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BoM : Bheenick ou Ramdaursingh ?
La Banque de Maurice est dans l?attente de la nomination de son nouveau patron, à la suite du départ à la retraite de Ramesh Basant Roi, gouverneur jusqu?au 31 décembre dernier. Deux noms sont cités avec insistance parmi ceux des successeurs probables : Rundheersingh Bheenick, ancien ministre des Finances et Rajah Ramdaursingh, partenaire chez BDO DCDM.
Cette nomination revêt une importance capitale d?autant qu?elle doit intervenir à un moment où le marché attend une action forte de la part des autorités monétaires pour redonner confiance à la roupie. Ramesh Basant Roi a été à la tête de la Banque centrale depuis 1999. Il y a occupé le poste de directeur des recherches avant de devenir gouverneur. Cette fois, il est peu probable qu?un élément interne à l?institution soit promu aux fonctions suprêmes.
Rundheersingh Bheenick a été Directeur du plan au ministère du Plan et du Développement économique avant d?entrer en politique. Nommé ministre des Finances en 1995 dans le premier gouvernement de Navin Ramgoolam. Il démissionne l?année suivante, suite à une controverse autour du déficit dans les finances publiques.
Il obtient un nouveau portefeuille ministériel, celui du Développement économique, en 1998. Cependant, une aile de l?Hôtel du gouvernement est réfractaire à sa nomination et suggère que son passage controversé aux Finances en 1995-96 risque d?être mal perçu par les institutions financières internationales.
Rajah Ramdaursingh est un spécialiste financier avec une solide expérience internationale dans le financement des projets et des entreprises. Il est considéré comme proche du Premier ministre, Navin Ramgoolam et du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Il a participé activement à la réalisation du manifeste électoral de l?Alliance sociale aux dernières législatives.
Perçu comme étant «pro-marché», Rajah Ramdaursingh pourrait bénéficier d?un certain avantage pour le poste de gouverneur. Dans certains milieux, l?on préfère un gouverneur qui prône une politique de taux de change et d?intérêt, plus accommodante aux attentes des entreprises exportatrices.
Une des priorités du successeur de Ramesh Basant Roi sera de stopper la chute de la roupie vis-à-vis des devises fortes. Le taux de change de la roupie est depuis plusieurs mois l?otage d?une spéculation contre la monnaie locale. «Le marché s?attend à ce que le prochain gouverneur de la Banque centrale ait suffisamment d?autorité pour stabiliser la roupie», commente un observateur.
Bien des investisseurs et opérateurs anticipent une dépréciation continue de la roupie. Ils préfèrent préserver leurs devises, et privent ainsi le circuit forex de liquidités. Les dépôts en monnaies étrangères s?accumulent dans les banques et ne sont pas convertis en roupies. Il est impératif que la confiance dans la roupie soit renforcée pour changer comportements et anticipations des «spéculateurs».
La Banque centrale dispose de plusieurs moyens pour influencer le marché de change. Parmi ceux-ci, les interventions verbales (moral suasion) auprès des acteurs du marché tels les banques commerciales, les cambistes et les fournisseurs de devises. La personnalité et la crédibilité d?un gouverneur de la Banque centrale sont des critères déterminants pour faire accepter son autorité morale auprès des différents intervenants du marché.
Mais il n?y a pas que la politique monétaire. Le gouverneur est aussi le régulateur du secteur bancaire. La personnalité du titulaire n?est pas sans pertinence pour assurer l?intégrité du système bancaire. Durant son mandat, Ramesh Basant Roi a dû gérer le scandale financier MCB ? NPF. Il a dû aussi traiter l?affaire Delphis Bank, avec les déboires de l?homme d?affaires étranger Ketan Somaia qui était le principal actionnaire de cette banque. De plus, il s?est retrouvé confronté à des problèmes de contrôle de l?actionnariat de deux autres banques, la First City Bank et la Indian Ocean International Bank. Entretemps, la «candidature» de Raj Busgeet, expert-comptable, a été évoquée, au même titre que celle de Vinod Busjeet, ministre conseiller à l?ambassade de Maurice aux Etats-Unis, «candidature» que ce dernier s?est empressé d?infirmer.
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