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Boodhoo entame une grève de la faim
CIl annonçait des mesures radicales avant même la soumission du rapport Glover. Harish Boodhoo est passé hier à l?acte. La photo de Sir Victor ainsi que la première partie du rapport de la commission d?enquête sur les abus à la vente à la barre ont été brûlées en public devant la Cour suprême. En face, une trentaine de victimes se sont installées hier matin et ont entamé une grève de la faim.
« Pena lot solisyon pu fer bann lotorite konpran sufrans ki bann malere pe kone », déclare un Harish Boodhoo remonté. Il fustige aussi bien le gouvernement que l?opposition pour leur « manque d?intérêt » devant tant de drames humains. Ce refus des autorités de se pencher sur le sort des victimes du système, pour lequel le rapport n?a rien prévu, justifie, selon le porte-parole des victimes, cette grève d?une durée illimitée.
<B>L?opposition a d?autres chats à fouetter</B>
Harish Boodhoo était accompagné de 300 personnes environ. Ils ont défilé du Centre social Marie Reine de la Paix jusqu?à la Cour suprême. Là, il a expliqué sa satisfaction des conclusions du rapport de la commission d?enquête dont il attribue les mérites aux deux assesseurs de Sir Victor Glover. En revanche, déplore-t-il, la première partie n?est « que de la littérature » qui n?aura aucun effet sur la souffrance des victimes du système de Sale by Levy.
Harish Boodhoo a fait l?historique de ce combat qu?il mène depuis quarante semaines. Entre-temps, les victimes de la vente à la barre se sont regroupées au sein d?une association. C?est à la suite de la campagne de sensibilisation et de pression, que le gouvernement a finalement institué une commission d?enquête. « Or que constatons-nous ? Aucun avoué, notaire ou casseur n?a été épinglé. Le nombre de victimes ne cesse d?augmenter. La détresse dans nombre de familles s?installe et la gravité de la situation échappe à nos responsables politiques », s?insurge Harish Boodhoo .
Comme lui, le président de l?association des victimes de la vente à la barre ne comprend pas le refus du Premier ministre de rencontrer les dirigeants de cette association. En dépit de plusieurs courriers envoyés au bureau du Premier ministre, aucune explication n?a jusqu?ici été donnée à ce silence.
L?opposition a droit aux mêmes reproches : elle n?a pas adressé la moindre question parlementaire sur ce dossier à la dernière séance. Manifestement, pour les responsables de l?association, elle a d?autres chats à fouetter .
D?autres institutions dont la commission anti-corruption, entre autres, ne répondent pas aux espérances du mouvement. « Divan enn tel sitiation, pena lot simin ki mobilisé pu ki Paul Bérenger avek gouvernma pran kont nu problem,» déclare Hassenjee Ahmod, le président de l?association des victimes de la vente à la barre.
Le groupe de grévistes était bien décidé hier soir. Ils ne lèveront le camp que lorsque le gouvernement aura décidé de se secouer.
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