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Cadavre encombrant pour quatre policiers

16 décembre 2007, 00:00

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Auteur d?un accident de la route, Boabul Molshankarisingh, policier affecté au poste de Chemin-Grenier, a fait croire à un hit and run. Le constable est allé jusqu?à consigner une fausse déposition, expliquant qu?il a découvert le corps, alors qu?il était en patrouille. Le pot aux roses a été découvert grâce aux témoignages de personnes qui ont assisté à la scène. La victime, Kandool Ananda Govindasamy, âgé de 45 ans, revenait de chez son fils dans la nuit de mardi à mercredi quand elle a été fauchée par une voiture de police.

Boabul Molshankarisingh, qui était en compagnie de trois autres policiers, n?a pu s?arrêter à temps et a écrasé une nouvelle fois la victime, qui gisait à terre. Les policiers n?ont pu que constater que Kandool Ananda Govindasamy, un laboureur, était coincé sous le véhicule. Les policiers décident alors de surélever le véhicule à l?aide d?un vérin pour pouvoir extraire le corps de ce dernier de sous les roues. Il est alors transporté d?urgence à l?hôpital de Souillac. Les médecins de service ce soir-là ne pourront toutefois que constater son décès.

De retour au poste de police de Chemin-Grenier, Boabul Molshankarisingh donne un témoignage différent de l?accident. Le policier explique, en effet, qu?il a découvert la victime, gisant inconsciente sur le bas-côté de la route, alors qu?il était en patrouille. Selon lui, Kandool Ananda Govindasamy aurait été heurté par une voiture qui ne se serait pas arrêtée. Il conclut donc à un hit and run.

Les choses auraient pu en rester là si des passants, témoins de la scène, n?avaient pas alerté la police. Devant les témoignages indiquant que c?est un véhicule de la police qui aurait été impliqué dans l?accident, les enquêteurs se rendent au poste de Chemin-Grenier pour y consulter le registre de garde. Ils identifient donc le policier de garde ce jour-là et saisissent le véhicule. Ce dernier est aussitôt examiné par la police scientifique qui découvre des traces de sang sur les roues. Les enquêteurs n?ont, dès lors, plus aucun doute quant à l?implication de l?officier Boabul Molshankarisingh dans cet accident mortel.

Accepté de couvrir son collègue</B>

Ce dernier, ainsi que les autres occupants de la voiture sont aussitôt arrêtés et interrogés. Les trois passagers ont, pour leur part, expliqué n?avoir pas été au courant des agissements de leur collègue. Selon leurs dires, ils n?auraient pas été présents quand le constable Boabul Molshankarisingh a consigné sa déposition. Les trois passagers ont été autorisés à regagner leurs domiciles à la suite de leur interrogatoire.

Le constable Boabul Molshankarisingh a, quant à lui, été présenté au tribunal de Souillac jeudi sous une accusation provisoire d?homicide involontaire par imprudence. Il a été relâché, après s?être acquitté d?une caution de Rs 8 000 et avoir signé une reconnaissance de dette de Rs 100 000.

« Cette attitude n?est clairement pas digne d?un policier dont le rôle est d?assurer la sécurité de ses concitoyens », explique un haut gradé de la police. L?image de la police, déjà égratignée par les récentes allégations à l?encontre de certains membres la Major Crime Investigation Team, en prend un coup. Les enquêteurs comptent, par ailleurs, entendre le policier de service qui s?est chargé de recueillir la déposition du constable Molshankarisingh sur les circonstances de l?accident. Ils pensent, en effet, qu?il pourrait avoir accepté de couvrir son collègue.

Du côté des proches de la victime à Chamouny, l?on ne s?explique pas l?attitude de ce policier qui a tenté de se désengager de sa responsabilité. « Si on ne peut même plus faire confiance à un policier, alors on ne peut faire confiance à personne », laissent entendre, unanimes, les amis de la victime.

Marié et père d?un enfant, Kandool Ananda Govindasamy, qui vivait de petits boulots, s?était séparé de son épouse il y a quelques mois. Entretenant toujours de bonnes relations avec son ex-femme, Kandool se rendait régulièrement chez elle, à Camp-Charlot, pour rendre visite à son fils. « Être séparé de son fils l?avait beaucoup affecté. Il lui rendait visite dès qu?il le pouvait.

Ces deux-là s?adoraient », explique un proche de la famille, visiblement affecté par cette disparition soudaine.

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