites alliés affiche une morosité à l?image du temps exécrable.

La journée du 11 juin 1982 est meilleure en tout cas pour Anerood Jugnauth que pour Seewoosagur Ramgoolam. A Triolet, des électeurs tentent même d?humilier le Père de la Nation mauricienne. A Piton-Rivière du Rempart (No 7), en revanche, le leader mauve, au volant d?une Toyota BS 722, reçoit, dans chaque localité, un accueil délirant. Le domicile de Mahen Utchanah lui sert de quartier général. Il passe sans cesse d?un bureau de vote à un autre. SSR reste également sur le terrain pendant toute la journée. Il paraît toutefois contracté et inquiet. Il s?irrite de la protestation de Koonjoo, s?élevant contre le fait qu?on lui permet d?accéder en voiture dans l?enceinte des bureaux de vote. Il est encore Premier ministre, fait-il remarquer.

Dans la capitale, c?est la course d?un seul cheval. Tout porte à croire que le MMM-PSM rééditera l?exploit du 12-0 du 20 décembre 1976. La police ne s?en revient pas du calme prévalant sur Port-Louis pendant cette journée électorale. Les bagarres du 7 août 1967 sont loin dans le temps. Et nul ne pense encore à la fusillade de la rue Gorah-Issac du 26 octobre 1996. L?organisation est définitivement meilleure dans le camp mauve et blanc.

A l?Est, Satcam Boolell se montre soucieux et Kher Jagatsing préoccupé. Leurs agents gardent heureusement bon espoir. Les deux blocs en présence font preuve d?une grande tolérance mutuelle, allant parfois jusqu?à l?entraide. Quelques mètres séparent parfois les tables d?agents opposés. On ne note pourtant aucun incident. Boolell se console comme il peut en remarquant qu?en 1982, il y a eu moins d?hypocrisie qu?en décembre 1976. C?est toujours cela de gagné.

A Moka-Quartier Militaire, Sir Veerasamy Ringadoo se console comme il peut, en faisant remarquer que même Winston Churchill et Indira Gandhi ont, un jour ou l?autre, mordu la poussière. Des candidats indépendants font remarquer que le MMM-PSM a course gagnée et que le PTr fine fonne. Le brouillard y est, il est vrai, intense.

Mahébourg se pavoise de mauve et de blanc. Cela ne surprend guère le président du PTr, James Burty David car, dit-il, ces deux partis sont ?grassement financés?. Le seul candidat mauve à faire triste figure est Lutchmeeparsad Ramsahok. En fait, il est extrêmement fatigué ayant été sur la brèche pendant les dernières

48 heures, n?ayant même pas pris la peine de se restaurer. Le coup de barre n?est pas loin. A Rose-Belle, il n?y a que le candidat rouge K. Bhorra à croire encore à un 3-0 en faveur du PAN. Il ne sait pas ce qui lui pend au nez.

A Rivière-des-Anguilles, Harish Boodhoo a ratissé le terrain à plusieurs reprises. C?est dire qu?il ne reste même pas des miettes pour ses adversaires. Swalay Kasenally parle même de raz-de-marée mauve et blanc, sans se douter, bien sûr, de l?effroi que ce terme suscite 25 ans après.

A Quatre-Bornes, Marc Hein, candidat PMSD, constate avec amertume : ?Nous disposons de 19 voitures contre 125 au MMM?. C?est dire que les carottes sont cuites ou encore que ?les dès sont jetés?, comme l?observe le latiniste R. Naïck. Il dit à Raj Mathur qu?il a supplanté sur la liste rouge : ?Rèzement to pas fine rentre dans sa galère-là? !

A 17 heures, Bérenger rentre d?une tournée dans 16 circonscriptions. Il conclut que ce sera serré dans seulement deux ou trois circonscriptions. Jugnauth pronostique 49 sièges à monter. Il n?y a plus qu?à casse boîtes.

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