Publicité

BP 247

9 mai 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le gouvernement fausse les règles du jeu

En nommant cinq syndicalistes de son choix pour siéger au NPC, le gouvernement vient d?enterrer une tradition vieille de 30 ans. Cette manière de faire laisse présager la fin d?une démocratie syndicale que même la loi scélérate de 1973 a su respecter jusqu?ici. L?autorité a fait fi de la représentativité syndicale, pourtant principe sacro-saint du BIT lui-même, en choisissant cinq ?proches? dont l?un s?est ouvertement affiché sur le camion d?un parti politique lors des dernières législatives. On dit aussi qu?il siège sur de nombreux ?Boards? ? Il y a un autre dont le syndicat, dit jaune, et qui ne regroupe qu?une centaine de membres, ne jouit même pas d?une reconnaissance industrielle de la part de son employeur et qui, de ce fait, n?a pas de ?negotiating rights? selon l?IRA. C?est ce syndicaliste-jaune qui a été choisi, à sa propre ?demande?, pour ?négocier? au nom des 500 000 travailleurs du pays. C?est illégal et une claque aux institutions tels l?Industrial Relations Commission et le Tribunal d?arbitrage permanent. Mais, il y a pire. Un simple ?adhérent? qui n?est même pas un membre exécutif de son syndicat, fait partie du NPC.

Le mouvement syndical étant démocratique, tous ses protagonistes sont libres de leur action. La bande de cinq ne peut être accusée de tous les péchés d?Israël. Ils ont le droit de se proclamer travaillistes avant d?être syndicaliste. Cependant, si la plateforme syndicale estime qu?il y a des sanctions à prendre contre cette bande, elle a intérêt à précipiter les choses. On ne peut laisser des poissons pourris dans le panier. La situation actuelle servira de leçon au MTUC qui a toujours regroupé des syndicats jaunes, non reconnus, que pour gonfler son ?membership strength? afin de rafler les bourses qu?offrent les organisations internationales à la confédération la plus représentative. Le gouvernement l?a pris à son propre jeu. Maintenant, le MTUC est le dernier qui pourra arguer qu?un syndicat qui n?a pas de reconnaissance n?a pas le droit moral de siéger au NPC.

Désormais, le 1er Mai sera l?occasion de déposer des gerbes sur les tombes de tribuns qui ont donné ses lettres de noblesse au syndicalisme, mais aussi de déposer des guirlandes de savates sur celles des loups qui se sont infiltrés dans la bergerie.

Jeeanlall KASSINATHDOSS Président , Aile Jeune GTU

Publicité