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BPO : Maurice fait appel aux compétences africaines
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BPO : Maurice fait appel aux compétences africaines
Maurice envisage la possibilité de recruter 300 spécialistes ougandais des technologies de l?information et des télécommunications (TIC). La semaine dernière elle a pris contact avec l?université de Makerere, la plus grande d?Ouganda, en ce sens. Les premiers professionnels africains pourraient arriver vers la fin de juin.
Les compétences locales ne suffisent plus pour soutenir le développement du secteur du business process outsourcing (BPO). La solution la plus envisageable est de se tourner vers l?Afrique pour trouver les professionnels qualifiés et pour nourrir la croissance du secteur.
«D?ici 2011, il faudra 29 000 personnes pour l?industrie. Nous avons bien dépassé la barre des 8 000 emplois et à travers les programmes de formation, Maurice peut arriver à 16 000 emplois. Il manquera donc 13 000 personnes et c?est surtout le continent africain qui pourra nous les apporter», dit Newrajlall Burton, président du National Computer Board. Et de préciser que, «débaucher des gens en Afrique est dans le droit fil du plan stratégique national 2007-2012 pour le secteur des Tics».
Le manque de main-d??uvre se fait sentir dans le secteur. Certaines entreprises le ressentent plus que d?autres, mais de manière générale, les compétences pointues dans le domaine informatique se font de plus en plus rares.
«Si nous avions des gens de calibre, beaucoup de sociétés seraient déjà à un niveau supérieur. Oui, nous avons besoin de ces personnes. Les entreprises se rendent compte que pour grossir, on ne peut le faire uniquement avec des ressources mauriciennes», indique Vidia Mooneegan, directeur général de Ceridian (Mauritius) et président de l?Outsourcing & Telecommunications Association of Mauritius (OTAM).
Si le gouvernement, notamment à travers le Board of Investment, explore le continent africain, l?OTAM en fait de même à son niveau. L?Ouganda, le Kenya, l?Afrique du Sud et plus près de nous Madagascar sont susceptibles d?amener les professionnels qui nous manquent.
Certes, des programmes de formation se mettent en place localement et des efforts sont en train d?être faits de part et d?autre pour nourrir le secteur avec des compétences locales, mais les initiatives prises ne sont pas toujours à la hauteur des espérances et des besoins réels de l?industrie.
Coûts élevés
«Le diplôme c?est bien, mais il y a d?autres qualités indispensables. Un diplôme en informatique ne garantit pas nécessairement un emploi dans une entreprise d?un standard international comme la nôtre», confie Olivier Hecq, directeur d?Accenture.
Il déplore d?ailleurs que l?UoM ainsi que d?autres institutions «n?ont pas toujours une vue claire de ce qui est essentiel dans notre métier». Et l?essentiel c?est «une connaissance fondamentale de base de l?informatique, dont la programmation et les algorithmes, une connaissance très profonde de ce qu?est la qualité et tout ce qui a trait à la communication».
Il constate aussi que le marché local n?utilise pas les même technologies que les grandes multinationales. «A la sortie de l?université, on ne trouve pas de jeunes qui connaissent les applications que nous utilisons et ça demande une expertise fonctionnelle et technique très forte. Nous devons donc reformer», soutient Oliver Hecq. Former pour permettre l?«employabilité» d?un expert est d?ailleurs une constante au sein des sociétés du BPO.
Mais c?est parfois plus difficile qu?il n?y paraît. «Nous passons du temps à reformer, mais parfois on n?arrive pas à reformer quelqu?un», confie Claire Némorin, directrice générale d?Infomil (Mauritius).
Et plus le temps passe, plus le manque se fait sentir. A certaines périodes de l?année, le bassin de professionnels employables est à sec. C?est ainsi que pour de nombreux employeurs, la seule solution c?est d?aller chercher ailleurs ce que l?on arrive difficilement à trouver sur place.
L?ouverture globale sur une main-d??uvre provenant d?Afrique, Jean Suzanne, conseiller du Premier ministre en matière de TICs, le prône depuis quelques années déjà. «Nous allons assister à une remontée en puissance du secteur et nous allons encore plus manquer d?expertise dans des domaines pointus tels que le développement informatique. Les bons informaticiens trouveront toujours du travail, mais trop souvent les candidats sont complètement décalés par rapport aux réalités.» Et de son propre aveu, les trente ingénieurs en informatique qu?il emploie «ne proviennent pas de l?université de Maurice ».
L?autre problème que rencontrent beaucoup d?entreprises est le manque d?experts ayant de l?expérience. «Le secteur vient de démarrer. Avoir des gens avec expérience prendra du temps», précise Dhanen Mungapen, responsable de la compagnie TNT.
Mais pourquoi l?Afrique ? Faire venir un grand nombre d?experts des pays développés ne serait pas économiquement viable pour les entreprises BPO. D?ailleurs, si l?externalisation existe, c?est bien pour fuir les coûts élevés pratiqués par les pays développés.
L?Inde aurait pu être une solution, mais « les informaticiens indiens ne sont pas intéressés à venir ici. Les perspectives professionnelles pour eux sont bien plus importantes en Inde qu?à Maurice. Le seul continent qu?il nous reste, c?est l?Afrique», justifie Vidia Mooneegan.
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