Publicité

Brésil : Rousseff favorite pour poursuivre l''oeuvre de Lula

30 octobre 2010, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Brésil : Rousseff favorite pour poursuivre l''oeuvre de Lula

Le second tour de l''''élection présidentielle au Brésil, dimanche, semble une quasi-formalité pour Dilma Rousseff, et devenir la première femme à diriger le pays le plus peuplé d''Amérique latine.

Candidate du Parti des travailleurs (PT) du chef de l''Etat sortant, Dilma Rousseff devance d''au moins dix points son adversaire social-démocrate José Serra dans la plupart des sondages.

Elle est parvenue, depuis le premier tour du 3 octobre, à reléguer au second plan des questions de société telles que l''avortement, qui lui ont coûté le vote des chrétiens évangélistes, et en abattant sa carte maîtresse: Lula. Le président sortant, contraint de quitter son poste après deux mandats (la constitution ne permettant pas un 3eme mandat), bénéficie de 82% d''opinions favorables. L''économie du Brésil est en forte croissance - 7,5% attendus cette année -, aussi les électeurs ne semblent-ils pas enclins au changement.

Dilma Rousseff a largement exploité ce sentiment et s''est présentée comme la candidate la plus à même de poursuivre l''oeuvre de son mentor et de garantir les progrès économiques et sociaux qui ont permis au Brésil d''intégrer le Bric, groupe des grandes puissances émergentes, aux côtés de la Russie, de l''Inde et de la Chine.

Tandis que José Serra peinait à trouver un message efficace, Dilma Rousseff s''est appuyée sur une longue liste de réussites de Lula: un taux de chômage de 6,2%, plus bas niveau de son histoire, plus de vingt millions de personnes sorties de la pauvreté depuis 2003 et l''émergence d''une classe moyenne qui compte désormais pour la moitié de la population dans un pays dont l''histoire est marquée par de profondes inégalités.

Ce qui explique pourquoi José Serra a pris garde, pendant la campagne, de ne pas trop critiquer Lula. Il a concentré ses attaques sur certaines positions de son adversaire sur les sujets de société ou sur les accusations de corruption contre une de ses proches. Cette stratégie, couplée aux maladresses de Dilma Rousseff, lui a permis de garder sa rivale dans la mire.

Il faut noter par  ailleurs que  ni l''un ni l''autre des candidats n''ont  l''intention de rompre avec la politique menée sous Lula, soit un mélange d''ouverture au libéralisme et des aides sociales massives. Dilma Rousseff  a exclu d''imposer une rigueur nouvelle et de limiter les dépenses publiques qui ont, sous l''actuel gouvernement, dépassé les recettes fiscales.

Elle envisage même de lancer un vaste plan d''investissement dans la modernisation des infrastructures, nécessaire dans la perspective de l''organisation de la Coupe du monde de football 2014 et des Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro. Elle a promis de soutenir la croissance rapide du Brésil, notamment en simplifiant dès la première année son système fiscal.

Ancien gouverneur de Sao Paulo, candidat malheureux à l''élection présidentielle de 2002 face à Lula, José Serra est un vétéran de la politique brésilienne, classé au centre. Il mènerait sans doute une politique moins interventionniste que Rousseff s''il était élu.

Ni l''un ni l''autre n''ont le charisme de Lula mais Dilma Rousseff a démontré ces derniers jours une capacité à rassembler les plus défavorisés et les classes moyennes, à l''instar de son mentor, ce qui lui confère un avantage en vue du scrutin du 31 octobre.

(Sources : Reuters)

Publicité