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BPML :les bons comptes font les bons amis
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BPML :les bons comptes font les bons amis
«Les travaux se déroulent très bien. Tout le monde collabore, on y a intérêt d?ailleurs. D?ici fin mai, nous serons en mesure de soumettre nos conclusions », explique un membre du Fact-Finding Committee (FFC) sur les finances de la Business Parks of Mauritius Ltd (BPML) gérant de la cybercité d?Ébène. En janvier, la nouvelle des difficultés financières de BPML avait suscité la stupeur générale. Prospère vue de loin, avec la prestigieuse cybertour en tête de proue, BPML croulait, en fait, sous une dette avoisinant les Rs 1,3 milliard. Trois mois après, la situation s?arrange lentement.
Peu à peu, les choses qui se savaient dans un cercle d?initiés se faufilent jusqu?à la place publique. Ainsi en répondant à une question parlementaire la semaine dernière, le ministre de la Technologie informatique, Étienne Sinatambou, a indiqué que sept locataires de la cybercité devaient la bagatelle d?un peu plus de Rs 9 millions à la BPML, en location et charges diverses. Le plus important retardataire, par le montant de ses créances, étant Infinity BPO, l?entreprise dirigée par le Senior Advisor du Premier ministre, Jean Suzanne.
Il n?en fallait pas plus pour que toute l?attention se focalise sur ce dernier.
La gestion de BPML et l?ardoise d?Infinity feront d?ailleurs l?objet d?une nouvelle question au Parlement mardi prochain. Le député Sunil Dowar-kasingh cherchera à connaître les actions qui ont été prises pour récupérer les sommes dues par Infinity BPO.
Certains échos, en provenance du Prime minister?s office (PMO) indiquaient même récemment que Jean Suzanne pourrait être remercié prochainement. À cause de l?embarras qu?il avait causé au PMO.
Ce que le principal intéressé nie catégoriquement. « J?ai eu confirmation cette semaine que j?ai toujours la confiance du PMO. Il n?y a pas de problème », affirme Jean Suzanne.
<B>« Relativiserles choses »
Il embraye sur la somme que son entreprise doit à BPML. « Il faut relativiser les choses. Dans mon métier, les clients payent après un délai de 90 jours. Il est donc normal qu?il y ait des délais dans nos paiements de loyers. Nous sommes l?un des plus gros clients de la cybertour, nous payons environ Rs 1,7 million de loyer mensuel. Et je sais que pour le moment nous ne devons que l?équivalent d?environ 1,7 mois de loyers à BPML. » Ce que confirme une source proche de la direction du gérant de la cybercité. La dette d?Infinity est passée de 135 000 dollars (Rs 3,9 millions) il y a quelques semaines à 77 000 dollars (Rs 2,2 millions) cette semaine.
Un membre du conseil d?administration de BPML défend même Jean Suzanne. « Je crois qu?on se trompe de cible. On ne s?est pas privé d?utiliser le battage médiatique autour de l?implantation d?Infinity BPO à la cybertour au départ pour faire connaître ce bâtiment. Il est normal que la BPML fasse preuve d?une certaine flexibilité vis-à-vis de ses clients de la première heure. Surtout quand ils louent autant d?espace qu?eux. » En effet, à elle seule Infinity BPO paie près de 20 % de la masse de loyer que BPML récupère en un mois à la cybercité, soit environ Rs 8,7 millions.
Mais tous les clients ne seront pas traités avec autant de considération. La direction de BPML a ainsi décidé de poursuivre en justice toutes les entreprises qui s?obstinent à maintenir une ardoise représentant plus de trois mois de loyer. Ainsi une compagnie qui doit 11 mois de loyers à la BPML pourrait se voir intenter un procès en recouvrement de dette incessamment. « Les actions légales vont être initiées », indique-t-on à la BPML.
<B>L?épineuse question du cybervillage</B>
Mais au-delà des recouvrements de dettes, c?est le fonctionnement même de la cybercité et sa viabilité financière qui sont en train d?être réétudiés. La direction rappelle souvent que l?absence d?étude de faisabilité de départ a grandement contribué à mettre la BPML dans la situation où elle se trouve actuellement.
Pour le moment, une action palliative immédiate a été prise. Ainsi la location du pied carré à la cybertour est passée depuis quelque temps de $ 1 à $ 1,15. Les nouveaux locataires du bâtiment et de la deuxième cybertour d?Ebène devront eux débourser $ 1,25. Ce qui est encore un prix compétitif selon la BPML.
Dans un deuxième temps, c?est l?épineuse question du cybervillage qui devra être réglée. Pendant un temps, la relocalisation d?une partie du staff du ministère des Terres et du Logement dans ces locaux avait été envisagée. Mais cette solution a vite été abandonnée.
Mais dorénavant, la BPML cherche davantage à se débarrasser purement et simplement de ce boulet qui lui permettrait de récupérer Rs 270 millions. Étienne Sinatambou préfère regarder la situation se décanter de loin. « Je n?interviens pas dans la gestion de la BPML. Je suis aussi dans un Fact-Finding Mode. J?attends les conclusions pour voir quelle sera alors la marche à suivre. »
Entre-temps, la BPML ne bouge pas d?un iota sur ses plans d?expansion.
La campagne de promotion pour trouver des locataires de la deuxième cybertour d?Ébène démarre bientôt. Tandis que les travaux de construction de la cybercité de Rose-Belle se poursuivent comme prévu.
<B>Le plan stratégique des Tic en préparation
Étienne Sinatambou et Aase Smedler, la représentante du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), ont signé cette semaine le Project Document du National Information and Communications Technologies Strategic Plan. Celui-ci sera financé en partie et recevra également l?apport technique d?experts du Pnud en Tic. « Avec ce document nous allons pouvoir tracer la route à suivre durant les cinq prochaines années.
Je souhaite que nous recevions le plus de suggestions pour que le plan soit aussi complet que possible », explique Étienne Sinatambou.
Aase Smedler loue, elle, la clarté dans la vision du pays. « Vos suggestions sont bien formulées », se félicite-t-elle en évoquant notamment l?ambition du gouvernement de permettre à chaque Mauricien d?acquérir une connaissance minimale en informatique.
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