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Boolell aux petits planteurs : ?Se regrouper ou mourir !?

26 octobre 2005, 20:00

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La serpe européenne est encore plus proche du cou des vulnérables petits planteurs. La baisse de 39 % du prix garanti du sucre sur le marché européen dès 2007 entraînera leur perte. Pour les sensibiliser, le ministre de l?Agro-industrie a démarré hier au Farmers Service Corporation de Camp-de-Masque, sa campagne pour les inciter à se regrouper.

?Si vous restez dans votre coin, les bras croisés, vous vous allez vers le suicide?, a affirmé Arvin Boolell aux planteurs de Camp-de-Masque et des régions avoisinantes. ?Je ne comprends pas pourquoi il ne faut pas se regrouper. Qu?est-ce que vous avez à gagner en restant seuls?? Au nombre de 29000, ces planteurs génèrent 30% de notre production annuelle de sucre, en cultivant 50000 arpents. Leur regroupement a toujours été d?actualité sous les divers régimes qui se sont succédé.

D?entrée, le ministre a quantifié le manque à gagner avec une baisse de 39 % sur le marché européen. Ce quantum, si inchangé, représente Rs 4 milliards en moins dans la balance commerciale. ?Les importations de produits laitiers se chiffrent à Rs 1,8 milliard. Le pays importe le riz et la farine?, a souligné Arvin Boolell. Bref, la situation sera ?apocalyptique?, comme ces pays producteurs de la banane, qui n?ont pu se relever après la réforme européenne de ce marché.

Il y a urgence avec la réforme qu?a officiellement proposée la Commission européenne en juin dernier, soit une réduction de 39% étalée sur quatre ans. Une réduction des coûts de production s?impose pour que ce marché soit viable. Et c?est possible grâce à l?irrigation et la mécanisation. Les champs de cette communauté sont, en majeure partie, de petites parcelles. En se regroupant, les frais chuteront de la plantation à la récolte, tout se fera à grande échelle, comme les établissements sucriers et les grands planteurs qui se sont déjà mis à la tâche.

<B>?Volonté de réussir?</B>

Le plan dont le ministre a livré un avant-goût, hier après-midi, consiste d?abord en un engagement des planteurs à cultiver la canne pendant les cinq à sept prochaines années, soit un cycle. Ces derniers seront toujours légalement propriétaires de leurs terres, sauf que la gestion sera centralisée.

Subséquemment, l?Etat viendra de l?avant avec des mesures incitatives pour les aider. Un projet pilote a déjà été initié dans l?Est, le Nord et le Sud, soit sur sept sites équivalant à 2500 arpents. Dans cette région de l?Est, où la campagne de sensibilisation a démarré, le projet porte sur trois villages, Grand-Bois, Grande-Retraite-Petite-Retraite et Queen Victoria, avec 130 arpents appartenant à 600 planteurs.

?Que le pays se transforme en un vaste chantier de préparation des terres! Il faut la biner cette terre. Que cela devienne l?épine dorsale de notre survie de l?économie!? a tonné Arvin Boolell. Ce processus exige la participation de tous les partenaires de l?industrie sucrière. Chacun devra jouer son rôle convenablement ?dans la transparence et sans parti pris? à l?instar de la Mauritius Sugar Authority. ?La bataille se remportera dans les champs de canne. La volonté de réussir dépend de chacun de nous. Et c?est une bataille que nous ne pouvons perdre. Nous connaisons votre endurance?.

La réussite de la réforme passe par une réorganisation efficiente des organisations existantes. D?abord, le Cess Fund, auquel les planteurs versent un pourcentage de leurs revenus du sucre, est en train d?être revu. Et le Sugar Insurance Fund Board, qui rembourse, en partie, les pertes des planteurs, s?est engagé dans le même exercice.

Cette campagne de sensibilisation et d?explications se poursuit demain, à Rose-Belle. Les griefs et questions soulevés par les planteurs présents seront pris en considération pour affiner le plan de regroupement du gouvernement.

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