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Budget en péril

2 juin 2005, 00:00

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A 24 heures de la présentation du budget 1980-81, le gouvernement PTr-PMSD court le risque de se retrouver en minorité. Les trois ministres démissionnaires, Purryag, Saccaram et Seetaram (voir l?express de mardi) repoussent une proposition de compromis dans le litige Dayal/Goburdhun et campent sur leurs positions. Deux autres ministres menacent de les suivre. Le compromis proposé est l??uvre de Gaëtan Duval. De retour précipité de l?étranger, ce dernier déclare, après avoir rencontré les parties concernées : ?Nous trouverons un arrangement équitable et juridiquement valable?. Boolell fait ressortir que des commissaires administratifs vacoassiens du PMSD n?approuvent pas l?intransigeance du ministre bleu des Administrations régionales, Kamil Ramoly. L?express croit savoir que 18 ministres contre un (Ramoly) sont pour la nomination de Dayal. Mais le PMSD pourrait changer d?avis si le prochain budget de Ringadoo, celui de 1980-81, lui déplaît.

On se rend bientôt compte que toute cette affaire Dayal/Goburdhun n?est qu?une tempête dans un verre d?eau, tempête qu?on ne peut plus, bien sûr, mettre sur le dos d?Harish Boodhoo. Nunraj Dayal sera donc bientôt confirmé dans ses fonctions de Personnel Officer de la municipalité de Vacoas-Phoenix. Les juristes du Parquet, appelés à se pencher sur ce litige, concluent que la décision de la commission administrative de cette ville est finale et irréversible. Le ministère des Administrations régionales ne peut s?opposer à une nomination municipale que lorsqu?il s?agit de celle d?un secrétaire ou d?un trésorier de municipalité ou encore quand il s?agit de la création d?un poste ce qui n?est pas présentement le cas. Le Parquet en profite pour rappeler l?autonomie des administrations régionales garantie par la loi.

Nunraj Dayal a alors 27 ans. Il fait son entrée à la municipalité de Vacoas-Phoenix en 1972 comme économiste attaché au secrétariat de la ville. Il est l?auteur de plusieurs rapports sur la situation financière de la ville. Il a aussi rempli temporairement différentes fonctions de relations publiques.

On espère l?incident clos. Mais Ramoly réclame des précisions au Parquet. Les plus pessimistes appréhendent le pire des scénarios, à savoir le recours à des tactiques dilatoires jusqu?à l?entrée en vigueur de la Local Government Service Commission qui rendrait caduc le point soutenu par le Parquet.

L?opposition jubile, bien sûr, devant les nouvelles difficultés rencontrées par le gouvernement en place. Elle sort alors cette boutade : ?Ramoly se ramollit !? Elle ironise sur l?intransigeance mal placée de Ramoly (ou de ramolli). Elle fait, bien sûr, le rapprochement entre l?affaire Stanley/Diljore et celle opposant Dayal et Mlle Goburdhun. Ramoly compterait sur cette dernière affaire pour gagner le terrain politique perdu par Peeroo et Tally dans l?affaire Diljore/Stanley.

Ne nous éloignons pas du secteur municipalité et ministère des Administrations régionales, sinon gouvernement central, pour nous souvenir d?un texte lumineux de Georges André Decotter sur ?la guerre des budgets municipaux?. De temps immémoriaux ils ont été des sujets de conflit entre ces deux partenaires. Les collectivités locales sont des corps autonomes mais soumis à une certaine forme d?obédience à l?Etat, dont elles dépendent pour financer leur budget annuel. Etant le principal bailleur de fonds, le gouvernement central s?arroge le droit d?approuver les budgets municipaux. Bien naïfs sont ceux croyant pour autant que ce contrôle se limite à ce que les dépenses n?excèdent pas trop les revenus. Il sait être beaucoup plus tatillon pour des raisons qui n?ont rien de budgétaires.

Le conflit devient plus pimenté quand conseil municipal et gouvernement central ne sont pas du même bord politique. Il devient alors, sinon idéologique, du moins stratégique. Le gouvernement central répugne alors de laisser une municipalité, d?un camp adverse, marquer de précieux points de popularité, simplement parce que des conseillers ou des fonctionnaires municipaux font preuve d?une imagination plus inventive et plus judicieuse que celle sclérosée de ses fonctionnaires.

Les municipalités jouissaient au départ de l?autonomie. Graduellement, le gouvernement central a accaparé tous les revenus perçus sur une base régionale pour les restituer en partie aux villes et aux villages sous forme de subventions toujours soumises à des caprices.

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