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Bérenger : «Le départ de Bachoo n?est pas un handicap pour le MSM-MMM»
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Bérenger : «Le départ de Bachoo n?est pas un handicap pour le MSM-MMM»
Décontracté et serein, Paul Bérenger, Premier ministre et leader de l?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM- MMM), estime que le départ d?Anil Bachoo n?est «nullement un handicap pour cette alliance en vue des prochaines élections générales». Point de vue partagé par Pravind Jugnauth, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, alors que les deux dirigeants font un tour d?horizon de la situation politique.
Paul Bérenger a expliqué aux ministres, hier matin, lors du Conseil des ministres, qu?il a la «ferme intention de reprendre l?offensive qui conduira l?alliance vers la victoire aux prochaines élections.» «J?attends, dit-il, la même discipline et le même esprit d?équipe qui prévalait jusqu?au cafouillage entourant le départ d?Anil Bachoo. Notre équipe est solide. Notre travail va s?accélérer».
Au retour de sa visite officielle en République populaire de Chine, il a rencontré, lundi, Anil Bachoo «pour mettre les choses au clair». «La rencontre était cordiale, précise-t-il. Je lui ai dit que je ne pouvais pas laisser la situation empirer, d?autant plus que l?alliance MSM-MMM a terminé l?année 2004 en force et que 2005 a été bien engagée.»
?Pas le mood qu?il faut?
Il a expliqué à Anil Bachoo «qu?on aurait dû être sur l?offensive, mais qu?au lieu de cela, il y avait des articles de presse qui faisaient état de son éventuel départ, et que tout cela brisait l?élan de l?alliance. Ce n?est pas le mood qu?il faut alors que les circonstances jouent en faveur de l?alliance MSM- MMM.» Paul Bérenger a ainsi expliqué à Anil Bachoo que les «choses allaient devoir s?éclaircir d?ici la fin de la semaine avec l?unité affichée» ou alors il allait «se servir de ses prérogatives de Premier ministre». Il avait été convenu que lui et Anil Bachoo se rencontreraient le jeudi 3 février. Mais entre-temps, «ce dernier a décidé de démissionner».
«L?alliance MSM-MMM est très forte. Je connais le pouls de la population», dit Paul Bérenger. Selon lui, l?alliance gouvernementale a en face d?elle un «véritable galimatia» car «Navin Ramgoolam sait que l?opposition va perdre les élections». Qualifiant cette opposition de «panier de scorpions», Paul Bérenger a ajouté que c?est après la célébration de la fête de l?Indépendance que «les choses politiques vont démarrer pour l?alliance».
Le budget, comme annoncé par Pravind Jugnauth, sera présenté le 28 mars. Les débats sur le budget auront lieu en avril, et c?est ensuite qu?il choisira la date pour la dissolution du Parlement et la date des élections générales prévues pour août, septembre ou octobre. Le 1er mai sera, dit-il, électoral, étant donné les circonstances.
Commentant la nomination d?Ajay Gunness au ministère des Infrastructures publiques, Paul Bérenger a dit que ce dernier sera «un brillant ministre après avoir été un excellent Private Parliamentary Secretary (PPS)». «Ajay Gunness est un homme de terrain. Il a un bon ancrage politique, electoral, et régional», dit Paul Bérenger.
Par ailleurs, il estime qu?Anil Bachoo était «assez limité sur le plan politique». Paul Bérenger donnait les raisons pour lesquelles le dossier du métro léger lui a été retiré pour être placé sous la responsabilité du vice-Premier ministre et ministre des Finances. «Ce projet a des aspects pluridisciplinaires et multidimensionnels et certains le dépassaient», estime Paul Bérenger.
Après les doutes exprimés par Navin Ramgoolam sur l?Electronic Voting Machine, aucune réforme électorale n?est envisagée pour la prochaine joute.
Pravind Jugnauth a souligné que « c?est quand Anil Bachoo a été mis au pied du mur qu?il a decidé de démissionner. Anil Bachoo a ?planifié son départ?».
«il ne me restait qu?à lui céder ma place»
Répondant aux critiques de Bachoo concernant sa position hiérarchique au gouvernement et au sein du parti, Pravind Jugnauth a expliqué qu?il était le n° 6 au sein du gouvernement et le n° 3 au sein du MSM. « S?il voulait davantage de considération, il ne me restait alors presque qu?à lui céder ma place », ajoute Pravind Jugnauth.
Ce dernier a cité les déclarations publiques d?Anil Bachoo où il faisait les éloges de Pravind Jugnauth comme leader et disait qu?il «est en train de s?affirmer sur l?échiquier politique». Selon Pravind Jugnauth, la démission d?Anil Bachoo n?a absolument «aucune répercussion sur la performance de l?alliance MSM-MMM dans les régions rurales».
«Les membres du bureau politique du MSM m?ont exprimé, jeudi leur solidarité. Il y aussi la même solidarité au niveau du Conseil des ministres hier », dit Pravind Jugnauth. Avant d?ajouter : « Le MSM reste fidèle à ses engagements et principes. Le gouvernement travaille dans l?intérêt du pays. Ce n?est pas un traître qui nous fera changer de décision ».
« Je regarde l?avenir avec sérénité. Je crois dans le travail commencé en septembre 2000. Notre force, c?est que nous avons un électorat réfléchi et averti, qui sait faire la différence entre une équipe sérieuse, qui travaille et ceux qui sont des caméléons », dit Pravind Jugnauth.
Aux questions de la presse, le VPM a répondu qu?aucun autre député n?est venu le voir pour exprimer les griefs selon lesquels le MSM péche par manque de vision et de leadership.«Il n?y a pas eu, dit-il, une quelconque requête pour qu?Anil Bachoo soit le deputy leader du parti. Anil Bachoo n?a pas été poussé à la démission mais a choisi lui-même cette voie». Opinion partagée par Paul Bérenger également, car, dit ce dernier, «Anil Bachoo avait préparé son propre agenda».
Anil Gayan : «Je reste»
«Si on doit partir, on part, mais moi je ne suis pas dans cette position», a lancé Anil Gayan. Le ministre du Tourisme veut faire taire les rumeurs sur un éventuel départ. «On veut déstabiliser encore plus le MSM», Il a également démenti toute velléité de sa part de changer de circonscription. Il est le député de Mahébourg-Plaine-Magnien et il compte le rester. Anil Gayan se dit également triste. De voir partir «deux collègues et amis». Il a expliqué qu?il avait parlé à Anil Bachoo mercredi dernier lui demandant de rester au sein du MSM. «Malheureusement mon pouvoir de persuasion n?est pas assez fort». Avec ces démissions, le MSM enregistre deux départs qui auront, selon Anil Gayan, «peu d?effet» sur l?avenir du parti. Même s?il reconnaît que ce dernier passe par des zones de «turbulences ». En tout cas, Anil Gayan affirme n?avoir jamais avoir entendu Anil Bachoo contester le leadership de Pravind Jugnauth au MSM. Un leader qu?Anil Gayan a défini de « leader de facto » depuis quatre ans. Homme de parti, il affirme qu?il faut toujours «discuter» et souvent savoir «faire la part des choses». pour que l?intérêt du parti prime. Le MSM «a visiblement encore de beaux jours devant lui» Et homme d?alliance, Anil Gayan affirme bien accueillir la nomination d?un «ami», Ajay Gunness, au poste de ministre. «On est dans une alliance, sa nomination équilibre le nombre des ministres».
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