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Côte d’Ivoire : la France et l’ONU interviennent dans la guerre civile

4 avril 2011, 20:00

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Côte d’Ivoire : la France  et l’ONU interviennent  dans la guerre civile

La France a autorisé ses unités présentes en Côte d''''Ivoire à intervenir aux côtés de l''opération de l''Onu (Onuci) pour neutraliser des armes lourdes de l''armée de Gbagbo « utilisées contre des populations civiles ».

Dans un communiqué, l''Elysée précise que cette intervention répond à une requête du secrétaire général de l''Onu Ban Ki-moon, qui a sollicité l''aide de la France dans une lettre à Nicolas Sarkozy. Dans la journée de lundi, l''état-major des armées avait annoncé l''envoi de 150 soldats supplémentaires en Côte d''Ivoire, portant à 1 650 hommes l''effectif de sa mission Licorne sur place.

Ban Ki-moon a lui-même publié un communiqué où il dit avoir demandé à l''Onuci de "prendre les mesures nécessaires pour prévenir l''utilisation d''armes lourdes contre la population civile" avec le soutien de troupes françaises. Il souligne que l''Onuci "n''est pas partie au conflit" et qu''elle est entrée en action "par légitime défense et pour protéger les civils".

Alain Le Roy, responsable des opérations de maintien de la paix de l''Onu, a confirmé que les casques bleus avaient tiré à l''arme lourde, parfois très près de la résidence présidentielle.  Le quartier général de l''Onuci, a-t-il justifié, a été continuellement attaqué par les forces fidèles à Laurent Gbagbo, tout comme les convois chargés de l''évacuation des blessés ou de patrouiller dans les rues d''Abidjan.

Ainsi, des missiles tirés par les hélicoptères de l''Onu se sont abattus sur des bases militaires des Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à Laurent Gbagbo, rapportent des témoins. Sa résidence, qui se trouve dans le quartier de Cocody, a également été prise pour cible, a déclaré à Reuters son conseiller Alain Toussaint.

De leur côté, les forces d''Alassane Ouattara, qui disent avoir lancé leur "assaut final" à Abidjan, ont annoncé lundi la prise de la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Explosions et tirs d''artillerie ont retenti lundi aux abords du palais présidentiel.  Un porte-parole du gouvernement d''Alassane Ouattara a par la suite assuré que la résidence due Laurent Gbagbo  était tombée aux mains des forces fidèles à Ouattara. L''information, invérifiable, a toutefois été démentie de source proche des FDS.

Plusieurs milliers de combattants pro-Ouattara ont pénétré dans Abidjan durant le week-end par le nord avec un convoi de véhicules de transport, de camions équipés de mitrailleuses lourdes et de 4x4 remplis d''hommes munis de Kalachnikov et de lance-roquettes. Leur commandant, Issiaka "Wattao" Ouattara, a déclaré à Reuters qu''il disposait de 4 000 hommes auxquels s''ajouteraient 5 000 hommes déjà dans la ville. A la question de savoir combien de temps pourrait durer l''offensive, il a répondu: "On sait quand ça commence, mais il pourrait falloir 48 heures pour nettoyer proprement (la ville)."

Laurent Gbagbo, déclaré battu au scrutin présidentiel du 28 novembre par la commission électorale, refuse de céder le pouvoir. Il a rejeté ce résultat et accusé de partialité l''Onu, qui a certifié la victoire dd’Ouattara. La crise politique a fait plus de 1 500 morts au cours des cinq derniers mois.

Après avoir pris rapidement le contrôle de la plus grande partie du pays, les Forces républicaines de Côte d''Ivoire (FRCI) d’Ouattara ont rencontré une vive résistance à Abidjan où les troupes de Gbagbo tiennent des positions autour du palais présidentiel, de la résidence de Gbagbo et du siège de la RTI.

(Source : Reuters)

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