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Bérenger a fait le plein « d?amis »
Le Premier ministre a fait savoir au pays qu?il est bien rentré. C?est en somme ce à quoi pourrait se résumer la conférence de presse qu?il a animée en solo, hier. Paul Bérenger a regagné le pays vendredi à l?issue d?un voyage officiel de huit jours au Koweït et au Pakistan.
Bérenger s?est appuyé sur cette expérience récente pour répondre au député de l?opposition Xavier Duval pour qui Maurice n?a plus d?amis. « Au contraire, je dirai que le prestige international de Maurice et celui de son Premier ministre n?a jamais été aussi grand. » La visite au Pakistan était essentiellement une mission de conciliation. Bérenger a assuré à son homologue pakistanais que Maurice n?a pas de préjugés à l?encontre de son pays. Et ce malgré les liens étroits qui la lie à son frère ennemi, l?Inde.
Optimiser le répit américain dans le secteur du textile
« J?ai fait comprendre que nos relations avec l?Inde sont privilégiées et sacrées mais nos liens avec le Pakistan sont aussi très bons. Ceux-ci peuvent être améliorés et nous allons y travailler. Tous comme nous continuerons à renforcer nos liens avec l?Inde. Il n?y a pas de raison pour que l?un se fasse au détriment de l?autre. Il n?y a pas de conflit. Nous ne sommes pas discriminatoires. »
Pour ce qui est des relations Inde-Maurice, le Premier ministre indien Manmohan Singh ainsi que le leader du parti du Congrès, Sonia Gandhi, seront à Maurice en décembre. Le Premier ministre complétera son périple des pays de peuplement de Maurice avec une mission en Chine en janvier.
Avant d?aller rassurer Islamabad, Bérenger a réitéré les amitiés de Maurice au Koweït. Cette amitié remonte à plus de 20 ans, rappelle-t-il. Le Koweït avait aidé Maurice à casser le monopole pétrolier. Dix ans plus tard, Maurice fut un des premiers à condamner l?invasion du Koweït par l?Irak.
Paul Bérenger est rentré avec l?engagement du Koweït et du Pakistan de soutenir la candidature du ministre mauricien des Affaires étrangères et du commerce international, Jayen Cuttaree, au poste de directeur de l?Organisation mondiale du commerce. Un groupe koweïtien s?est montré intéressé à investir environ Rs 3 milliards (100 millions de dollars) dans un projet foncier intégré. Le Board of Investment prépare déjà une visite de prospection de ces investisseurs arabes.
Et puisqu?il était question d?amitié, c?est dans ce contexte que le Premier ministre a placé la dérogation relative au Third Country Fabric accordée enfin par les états- Unis au textile mauricien. Pour lui, c?est une « preuve éclatante » de la valeur des amitiés de Maurice. Il a rappelé qu?il avait lui- même soulevé cette question avec le président George Bush lors de sa mission à Washington, six mois plus tôt.
« Ceci dit, c?est avant tout une belle victoire diplomatique pour Jayen Cuttaree. Je suis heureux pour lui qu?elle tombe à un moment où il a rendu publique sa candidature pour le poste de directeur de l?OMC. C?est un bon signe. »
Quand il a fini de se sentir réconforté d?être toujours entouré d?amis, Paul Bérenger s?est penché sur l?actualité de la semaine. Le textile reste sa priorité. Il rencontre le secteur privé samedi pour voir comment optimiser le répit américain.
Le Premier ministre n?a pas manqué d?égratigner ses adversaires travaillistes qu?il accuse de compromettre des projets de développement en usant d?astuces juridiques. Selon lui, à St-Félix les travaillistes auraient mis à l?avant des hommes de paille pour bloquer le projet touristique intégré. Il a affirmé que ce projet n?est pas remis en question mais qu?il accusera du retard. Et si entre-temps, les investisseurs étrangers devaient se retirer, il a promis de dénoncer « l?irresponsabilité » de l?opposition.
Prochaine prise en main du système carcéral
Les travaillistes sont aussi coupables, aux yeux de celui-ci, d?instiguer les pêcheurs à bloquer les projets. Il se dit sensible au sort des pêcheurs et aussi à la nécessité de protéger l?environnement.
Toutefois il n?est pas question de faire monter les enchères et de réclamer des compensations là où il n?y a pas lieu.
Le Premier ministre a en outre voulu dépassionner le débat autour de la situation dans les prisons. Il affirme que beaucoup a déjà été fait pour améliorer la situation. Il ne s?en satisfait pas pour autant.
« De sérieuses failles subsistent dans le système carcéral. Mais cela va changer. Les prisons seront prises en main, exactement comme l?a été la douane. » Il a souligné que les compétences mauriciennes seront utilisées à chaque fois que ce sera possible. Mais il ne rechignera pas à recourir à l?expertise étrangère, même temporairement, pour « nettoyer et redresser ».
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