Publicité

Bush dénoncé par son ancien porte-parole

1 juin 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«J?aime et j?admire toujours le président Bush. Mais lui et ses conseillers ont confondu une campagne de propagande avec le haut niveau de franchise et d?honnêteté fondamentalement nécessaire pour bâtir et préserver un soutien de l?opinion publique en temps de guerre. » Ce verdict est signé Scott McClellan, ex-responsable du service de presse de la Maison-Blanche (juillet 2003 à avril 2006), qui a travaillé avec George Bush à partir de 1999.

Il figure dans un livre, intitulé What Happened (Ce qui s?est passé), à paraître début juin et dont le site politico. com s?est procuré un exemplaire sans passer par le service marketing de l?éditeur.

La détestation des médias

On savait déjà que cet ouvrage porterait de graves accusations contre les proches collaborateurs de M. Bush dans l?« affaire Plame », cette femme d?ambassadeur dont l?appartenance à la CIA avait été divulguée pour nuire à son mari, lequel avait alors dénoncé l?usage fallacieux fait par la Maison-Blanche d?un de ses rapports niant l?achat d?uranium au Niger par Bagdad.

M. McClellan admet que les décla-rations qu?il fit à la presse à ce sujet à partir d?informations données par ses supérieurs étaient « gravement erronées ». Le livre est plus sévère qu?on ne l?attendait sur la manière dont la nécessité d?intervenir en Irak a été présentée à l?opinion.

Les termes « propagande », « appro-che permanente de campagne », « déni » des faits, utilisés par l?auteur, montrent une administration soucieuse d?imposer sa vision des cho-ses et obnubilée par le secret, la maî-trise de l?information et la détestation des médias.

Un président « visiblement irrité »

Lorsque son conseiller économique, Larry Lindsay, avait confié au Wall Street Journal, avant son déclenchement, que la guerre pourrait coûter 100 à 200 millions de dollars, M. Bush l?avait convoqué, « visiblement irrité » : « C?est inadmissible, vous n?auriez jamais dû en parler. »

L?ex-porte-parole ajoute même que « l?effondrement des raisons invoquées par l?administration pour faire la guerre » ? la détention par le régime de Saddam Hussein d?armes de destruction massive ? « n?aurait jamais dû constituer une surprise » si « les médias éclairés [américains] n?avaient pas failli à leur réputation » en étant « trop déférents » vis-à-vis de la Maison-Blanche.

« J?ai joué un rôle mineur dans une histoire plus vaste : celle de la présidence de George Bush, qui est terriblement sortie de la route », conclut-il. Pour la petite histoire, le nom de code que lui avaient donné les services spéciaux américains était « Matrix ».

@ 2 008 Le Monde ? Sylvain CYPEL ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

Publicité