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Côte d''Ivoire : la presse internationale juge "néo-coloniale" l''action de la France

11 avril 2011, 20:00

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Côte d''Ivoire : la presse internationale juge "néo-coloniale" l''action de la France

Les autorités françaises multiplient les déclarations démentant avoir délogé l''''ancien président, mais pour la presse internationale, le rôle de la France dans la sortie du conflit ivoirien est indéniable, écrit LeMonde.fr ce mardi, dans une revue de presse dont voici l’essentiel.

"Que les bottes françaises aient foulé le sol du palais présidentiel ou pas, il est clair que les militaires français ont fait basculer la lutte pour le pouvoir en faveur de Ouattara" estime John Lichfield du journal The Independent.

Pour le quotidien britannique, la position de la France était décidée avant même l''arbitrage de l''ONU et de la communauté internationale, qui ont déclaré Alassane Ouattara président élu. The Indepemdent rappelle que  c''est Nicolas Sarkozy, lorsqu''il était maire de Neuilly, qui a marié le couple Ouattara. "Paris avait perdu patience avec Gbagbo depuis des années", croit savoir le journal, pour qui le rôle de la France en Côte d''Ivoire se résume à la "sale habitude" de la "Françafrique".

L''analyse est partagée par El País,  le journal espagnol, qui soutient que cette guerre en Côte d''Ivoire est un héritage du passé colonial.  Sous le couvert de l''ONU, Nicolas Sarkozy a joué le "rôle de gendarme néo-colonial", commente El País. "Sarkozy a suivi la crise de très près en communiquant régulièrement avec Outtara par téléphone", souligne le journal.

Selon le Guardian, l''intervention en Côte d''Ivoire est surtout une aubaine électorale pour Nicolas Sarkozy. "A un an des élections présidentielles – et avec une cote de popularité au plus bas – Sarkzoy devait faire quelque chose. Ces dernières semaines, Sarkozy s''est miraculeusement relevé des échecs diplomatiques de la France en Afrique du Nord," , analyse le quotidien britannique.

UNE AIDE EMBARRASANTE

L''intervention de la France dans la crise ivoirienne pourrait coûter cher à Ouattara, estime de son côté Ishaan Tharoor, du magazine Time :   "Ouattara devra se défaire de l''étiquette de marionnette de la communauté internationale et surtout de la France, que ses opposants essaient de lui coller".

Pour sa part, le New York Times prévient  que l''arrestation de Laurent Gbagbo ne signe pas la fin de la crise. Les frappes aériennes de l''ONU et de la France "vont nourrir la colère des pro-Gbagbo, mus par un sentiment anti-occidental", selon  le quotidien américain.

Elizabeth Dickinson, de la revue Foreign Policy, citée par le magazine Time conclut : "Quoi qu''il en soit, Ouattara va devoir travailler dur pendant les premiers jours pour montrer qu''il n''est pas inféodé à l''Elysée."

 

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