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Bourse : les sociétés évaluent leurs dispositifs de sécurité
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Bourse : les sociétés évaluent leurs dispositifs de sécurité
Le scandale de la fraude titanesque qui ébranle en ce moment la Société Générale, en France, a heureusement déclenché l?alerte au sein des milieux de la Bourse partout dans le monde. Au cas où aucune disposition n?aurait été prise jusque-là pour parer à une telle éventualité, autant surprenante qu?inouïe, les acteurs du milieu de la Bourse, désormais aguerris, jurent de ne pas s?y laisser facilement prendre. Ils estiment d?ailleurs qu?au vu des méthodes adoptées localement, les risques qu?une malversation de cette ampleur se produise sont extrêmement minimisés, sinon inexistants.
Selon un responsable de la Stockbroking Association qui a requis l?anonymat, «la procédure dans toutes les entreprises de commerce des valeurs en Bourse est la même. L?intermédiaire est un agent qui agit pour le compte du client dont il reçoit l?ordre. Il n?agit pas pour le compte de l?entreprise qui l?emploie. Le broker n?est pas autorisé à agir comme principal pouvant prendre des positions pour son entreprise comme cela est le cas à la Société Générale. Il ne peut donc provoquer une situation ni de gain ni de perte pour son employeur».
Selon notre interlocuteur, le Securities Act qui a été promulgué récemment a probablement pris des dispositions pour délivrer des licences autorisant les sociétés de Bourse qui le désirent à agir en leur propre nom, c?est-à-dire en tant que principal.
«Les sociétés ont, je crois, jusqu?en septembre pour décider des options de licences qu?elles désirent acquérir. Mais le plus important, c?est que l?on maintienne une duties segregation, soit une séparation des fonctions pour la réalisation de chaque transaction. Il y a, par exemple, plusieurs garde-fous pour limiter des situations de débordement ou de fraude. La même personne ne peut être en charge en même temps du trading, de l?administration et du reste. Chacun supervise l?activité de l?autre. A moins qu?il n?y ait connivence entre ces différents acteurs ? ce qui n?est cependant pas à exclure ? le système est sécurisé», explique-t-il.
Situer les responsabilités en cas de fraude</B>
En dehors du fait que l?agent n?agit que sur l?ordre de son client, il est tenu de lui rendre compte. Ainsi, si la transaction en question est une vente, le client perçoit les recettes de la vente par chèque libellé en son propre nom. De cette façon, en cas de fraude, il est facile de situer les responsabilités.
En outre, au niveau externe, un comité de risque exerce de façon régulière un contrôle sur les transactions effectuées par les sociétés en Bourse dans le but de limiter les risques de fraude au strict minimum. La Financial Service Commission, qui est l?organe régulateur, joue pleinement son rôle dans le cadre des contrôles en question.
Selon Feroz Dahoo, directeur général de Thomas Cook, d?après le Banking Act, le système bancaire aussi a le devoir d?intervenir pour signaler toute situation qui paraît irrégulière ou singulière. «D?abord, il existe des limites aux montants des transactions à effectuer. Ensuite, toute transaction doit être notifiée aux organes régulateurs. L?application du principe de la bonne gouvernance ainsi que les divers rapports qui étayent chacune de ces transactions écartent, en grande partie, les risques de fraude qui pourraient avoir lieu.»
L?évaluation du dispositif anti-fraude au sein des sociétés de commerce des valeurs en Bourse est salutaire. Elle permettra aux différents acteurs de remédier aux défaillances du système.
EXPLICATIONS
<B>Le scandale à la Société Générale en France</B>
■ A l?origine de cette évaluation du système de sécurité dans les sociétés de Bourse, le scandale dont la Société Générale est l?objet en France. Un seul individu, Jérôme Kerviel, 31 ans, employé de ladite société, en l?occurrence la deuxième banque du pays, est soupçonné d?avoir pris ? à l?insu de ses employeurs ? des positions astronomiques évaluées à quelque 50 milliards d?euros et ayant occasionné des pertes s?élevant à quelque 4,9 milliards d?euros. A la tardive découverte du pot aux roses, la Société Générale ? qui estime que le suspect n?a bénéficié d?aucune complicité interne pour commettre le forfait allégué ? a finalement porté plainte pour fraude contre son employé indélicat.
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